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29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 13:15
 
Collecte des synthèses synodalesCollecte des synthèses synodales

      Le processus synodal mis en œuvre à l’appel du pape François a mobilisé plus de 150 000 personnes en France. D’octobre 2021 à avril 2022, des équipes synodales se sont réunies à des échelles variées : diocèses, paroisses, mouvements, groupes spontanément constitués, congrégations religieuses… En fonction de leur contexte, ces équipes ont souvent choisi de traiter quelques-unes des questions envoyées par le secrétariat général du synode. Ensuite, un travail de synthèse et de discernement a été effectué à l’échelle des diocèses.
Le processus synodal a suscité une participation généreuse dans beaucoup de lieux, avec le sentiment de vivre une expérience prometteuse, une démarche communautaire d’écoute et de discernement. Cette consultation a également rencontré des résistances de diverses natures. D’abord, la difficulté à entendre les voix des plus fragiles ; ensuite, la difficulté à rejoindre et mobiliser les jeunes et les jeunes adultes ; la crainte, chez certains catholiques, que ce processus serve à imposer des changements dans l’Église à laquelle ils sont attachés ; enfin, la difficulté pour beaucoup de prêtres à reconnaître l’intérêt de ce synode.
Le dénominateur commun des contributions est sans nul doute la joie de la rencontre : joie d’être sollicités, joie de pouvoir répondre à l’appel du Pape François, joie de pouvoir discuter sur des sujets importants, profonds, autour d’un temps convivial, joie des rencontres fraternelles et parfois priantes soit avec des personnes inconnues soit avec des amis de longue date.
Diocèse de Bordeaux

La présente collecte reprend l’ensemble des synthèses diocésaines de l’Église catholique en France, ainsi que quelques contributions supplémentaires parvenues à la Conférence des évêques de France. Les contributions des congrégations et des mouvements ont également été transmises aux dicastères compétents du Saint-Siège ; dans ce document, elles ne sont donc pas identifiées spécifiquement.
Cette collecte dresse le constat, aussi honnête que possible, des questions abordées dans les synthèses, ainsi que des tensions et des aspirations révélées par ce cheminement. Elle ne porte pas de jugement théologique, mais veut servir le discernement ultérieur à opérer dans l’Église, en laissant apparaître avec transparence les enjeux qui ressortent de cette consultation.
Beaucoup de diocèses notent que la démarche synodale a coïncidé avec la réception du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, à travers lequel de nombreux chrétiens ont entendu un appel à la conversion. En parallèle, la pandémie due au Covid-19 a été la cause d’éloignements prolongés ; pour cette raison, elle a rendu plus évidente la nécessité de prendre soin les uns des autres. En effet, les synthèses font entendre massivement l’aspiration profonde à une Église plus fraternelle. Des besoins ont été repérés : l’importance de se ressourcer dans la Parole de Dieu, l’urgence de proposer des signes parlants et crédibles dans la société d’aujourd’hui, la nécessité de lieux de dialogue fraternel. Ce sont eux qui structurent les trois grandes parties de cette collecte, dont chaque section commence par l’écoute d’une « petite voix », ce que permet spécifiquement le cheminement synodal.
La soif est là. Quelles propositions peut faire l’Église pour répondre aux attentes ? La question d’une Église proche du frère, de l’autre en difficulté revient de nombreuses fois, c’est un souci réel car l’image donnée par l’Église actuellement est centrée sur l’annonce et la messe.
Diocèse de Besançon

1. Se ressourcer dans la Parole de Dieu
À chaque fois qu’on se réunit autour de la Parole de Dieu et qu’on cherche ensemble à comprendre, ça fait une communauté d’Église, même si ce sont des gens qui ne viennent jamais à la messe. On avance par ce que chacun apporte. […] Peut-être qu’une base de l’Église c’est les gens qui se réunissent pour lire la Parole de Dieu.
Fraternité de La Pierre d’Angle, Poissy

Ces personnes en grande précarité identifient dans la lecture commune des Écritures un fondement de la vie ecclésiale. En méditant les textes, chaque participant expose sa vie et sa parole à la Parole de Dieu et peut entendre les appels que Dieu adresse à chacun et à l’Église. Ainsi, tous peuvent trouver leur place : personnes très précaires ou non, chrétiens pratiquants ou non…
La phase diocésaine du synode a permis à beaucoup de chrétiens d’exprimer une conviction : la Parole de Dieu est une source à laquelle il est profondément bon de puiser ; par elle, la vie ecclésiale se renouvelle continument. Beaucoup d’équipes synodales ont d’ailleurs placé la méditation biblique au cœur de leurs rencontres. À la suite du concile Vatican II qui avait exhorté les baptisés à s’attacher aux Écritures qui contiennent la Parole de Dieu (Dei Verbum, § 24-25), les synthèses insistent sur la centralité de ce ressourcement dans la Parole, et invitent à en faire davantage l’expérience.
La soif de recevoir la Parole de Dieu se manifeste très fortement dans l’ensemble des contributions, pour nourrir la vie quotidienne ou pour être partagée en groupes de fidèles ainsi que pour mieux fonder l’action de l’Église. C’est une des premières demandes qui ressort de cette démarche sur la synodalité.
Diocèse de Nanterre

Parmi les pratiques spirituelles évoquées, la méditation des Écritures en petites fraternités apparaît centrale. Elle est vue comme un ressourcement personnel, une manière pour l’Église de répondre avec pertinence à la quête de sens de nos contemporains, dans une pratique qui conjugue profondeur et liberté. Elle est également identifiée comme une source de vie communautaire, puisque les appels de Dieu à nos communautés se laissent découvrir dans l’écoute commune de sa Parole. De plus, l’aspect missionnaire est notable : de nombreuses fraternités constituées autour de la méditation de la Bible parviennent à intégrer des personnes qui ne se sentent pas à l’aise dans les assemblées paroissiales.
Par ailleurs, les attentes sont fortes quant aux homélies : nombreuses sont les déceptions exprimées lorsque la prédication ne s’appuie pas suffisamment sur la Parole de Dieu et ne nourrit pas la vie quotidienne des baptisés. Un élargissement de la prédication lors de l’eucharistie aux laïcs, et spécifiquement aux voix féminines, est une demande récurrente. Une meilleure formation biblique des baptisés est souhaitée, ainsi qu’une réelle formation des pasteurs à l’homilétique ; cela concernerait aussi toute personne laïque appelée à la prédication.
Enfin, beaucoup de synthèses invitent à proposer et promouvoir des célébrations de la Parole.
Les « célébrations de la Parole » pourraient être plus souvent proposées en paroisse. En effet, elles permettent de rassembler largement toutes les personnes, indépendamment de l’accès au sacrement eucharistique : elles sont réellement un lieu d’unité. Elles offrent tout à fait la possibilité aux laïcs – hommes et femmes – de pouvoir commenter l’Écriture et la forme de la prière peut y être plus libre et plus spontané.
Diocèse de Marseille

2. Donner des signes crédibles de la bonté de Dieu et de l’égale dignité des baptisés
Les marges, c’est nous. Les piliers de l’Église, c’est nous !
Des personnes handicapées du diocèse de Rodez

Ceux qui sont à la marge peuvent-ils être les piliers de l’Église, c’est-à-dire ceux sur qui s’appuie l’édifice, ceux grâce à qui tous peuvent se réunir, ceux qui nous apprennent à regarder vers le haut tout en nous ancrant dans la terre ? Ce rêve se décline de bien des manières dans les synthèses. Celles-ci montrent combien l’Église a besoin de donner des signes crédibles, qui traduisent vraiment la Parole de Dieu et soient parlants pour nos contemporains. Ces signes n’ont pas leur fin en eux-mêmes : ils sont au service d’une Église plus fraternelle, honorant l’égale dignité de tous les baptisés.
2.1. Poursuivre l’expérience de la synodalité
Marcher au rythme des plus fragiles et des plus abîmés est le meilleur moyen de marcher au rythme de tous, mais surtout celui du Christ.
Diaconie du diocèse de Fréjus-Toulon

Les communautés paroissiales admettent largement l’absence des plus fragiles en leur sein mais peinent à dépasser les seules incantations quant à la place des pauvres et des plus éprouvés. Or, ces derniers – lorsque leurs contributions ont été recherchées et retenues – rappellent souvent qu’ils sont bien là et esquissent une promesse : si les chrétiens veillent à marcher « au rythme des plus fragiles », ils discerneront avec plus de clarté la présence du Christ et ses appels. Cet apprentissage d’une manière de marcher et d’écouter est au centre de l’expérience synodale.
L’expérience synodale à l’échelle diocésaine est massivement identifiée comme un moment de joie et de communion. C’est une expérience heureuse que de parler librement, en vérité, sans recouvrir les désaccords sous des compromis hâtifs. L’espérance grandit lorsque les chrétiens découvrent l’intérêt de prêter attention à des voix qu’on n’écoute pas d’ordinaire.
Les laïcs souhaiteraient plus d’écoute et des relations moins hiérarchiques entre laïcs, et entre laïcs et prêtres. Ainsi, ils acquièrent la liberté d’oser proposer des initiatives à l’ensemble de la paroisse et attendent qu’elles soient accueillies.
Diocèse de Belfort-Montbéliard

La synodalité est un apprentissage, car l’écoute, le dialogue et le discernement s’approfondissent chemin faisant. Il existe déjà des lieux et des cadres de dialogue fraternel dans l’Église, au plan des paroisses, des doyennés ou des diocèses. Lorsque la parole y est reçue avec bienveillance, ce sont les lieux d’un cheminement synodal effectif, reconnu comme tel dans les synthèses. Cet apprentissage de la synodalité invite à des conversions : se laisser instruire par la manière dont la Parole de Dieu est reçue par les baptisés, apprendre à ouvrir des chemins plutôt qu’à donner des réponses.
Accepter de se convertir, « d’être bousculé », est également tout à fait indispensable.
Diocèse d’Évreux

Cette expérience synodale se différencie nettement d’un sondage d’opinion : ceux qui y ont participé disent avec quelle attention ils ont cherché à se mettre sous la conduite de l’Esprit Saint ; dans ce but, ils ont souvent ancré leurs échanges dans la méditation des Écritures. Il a fallu pour cela traverser un scepticisme largement partagé quant à la capacité de l’Église à se réformer réellement, à vivre la synodalité en actes et non seulement en paroles. Une fois l’expérience faite, les synthèses expriment très largement le désir que l’expérience se poursuive, notamment en ce qui concerne l’effort d’écoute mutuelle. Une attente s’exprime, qu’il faut bien prendre garde de ne pas décevoir.
Cette méfiance s’enracine dans des expériences passées, sans lendemain malgré les promesses.
Diocèse de Rouen

2.2. Des ministères au service de la rencontre de Dieu et des personnes
L’Église doit avoir toujours une porte ouverte. Jésus nous y tend les bras avec l’accompagnement des prêtres.
Groupe Amitié Espérance Arc en ciel, diocèse de Pontoise

Ce groupe de chrétiens en souffrance psychique rapproche l’accompagnement des prêtres et l’ouverture d’une porte, signe de l’accueil du Christ. De fait, les ministères sont des signes de la manière dont la Parole de Dieu rejoint l’humanité et agit dans l’Église. C’est pourquoi les personnes les plus fragiles évoquent le rôle irremplaçable des ministres, mais aussi les difficultés dans les relations avec eux. Pour ouvrir la porte de la foi et accomplir sa mission dans le monde que nous connaissons, de quels ministères l’Église a-t-elle besoin, et comment améliorer leur mise en œuvre ?*
Les diocèses manifestent une réelle reconnaissance à l’égard des prêtres et de leur engagement, dont on lit combien il est un signe précieux. On devine la difficulté de la mission qui incombe aux prêtres tant les attentes exprimées sont plurielles et contradictoires.
De manière spécifique, la charge des curés interroge : on regrette qu’il leur soit difficile de demeurer disponibles dans des paroisses qui s’étendent. Les baptisés semblent les rappeler à leur vocation : ils sont là pour accompagner les personnes plus que pour diriger une paroisse à la manière d’une entreprise. Des problèmes relationnels sont largement évoqués : autoritarisme, difficultés dans les relations avec les femmes, attitude surplombante plus que fraternelle, au point que beaucoup de synthèses évoquent ouvertement de graves inquiétudes pour l’équilibre et la santé des prêtres, ou les difficultés pour que des prêtres venus d’autres cultures réussissent à trouver leur place dans l’Église telle qu’elle existe en France.
La formation des prêtres est souvent évoquée, dans deux directions. D’une part, on trouve à plusieurs reprises la suggestion d’une formation commune aux ministres ordonnés, aux ministres institués et à tous les baptisés. D’autre part, c’est dans la formation humaine des futurs prêtres (les qualités relationnelles, l’équilibre personnel, la capacité à gouverner et à communiquer) que les synthèses marquent la nécessité d’une évolution.
Il est régulièrement souhaité que le célibat des prêtres soit laissé au libre choix de ceux-ci, de sorte que l’ordination presbytérale et le mariage soient compatibles.
Derrière l’exigence clairement exprimée d’un rééquilibrage des responsabilités entre clercs et laïcs, c’est la soif d’un véritable compagnonnage spirituel entre baptisés de différents états de vie qui se manifeste : frustration de ne pas partager assez avec les consacrés, d’avoir des prêtres trop accaparés par les tâches de gestion pour partager des moments gratuits.
Diocèse de Paris

On trouve étonnamment peu de références au ministère diaconal, dont la spécificité n’est pas évoquée dans les synthèses. Par ailleurs, beaucoup de catholiques n’ont pas spontanément parlé des évêques lorsqu’ils ont évoqué l’Église. Lorsque ces mentions arrivent, elles laissent deviner soit une communion de pensée, soit des tensions non résolues – voire seulement sous-entendues – dans certaines Églises diocésaines.
Les ministères institués (ministères de lecteur, acolyte, catéchiste) sont mentionnés avec des invitations pressantes pour que les diocèses s’en saisissent, afin que ces ministères puissent donner, eux aussi, des signes crédibles de la Parole et de la présence de Dieu. Il existe ici une attente urgente à l’égard des évêques : que ces ministères, désormais ouverts aux hommes et aux femmes, fassent l’objet d’une explicitation et d’une véritable mise en œuvre.
2.3. Hommes et femmes : vivre l’égale dignité baptismale
L’Église ça veut dire transformer ton cœur en plus grand.
Shirelle, aumônerie catholique des voyageurs, province du Nord

Comme d’autres, les gens du voyage qui se sont exprimés font ressortir l’image de l’Église comme un lieu qui élargit le cœur de ses membres et qui est infiniment précieux pour cette raison, et simultanément comme un lieu où tant de regrettables étroitesses se manifestent. Pour ce qui est de la place des femmes, cette conjonction apparaît nettement.
Sur la question de la place faite aux femmes dans l’Église, les synthèses perçoivent une urgence ainsi que d’innombrables blessures. Les blessures viennent des difficultés dans les relations avec les prêtres et les évêques, de la criante disproportion entre le nombre de femmes engagées dans l’Église et de femmes qui sont en situation de décider. Si le service des femmes est apprécié, leur voix paraît ignorée. Qu’elles contribuent effectivement aux multiples discernements des Églises locales est l’objet d’une attente criante. C’est ici qu’une urgence est identifiée dans bien des synthèses. La manière dont les femmes sont traitées dans l’Église n’est pas ajustée à la mission de celle-ci, à une époque où l’égalité entre les hommes et les femmes est devenue une évidence commune. Les douleurs sont d’autant plus grandes qu’elles procèdent de cette conviction : l’Église se prive ainsi d’innombrables charismes et de possibilités réelles de sortir de l’entre-soi clérical.
« Sur la place des femmes tout le monde bouge sauf l’Église ». […] Nous sommes révoltées par l’inégalité entre les femmes et les hommes, et ce dès le plus jeune âge, au sein de l’Église. Nous souhaitons un autre modèle pour nos enfants.
Mission de France (contribution d’un groupe de femmes trentenaires)

On lit aussi de nombreuses demandes pour que les femmes puissent recevoir l’ordination diaconale. Le ministère des diacres n’étant guère identifié dans sa spécificité, cela renvoie à l’attente d’« un premier pas symbolique important » (Promesses d’Église) – et à la requête, déjà évoquée, que la prédication puisse être prononcée par des femmes pendant la messe. Un peu moins souvent, même si elle est largement récurrente, on trouve la demande que les femmes puissent être ordonnées prêtres.
La place des femmes dans la hiérarchie catholique est à repenser complètement, d’urgence et en profondeur, y compris théologiquement, de nombreuses contributions insistent sur ce point.
Diocèse de Périgueux
2.4. La gouvernance : reconnaître et valoriser les charismes
Qu’est-ce qui peut aider dans l’Église ?
Quand je suis accepté et que je peux donner : j’aime apporter quelque chose, tout simple mais j’aime donner.
Communauté du Sappel, diocèse de Chambéry
Ces personnes du Quart Monde expriment leur aspiration à donner et pas seulement à recevoir. Dans cette ligne, ce qui concerne la gouvernance dans l’Église ne renvoie pas d’abord à une bonne administration, mais plutôt à la valorisation des charismes, à l’accueil de ce que chacun peut offrir à la communauté.
À tous les niveaux, les communautés ecclésiales ont intérêt à se constituer à partir des charismes de chacun ; cela permet à chaque baptisé d’exercer la responsabilité qui lui revient et de prendre sa part de la mission dans la société et dans l’Église. Les synthèses expriment de nombreuses tensions à ce sujet, par exemple l’expérience récurrente d’abus de pouvoir, l’aspect « pyramidal » de la gouvernance, la peur du conflit qui invite à cacher les problèmes plutôt qu’à les traiter, l’arrivée d’un nouveau curé qui impose une direction contraire à celle qui prévalait jusqu’alors dans une paroisse…
À ces tensions répondent des aspirations : que les envois en mission soient clairs et explicites, que les mandats soient limités dans le temps, que la relecture des missions et de la vie communautaire soit pratiquée régulièrement et sérieusement. On n’attend pas que tous les baptisés fassent tout, mais plutôt une certaine transparence quant aux processus de décision et aux questions financières.
La coresponsabilité découle du fait que la mission est confiée à tous les baptisés (clercs et laïcs, hommes et femmes). Il faut repartir non pas exclusivement de la charge confiée mais du ministère baptismal de chacune et chacun. Le cléricalisme est un fléau où clercs et laïcs ont une responsabilité conjointe. […] La coresponsabilité est au service de la mission d’évangélisation.
Diocèse de Coutances et Avranches
Bien sûr, certains aspects sont paradoxaux : les chrétiens demandent à participer davantage à la réflexion et aux responsabilités, mais beaucoup de synthèses reconnaissent la difficulté à s’engager dans la durée.
Avoir le souci de la représentativité : diversité des origines socio-culturelles et des générations pour que le discernement soit le plus juste et le plus objectif possible.
Diocèse d’Évry – Corbeil-Essonnes
À l’échelle des diocèses, on trouve trois types de demandes. D’abord, que d’authentiques contre-pouvoirs existent – par exemple avec des conseils composés de baptisés élus –, car la dimension synodale de la gouvernance ne dépend aujourd’hui que de la bonne volonté des évêques. Ensuite, l’existence d’une réelle subsidiarité, qui ne consiste pas à déléguer seulement les tâches, mais aussi à déléguer la prise de décisions au niveau concerné ! Enfin, que les laïcs appelés à des responsabilités se voient proposer une formation appropriée, qui puisse aussi bénéficier à l’ensemble des baptisés. L’enjeu est ici la réception du concile Vatican II et de son enseignement sur l’Église.
2.5. La liturgie : articuler profondeur et fraternité
Dès que je passe les portes de la chapelle, je retrouve mes frères et ma sœur, je ne suis plus qu’un avec les autres, communion puissante. Tout ce qui est difficile dans la semaine va s’effacer comme par magie.
Aumônerie de la maison d’arrêt de Caen
La ferveur du détenu qui parle ici nous renvoie à la liturgie comme signe concret de ce qu’est l’Église. Célébrer Dieu s’avère une expérience de profondeur, capable de transfigurer un quotidien difficile et d’aider à l’habiter ; c’est aussi un temps de fraternité, de communion avec les autres. Cette double aspiration s’exprime largement dans les synthèses.
Beaucoup de synthèses disent combien la liturgie eucharistique est centrale dans la vie de foi des catholiques. Certains – comme ceux qui sont attachés au missel romain de 1962 (forme ancienne du rite) – aspirent à ce que la célébration de la messe réponde davantage à la soif d’intériorité des baptisés. Les synthèses relèvent également que l’eucharistie est essentielle à la constitution même des communautés. Pourtant, la liturgie apparaît largement comme un lieu de tensions, entre souplesse pastorale et attachement aux rituels, entre estime pour la richesse des symboles liturgiques et interrogations devant un langage devenu inintelligible pour beaucoup.
Bien des synthèses notent aussi que la liturgie peut constituer un moment privilégié d’intégration communautaire. Cela se vérifie à l’égard des plus fragiles, avec la question de la prise en compte des handicaps (comme la surdité) ou l’espérance souvent déçue d’être accueilli comme un frère ou une soeur. Cela se vérifie également pour les plus jeunes : ils aspirent fréquemment à s’impliquer dans la préparation et la célébration de la liturgie, mais se sentent peu sollicités par des communautés où dominent d’autres générations.
Pourquoi les églises sont tristes ? La messe est trop longue, trop de paroles. On passe son temps à écouter et on ne comprend pas. La prière au KT c’est plus simple, là on chante, on bouge, on prépare, c’est mieux. Jésus a réussi à célébrer, il priait beaucoup.
Enfants du catéchisme, diocèse d’Autun
Ces mots rejoignent trois aspirations. La première, déjà nommée, concerne la diversification des liturgies au profit de célébrations de la Parole, de temps de prière qui accordent une place centrale à la méditation des Écritures. La seconde, moins fréquente, rappelle l’importance des pèlerinages et de la piété populaire. La troisième envisage une formation liturgique renouvelée, pour faire face à ce que beaucoup de synthèses pointent comme l’irrecevabilité du langage courant dans l’Église.
Enfin, les mentions d’un profond désaccord avec le refus que des filles servent à l’autel ou que des femmes entrent dans le chœur pour un service liturgique sont si nombreuses, qu’on ne peut douter d’une réelle souffrance vécue et d’une attente pressante à ce sujet.
3. Vivre en frères et sœurs dans le Christ
L’Église doit être ouverte, sortir vers les gens, prendre le temps de la rencontre, de l’écoute. Elle doit donner la parole à tous, être une Église qui encourage, ainsi la lumière, la paix, inonderont les coeurs. Une Église qui porte un regard qui ne juge pas.
Groupe Place et parole des pauvres, diocèse d’Arras
L’espérance exprimée par les membres de ce groupe « Place et parole des pauvres » est largement partagée ; sans doute leur situation rend-elle d’autant plus brûlante cette soif d’écoute dans l’Église. Elle est liée au désir de trouver dans les communautés catholiques soutien et absence de jugement. Dans une société saturée d’images et d’activités, mais où les souffrances et inquiétudes sont innombrables, la capacité à accueillir et à encourager apparaît comme le meilleur témoignage rendu au Christ.
3.1. Servir la fraternité
Ne pas avoir peur d’aller chercher les personnes qui ont peur de rentrer, ne pas cesser de rechercher les personnes les plus pauvres et changer le regard pour que l’Église soit plus accueillante envers les plus pauvres.
Fraternité de La Pierre d’Angle
La peur d’accueillir, d’annoncer, de rencontrer, peut paralyser les communautés chrétiennes. Mais les personnes du Quart Monde qui composent cette fraternité signalent combien d’autres ont peur de s’approcher de l’Église, se sentent illégitimes, indésirables. Cette double réalité, largement exprimée, provoque l’Église à cultiver la fraternité.
Les synthèses expriment fréquemment un manque de proximité et une soif de fraternité. Pour bien des diocèses, la proximité fait défaut dans l’actuel modèle paroissial, qui couvre des territoires de plus en plus vastes. La volonté missionnaire d’annoncer et d’accueillir dépend, selon beaucoup de synthèses, de la possibilité de relations proches, avec des acteurs pastoraux identifiés. Plusieurs diocèses ruraux lancent un véritable cri d’alarme, tant l’histoire récente de l’Église y est vécue comme un éloignement progressif qui engendre de la souffrance.
Dès lors, la soif de fraternité génère de multiples propositions à des niveaux autres que les paroisses. Dans ce cadre sont mentionnés les mouvements, qui offrent diverses occasions de rencontre et de partage, et nourrissent la foi et l’engagement des catholiques.
Surtout, beaucoup de synthèses appuient l’idée que la constitution de petites équipes fraternelles est une échelle pertinente pour vivre dans l’Église aujourd’hui. Elles citent en exemples des fraternités de proximité, soit à l’échelle d’un village ou d’un quartier, soit pour méditer la Parole
de Dieu, soit autour des plus fragiles, soit en compagnie de ceux qui ne trouvent guère leur place dans les paroisses. Ce sont des espaces de créativité et de compagnonnage dans la durée.
Les joies en Église sont essentiellement liées à un vécu de groupe (de services, de prière…), en petite communauté ou en fraternité. […] La joie est aussi celle d’une écoute inconditionnelle reçue ou partagée. Ces petites fraternités sont des lieux amicaux où se vit la convivialité qui a fait défaut durant la période de la pandémie.
Diocèse de Quimper et Léon
A contrario, résonne souvent la souffrance de ceux qui se sentent exclus des communautés et/ou des sacrements (personnes homosexuelles, divorcées et remariées, etc.), ainsi que de ceux qui sont témoins de telles exclusions. Selon un nombre élevé de synthèses, celles-ci constituent de sérieux contre-témoignage.
Beaucoup de gens ont souligné que l’accueil de l’Église doit être inconditionnel, sans jugement, sans préjugés, respectueux, humble et bienveillant. […] Toute exclusion de sacrements liée à l’état de vie suscite incompréhension et tristesse et paraît opposée à l’accueil de tous qu’a pratiqué le Christ.
Diocèse de Toulouse
Quant aux jeunes générations, elles n’ont rien d’homogène, si bien que de grandes différences de sensibilités apparaissent clairement. Certains adolescents ou jeunes adultes expriment à l’égard de l’Église enthousiasme et confiance. Beaucoup d’autres disent leur attente d’une Église plus accessible et fraternelle, à tous niveaux : avec un langage plus compréhensible, des communautés plus ouvertes et accueillantes, capables de proposer un vrai ressourcement spirituel.
3.2. Cultiver l’écoute et le dialogue
Nos différences ne portent pas que sur des points de détail. […] Que chacun reconnaisse avec humilité que ce qui est important pour l’un l’est peut-être moins pour l’autre, mais que tous sont frères et soeurs en Christ. Il ne s’agit pas de vivre les uns à côté des autres, en créant des clans par affinités qui ne se parleraient pas. Il s’agit de chercher ensemble comment avancer vers le Christ, et d’écouter ce que chacun a à dire pour nous laisser transformer personnellement par le dialogue. Des lieux et des moments d’accueil, d’écoute, de partage, peuvent permettre cette communion.
Communauté de Taizé
La difficulté du dialogue avec ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’Église catholique est reconnue, mais le dialogue n’est pas moins difficile entre catholiques. Beaucoup de synthèses mentionnent ces deux niveaux. L’Église est invitée à développer en son sein une véritable culture de l’écoute et du dialogue, pour que les catholiques soient d’autant plus à même d’entrer en dialogue avec d’autres.
Chemin faisant, au cours du processus synodal, l’écoute, le dialogue et le pardon sont apparus essentiels pour que les relations fraternelles s’approfondissent.
Importance du travail en groupe, de vivre une réelle solidarité pour être vraiment frères.
Importance des cafés partagés, des apéros partagés…, de temps festifs en communauté.
Diocèse de Chartres
Beaucoup de synthèses signalent également l’intérêt de « tiers-lieux » : des lieux pensés pour permettre un dialogue avec les non-chrétiens, des lieux où il est possible de rencontrer des personnes qui n’entrent pas d’ordinaire dans les églises. C’est d’autant plus important que le langage de l’Église et de ses pasteurs apparaît largement difficile à comprendre, tant il semble déconnecté de l’expérience quotidienne. Tout ce qui permet à des catholiques de rencontrer des habitants de leur quartier ou de leur village est nettement mis en avant dans les synthèses. Ces mêmes « tiers-lieux » correspondent également aux endroits où s’incarnent les innombrables engagements des catholiques dans la solidarité avec les familles en précarité, avec les personnes malades, dans l’accompagnement des migrants…
L’enseignement catholique apparaît comme une opportunité pour une présence d’Église et une annonce explicite de l’évangile.
Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier
Au-delà de cette question des lieux, les synthèses diocésaines ne remettent pas en question la laïcité des institutions publiques, mais elles notent que la culture laïque de notre pays rend difficile le témoignage explicite des chrétiens, ou même la possibilité d’aborder avec d’autres les enjeux spirituels essentiels à toute vie.
Dans ce contexte, la mission de l’Église est presque toujours conçue sur le mode du dialogue et du partage d’expériences, pour deux raisons. D’abord, il importe d’accueillir ce que la société dans laquelle nous vivons nous apprend de bon ; on trouve ainsi quelques références à la préoccupation écologique partagée par les catholiques. Ensuite, un nombre considérable de synthèses sont habitées par la conscience qu’une profonde humilité conditionne le témoignage que l’Église peut donner et le service qu’elle est en mesure d’offrir. Toute tentative de donner des leçons est désormais irrecevable pour ceux à qui, précisément, on voudrait s’adresser. Les nombreuses demandes de formation à l’écoute et au dialogue attestent une recherche de cet ordre.
Enfin, l’œcuménisme est peu évoqué, sinon sur le mode d’une aspiration insatisfaite. Pourtant, là où il est vécu, il provoque joie et enrichissement mutuel, et constitue un signe heureux pour la société fragmentée dans laquelle nous vivons.


Conclusion


Nous rêvons d’une Église […] où l’Esprit Saint puisse agir et susciter de la nouveauté, prête à accompagner les mutations de nos sociétés, débarrassée d’un certain nombre de lourdeurs dans son fonctionnement, avançant résolument vers l’unité, où la parole soit libre, toujours attentive aux petits et aux laissés pour compte, priante et confiante en son Créateur et en son Sauveur.
Diocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise
On repère dans les synthèses deux promesses particulièrement stimulantes, étroitement liées l’une à l’autre : elles ont pour objet la Parole de Dieu (partie I) et la fraternité (partie III). La Parole de Dieu est reconnue comme une source de sens, de cheminement spirituel et de communion, que l’Église a pour mission de rendre plus accessible. L’accueil commun de cette Parole engendre une fraternité qui se déploie de différentes manières ; les synthèses insistent pour que le niveau de proximité le plus grand soit aussi le plus cultivé. Cette fraternité passe par l’écoute et le dialogue, en cherchant à répondre fidèlement aux appels de l’Esprit Saint : c’est là le cœur de l’expérience synodale.
Pour annoncer la Parole de Dieu par et dans la fraternité, l’Église a besoin de signes crédibles de la proximité de Dieu (partie II). Ceux-ci n’ont pas leur fin en eux-mêmes, mais participent à faire de l’ensemble du corps ecclésial un « sacrement » de l’appel que Dieu adresse à notre humanité. Les pistes pour que ce « rêve » devienne réalité sont déjà nombreuses : elles nourrissent notre espérance, et nous invitent maintenant à de nouvelles conversions.

Document d’accompagnement de la collecte des synthèses synodales

« A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Jn 13, 35

Nous, les évêques de France, rendons grâce pour la joie et l'élan suscités par la phase diocésaine de l’itinéraire synodal voulu par le pape François. Nous remercions celles et ceux qui y ont participé. Avec l’aide des invités de nos diocèses, réunis à Lyon, nous accueillons avec gratitude la collecte nationale qui s’en fait l’écho et nous cherchons à discerner l’œuvre de l'Esprit Saint. Nous n’ignorons pas les manques, les combats, les blessures qui se révèlent dans le chemin synodal et nous sommes conscients que le processus synodal n’a pas atteint tout le peuple de Dieu dans sa diversité, en particulier les jeunes générations. En tout cela, nous voulons dire notre confiance en la miséricorde de Dieu et notre espérance pour la fécondité de ce travail. *** Perspectives
Nous entendons les attentes fortes qui se sont exprimées. Elles nous indiquent des axes de travail prioritaires :
• Mieux articuler la dimension humaine de l’Église, très présente dans la collecte, avec sa nature sacramentelle ;
• Se saisir de ce que la collecte nous dit de la souffrance et des attentes des femmes dans l’Eglise alors qu’elles sont nombreuses dans les instances ecclésiales ;
• Écouter l’inquiétude exprimée pour les prêtres et les conditions d’exercice de leur ministère ;
• Comprendre l’apparent décalage entre ce qu’est le ministère des prêtres et ce qui est attendu concrètement d’eux ;
• Mieux identifier les raisons pour lesquelles la liturgie demeure un lieu de tensions récurrentes et contradictoires.
***
Espérances
L’itinéraire synodal évoque et suscite de multiples espérances :
• Qu’un grand nombre puisse faire l’expérience de l’écoute de la Parole de Dieu comme créatrice de « fraternités » dans le Christ pour un nouvel élan missionnaire ;
• Que la synodalité devienne le style ordinaire de la vie de l’Église ;
• Que nos communautés apprennent à marcher au pas des plus petits et des plus pauvres et que leur participation devienne le sceau de la fraternité ;
• Que la diversité ou la complémentarité des missions, des charismes et des dons dans l’Église soit plutôt source de joie que de concurrence ;
• Que soit mieux reconnue et vécue la complémentarité des états de vie : les ministres ordonnés, les personnes mariées, les veuves et les veufs, les célibataires et les consacrés.
***
Absences
A ce stade, nous sommes conscients de l’absence de certains sujets : l’un des trois termes centraux du synode, la mission, est peu présent. La vocation de l’Église est missionnaire, tout entière tournée vers l’annonce de la Bonne Nouvelle. Elle est l’Église du Christ Sauveur et Seigneur qui nous appelle, nous unit à lui et nous envoie dans le monde.
Nous avons à entendre d’autres appels, moins exprimés ou rapportés, cependant urgents, où les chrétiens ont un témoignage à donner : les grands enjeux de la société, les divers modèles anthropologiques proposés, l’écologie intégrale, la solidarité internationale.
Nous avons aussi à nous demander pourquoi certaines richesses spirituelles chrétiennes sont soit ignorées soit dévalorisées, par exemple, l’eucharistie en tant que sacrifice de Jésus, les sacrements, la vie consacrée, le célibat des prêtres, le diaconat.
Nous constatons également que la famille comme lieu d’apprentissage de la fraternité n’est pas évoquée.
***
Apprentissages
Le beau travail de connaissance mutuelle de mouvements et d’associations de fidèles, qui ont appris à s’estimer comme disciples du Christ, nous encourage.
Nous percevons un signe d’espérance dans la capacité du peuple de Dieu à entrer en dialogue constructif et sans complaisance sur des sujets difficiles.
Nous avons à préciser ce que doivent être pour nos Églises particulières les ministères de laïcs - ministères reconnus et ministères institués.
Nous avons appris que l'un des défis de la synodalité est de faire se rencontrer des réalités ecclésiales qui se croisent peu. Le dialogue entre générations, entre personnes d'états de vie différents, entre sensibilités, ne va pas de soi mais il est possible avec de l'engagement, de la volonté, et du temps. Sur le chemin synodal, le peuple de Dieu se met à l’écoute de l’Esprit Saint, échange, place la Parole de Dieu au centre, et en reçoit de la joie. Il apprend à passer du seul souci de la recherche de résultats, à une expérience réellement fraternelle, féconde et joyeuse. ***
Les désirs, les rêves, les regrets, les reproches que nous avons entendus sont nourris de la volonté d’être une Église plus fidèle à son Seigneur et servant mieux les femmes et les hommes auxquels elle est envoyée. Nous désirons poursuivre ce chemin de conversion communautaire et personnelle.
Une telle expérience dissipe les peurs qui éloignent des autres et freinent le travail d’écoute et de prise en compte des paroles et des vies. Elle est source de joie : des chemins se sont ouverts en nos cœurs (cf. Ps 83, 6).

Les évêques de France
à l’écoute de l’Assemblée réunie à Lyon, le 15 juin 2022

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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 15:00

 

QUELS SONT LES 7 DONS DE L'ESPRIT SAINT ?

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QUELS SONT LES 7 DONS DE L'ESPRIT SAINT ?

        Mais recevoir l’Esprit Saint, qu’est-ce que cela change ? Que recevons-nous en recevant l’Esprit ? Déjà l’hymne très ancienne Veni Creator Spiritus demandait à l’Esprit de donner « les sept dons de son amour ». Mais c’est surtout Thomas d’Aquin qui, par sa réflexion théologique, a formalisé une liste de sept dons de l’Esprit :

 

  • La sagesse : elle fait goûter la présence de Dieu, dans un plus grand compagnonnage avec lui, et un plus grand dynamisme missionnaire. C’est le don contemplatif par excellence.
  • L’intelligence : elle aide à entrer dans le mystère de Dieu, à comprendre de l’intérieur la foi, les Écritures, à distinguer l’erreur de la vérité. Par ce don, chaque chrétien peut devenir un authentique théologien.
  • La science : elle permet de reconnaître Dieu à l’œuvre dans la nature et dans l’histoire, de recevoir le monde comme un don de Dieu. Elle donne le sens de la précarité de l’univers.
  • La force : elle donne la persévérance dans l’épreuve, le courage du témoignage. Elle soutient les martyrs mais aide aussi au quotidien à accomplir son devoir d’état et à vivre le combat spirituel. C’est l’héroïsme de la petitesse.

« Ma grâce te suffit, dit le Seigneur, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9)

  • Le conseil : c’est le don du discernement spirituel. Il ajuste ce qu’il convient de faire ou d’éviter, de dire ou de taire. Il dispose à voir clair en soi et dans les autres.
  • La piété : elle fait entrer dans l’expérience de la paternité de Dieu, de sa proximité, de sa tendresse. Elle nous donne la confiance de l’enfant. Elle nous rend proche aussi des autres.
  • La crainte : ce n’est pas la peur de Dieu mais le sens de sa grandeur. La conscience de l’infinie distance entre le Tout-Autre et nous, ses créatures. Ce don suscite une attitude d’humilité et d’émerveillement.
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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 13:04

 

L'ESPRIT SAINT, C'EST QUOI ?

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L'ESPRIT SAINT, C'EST QUOI ?
À qui Dieu donne-t-il cet Esprit Saint ?

 

Dieu le partage en plénitude, de toute éternité, avec son Fils Jésus. C’est parce qu’il est rempli de lEsprit Saint que Jésus peut parler et agir au nom de Dieu. Mais Jésus n’a jamais voulu garder pour lui ce don merveilleux : il a promis à ses disciples de le répandre sur eux. Pour nous, chrétiens, lEsprit Saint est à l’œuvre depuis le baptême et nous le recevons en plénitude à la confirmation ; il nous fait entrer dans une relation forte et intime avec Dieu ; il nous accompagne tout au long de notre vie.

 

Dieu ne s’impose jamais : son Esprit nous influence vers le bien, mais ne décide jamais à notre place. Sous son influence, nous sommes « bien inspirés » et devenons capables de faire le bien.

 

Comment l’Esprit Saint nous libère-t-il ?

L’Esprit de Dieu libère notre capacité d’aimer comme Dieu aime. Il nous pousse à faire des choix qui augmentent l’amour, la paix, la tolérance, les bienfaits, tout ce qui rend le monde plus humain et plus fraternel.

 

L’Esprit Saint nous change intérieurement, il met en nous un « air de famille » avec Dieu, comme des enfants d’un même Père. Saint Paul écrit que l’Esprit nous pousse à dire « Père » à Dieu. Nous n’avons plus peur de Dieu, nous comprenons qu’il est « Notre Père » comme Jésus l’a dit.

 

« Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. » (Ga 5, 22-23)

 

Comment recevons-nous cet Esprit Saint ?

 

Jésus a promis d’envoyer lEsprit Saint aux croyants. Cette promesse s’est réalisée le jour de la Pentecôte quand ses apôtres on reçu l’Esprit ; qui leur a donné le courage d’annoncer la résurrection de Jésus à Jérusalem, puis dans tout l’empire romain. L’Esprit fait ainsi grandir l’Église dans le monde entier, et l’Église à son tour offre à tous cet Esprit Saint par les sacrements du baptême et de la confirmation.

 

Est-ce que l’Esprit Saint est réservé aux chrétiens ?

 

« L’Esprit souffle où il veut », a expliqué un jour Jésus : une parole, une lecture, une rencontre, tout lui est bon pour se diffuser, même aux non-chrétiens. L’Esprit de Dieu n’est pas la propriété des chrétiens ou de l’Église, c’est l’Église qui est sous l’inspiration de l’Esprit Saint qui est Dieu.

 

 

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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 13:15



        Les Œuvres Pontificales Missionnaires voient en Pauline Jaricot l'inventeuse du premier réseau social missionnaire ! Approche originale que nous avons plaisir à partager et à analyser ici avec vous.

         Comme tout « réseau social », l'accès à la notoriété n'est jamais immédiat. Et Pauline n'a pas non plus fait le choix à l'époque de faire le «Buzz» pour «booster» son nombre de «Followers» ou «d'amis» !
Cela à pris le temps….que cela à pris !

        Pauline s'est appuyée en revanche sur des «influenceurs» présents dans ce que nous appelons aujourd'hui pour simplifier, sans vouloir caricaturer, la «Cathosphère». Soient des prêtres missionnaires présents à travers le monde, et plus largement des pratiquants fidèles à l'Ecclesia du Christ.


      Pauline va tout d'abord segmenter sa «cible d'audience» en proposant à 19 ans, «la collecte du sou de la mission» auprès des ouvrières de son père. Elle organise ainsi, pour reprendre le langage des réseaux sociaux, ce que l'on appelle une «communauté».

      Son «système» va s'organiser à travers la création et l'animation de groupes, les fameuses «dizaines», « centaines» et «sections» de donateurs, trame de fond de son réseau social missionnaire.
Alimenté par des «événements» concrétisés par des rencontres régulières, le «système» deviendra « viral» à travers la création de l'Oeuvre de la Propagation de la Foi en 1822.

       Et ce, en seulement trois ans, à travers non seulement la France mais l'Europe… puis au fils des mois et années suivantes….à travers le monde entier !

     Encouragée par ce fantastique mouvement d'adhésions, Pauline va définitivement «conforter son public» en proposant un nouveau «réseau» : le Rosaire Vivant.

     Le Rosaire Vivant propose de nouvelles règles de «groupes» en «segmentant» ses membres par quinzaines, dans une communion spirituelle s'engageant chaque jour à réciter une dizaine de chapelet.

 
      On connaît l'immense succès qu'aura, à la date de la mort de Pauline, le Rosaire Vivant avec plus de 2,2 millions d'associés au Rosaire rien que pour la France !

 

Cérémonie de béatification de Pauline Jaricot  

 

Pauline Jaricot, femme lyonnaise, laïque, entrepreneure et missionnaire a été béatifiée le 22 mai 2022 à Lyon Eurexpo, en présence de quelques 13 000 personnes venues du monde entier.

Les membres et représentants de la SMA Province de Lyon étaient présents à Eurexpo, aux côtés de Mgr Bonfils lors de cet après-midi exceptionnel.


 

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24 mars 2022 4 24 /03 /mars /2022 14:19

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CEF.

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CEF.

 

Paris, le 18 mars 2022


L’Église se mobilise pour venir en aide aux réfugiés ukrainiens
 

      Depuis le 24 février, toute l’Europe est bouleversée par le drame de la guerre en Ukraine et par les millions de victimes qu’elle provoque au sein des populations. En France, près de 15 000 personnes fuyant la guerre sont déjà arrivées, et elles ne sont que les premières. Des initiatives de toutes sortes sont prises pour accueillir et prendre en charge leurs besoins les plus urgents.


      Le Conseil pour la solidarité et de la diaconie , de la CEF : composé de 15 organismes de solidarité et présidé par Monseigneur Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis, a décidé de se réunir mensuellement (en lien avec l’Éparchie gréco-catholique ukrainienne de France) afin de faciliter le partage d’informations et la concertation sur l’aide apportée au peuple ukrainien .
    Parmi ces actions, et dans le prolongement des initiatives communes vécues ces dernières années pour l’accueil de réfugiés et de migrants, le Service National Mission et Migrations de la CEF, la Fédération de l’Entraide Protestante, JRS France (Jesuit Refugee Service) et le Secours Catholique ont décidé de créer ensemble la plateforme « Ensemble pour l’accueil des exilés », en vue de soutenir la mobilisation citoyenne pour l’accueil des personnes exilées. Cette plateforme, qui collaborera avec d'autres associations engagées dans le soutien à l’Ukraine et l’accueil de réfugiés, vise à coordonner, soutenir et offrir des conseils et des outils utiles à toutes celles et tous ceux qui, dans les réseaux de ces organismes, et au-delà, souhaitent s’investir concrètement dans ces actions de solidarité et d’entraide.


     Cette plateforme se donne trois missions principales :
Une fonction « Ressources » : élaboration, mutualisation et mise à disposition d’outils, documents repères, etc. des réseaux participants aux opérations ;
Une fonction « Soutien opérationnel à l’action des réseaux » : il s’agira d’accompagner la « mobilisation citoyenne », dans l’accueil et l’accompagnement, principalement par la coordination et la mise en lien des acteurs sur le terrain ;
Une fonction « Plaidoyer » : à exercer auprès des pouvoirs publics, mais aussi en soutien et conseil pour l’action de plaidoyer des réseaux participants à l’opération sur le terrain


     Les événements actuels prennent une tournure exceptionnelle, aussi ce dispositif a été construit prudemment, en tenant compte des incertitudes actuelles. D’une part, l’incertitude sur le nombre de personnes qui seront accueillies puisque le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés prévoit l’arrivée de 5 à 6 millions de réfugiés en Europe dans les semaines à venir. D’autre part, l’incertitude sur la durée de cet exil : l’organisation de cet accueil doit anticiper les évolutions possibles du conflit en Ukraine.
    Mercredi 2 mars, jour de l’entrée en Carême, le pape François nous invitait à jeûner et prier pour l’Ukraine. « Que la Reine de la paix préserve le monde de la folie de la guerre ! ». Le Saint Père a renouvelé cette intention le 6 mars, dans un vibrant appel pour la paix en Ukraine « où coulent des fleuves de sang et de larmes».
    Tous les catholiques sont appelés à prier pour la paix et à être solidaires de ceux qui souffrent à cause de la guerre.

 

VOIR LA VIDÉO: https://www.youtube.com/watch?v=BJU-zIRC-sQ

 

Le jour où cette vidéo a été enregistrée, le dimanche 13 mars, le nombre de réfugiés ukrainiens était estimé à 1,5 million de personnes. Le jeudi 17 mars, le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés a annoncé le franchissement du cap des 3 millions de réfugiés, confirmant que cette crise progresse à une vitesse jamais vue en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Retrouvez toute les informations de cette plateforme sur https://bit.ly/3qeDxC8

 
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11 février 2022 5 11 /02 /février /2022 14:11
 
11 FÉVRIER, FÊTE DE NOTRE-DAME DE LOURDES

Source : CEF  Par François Dupas 

 

       La Vierge Marie est apparue 18 fois à Bernadette Soubirous, entre le 11 février et le 16 juillet 1858, à la grotte de Massabielle, près de Lourdes. Elle demande à Bernadette de devenir sa messagère et de travailler, à sa manière, à la conversion des pécheurs. Elle lui demande d’établir un lieu de prière et de pèlerinage. Elle lui confirme le dogme proclamé trois ans plus tôt par le Pape Pie IX :

“Je suis l’Immaculée Conception”. Grotte de LourdesBernadette sera une humble servante qui s’efface quand l’Église accepte le message de la Vierge Marie. Aujourd’hui plusieurs millions de visiteurs, de pèlerins et de malades viennent chaque année, du monde entier, prier Notre-Dame de Lourdes, afin d’obtenir la grâce de la conversion et le soulagement de leurs épreuves.



“Du 11 février au 16 juillet 1858, par dix huit fois, la Vierge Marie est apparue à Bernadette Soubirous à la grotte de Massabielle. L’évêque de Tarbes et Lourdes permit le culte de Notre-Dame en ces lieux et une chapelle y fut construite. Depuis lors, des foules innombrables y viennent du monde entier. La mémoire de ces apparitions a été inscrite au calendrier romain en 1907.”   


“Il est normal que Marie, mère et modèle de l’Église, soit invoquée et vénérée comme Salus Infirmorum. Première et parfaite disciple de son fils, elle a toujours fait preuve en accompagnant le cheminement de l’Église d’une sollicitude particulière pour qui souffre… En célébrant les apparitions de Lourdes, lieu choisi par Marie pour manifester sa sollicitude maternelle envers les malades, la liturgie re-propose justement le Magnificat…qui n’est pas le cantique de ceux à qui sourit la fortune. Il est le merci de ceux qui connaissent les drames de la vie et mettent leur confiance dans l’œuvre rédemptrice de Dieu… Comme Marie, l’Église porte en elle les drames humains et la consolation divine au long de l’histoire… Acceptée et offerte, partagée sincèrement et gratuitement, la souffrance devient un miracle de l’amour…” Benoît XVI, le 11 février 2010 (source : VIS 100212 520)
Mémoire de Notre-Dame de Lourdes. En 1858, trois ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, une toute jeune fille, sainte Bernadette Soubirous, contempla à plusieurs reprises la Vierge Marie dans la grotte de Massabielle au bord du Gave, près de Lourdes, devenue dès lors un lieu vénéré par des foules innombrables de fidèles.

Martyrologe romain

Dieu notre Père,
parmi toutes tes créatures, tu as fait éclore Marie,
la créature parfaite, « l’Immaculée Conception ».
Ici, à Lourdes, elle a prononcé ce nom et Bernadette l’a répété.
L’Immaculée Conception, c’est un cri d’espérance :
le mal, le péché et la mort ne sont plus les vainqueurs.

Prière du Jubilé 2008

LOURDES, 11 février 2022 - La messe internationale de la fête de Notre-Dame de Lourdes : (lien ci-dessous)

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10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 14:14

 

Mgr Michel Aupetit © Michel Pourny/diocese-paris

Mgr Michel Aupetit © Michel Pourny/diocese-paris

ZENIT février 04, 2022 17:59

 

« Victime de l’hypocrisie et du cléricalisme »: le pape François a reçu au Vatican l’archevêque émérite de Paris, Mgr Michel Aupetit.

 

       Mgr Aupetit revient régulièrement à Rome, notamment pour les rencontres de la Congrégation pour les évêques, dont il est membre, confirmé par le pape. A l’une de ces occasions, il a eu avec le pape un « échange long et chaleureux », comme il l’indique dans une interview publiée ce 4 février 2022 par Radio Vatican.

         Le pape estime Mgr Aupetit « victime du cléricalisme »: « J’ai eu l’occasion d’être reçu par le Saint-Père cette semaine, nous avons pu avoir un échange chaleureux et nous avons pu aborder différents sujets. Tout d’abord, le Pape François m’a renouvelé son soutien après ma démission en tant qu’archevêque de Paris. Il a répété qu’il m’estimait victime de l’hypocrisie et du cléricalisme. Il a tenu aussi à manifester sa confiance en me demandant de demeurer à la Congrégation romaine pour les évêques dont vous le savez, je fais partie déjà, et où je viens tous les quinze jours. »

      Mgr Aupetit a aussi évoqué la situation de l’Eglise, en France et à Paris: « Nous avons parlé longuement de la situation de l’Église de France qui inquiète le Pape et celle du diocèse de Paris, ainsi que de mes projets, parce que j’ai quelques projets d’accompagner les nombreuses initiatives de jeunes baptisés laïcs au service des plus pauvres et de la mission d’évangélisation qui touchent beaucoup le Pape. »

      L’archevêque a illustré cette dynamique qui est en route partout en France: « Il y a des choses qui émergent. Vous savez, quand on regarde les choses d’un peu loin, on a l’impression qu’il y a des feuilles mortes. Mais il y a plein de perce-neige qui sont partout, notamment des initiatives de colocation de jeunes professionnels avec les personnes de la rue que j’ai accompagnées pendant la période de Noël, celles de Lazare, l’APA, l’Association pour les amis. Le projet aussi de la «Maison de François», près de Toulouse, la maison Sainte-Marie du désert, où on va accueillir différentes personnes en situation de vulnérabilité ou que la vie a blessées, des personnes qui vivent dans la rue, des personnes âgées qui seraient en Ehpad, des personnes handicapées, des personnes qui veulent sortir de la prostitution avec des familles pour faire en sorte de vivre une fraternité, se mettre au service d’une écologie intégrale. Et puis de faire surtout le lien aussi avec les gens localement. Ce qui me paraît important parce que si nous réussissons cela, c’est peut-être ensuite modélisable pour d’autres endroits. Et puis aussi d’autres projets comme Misericordia que j’ai rencontré, que j’ai été voir donc dans la banlieue parisienne, à Aubervilliers. Ce sont des jeunes qui s’engagent pour un an, pour deux ans, auprès des personnes qui vivent dans les cités, pour s’occuper des enfants, pour les rencontrer. Et là, j’ai vécu une belle journée. Je vois qu’il y a vraiment des initiatives formidables de jeunes baptisés qui prennent au sérieux leur baptême et la mission d’évangélisation. »

     Le 2 décembre 2021, le pape avait accepté la démission de Mgr Aupetit après ce que l’archevêque appelait une « cabale » l’ayant poussé à remettre son avenir dans les mains du pape.

      L’archevêque s’est expliqué à Radio Notre Dame, le 27 novembre, puis lors de ses adieux à son diocèse, à Saint-Sulpice, le 11 décembre, et dans une interview publiée par Le Parisien, le 13 décembre.

      Le 29 juin 2018, Mgr Aupetit a reçu des mains du pape François le « pallium » qui est le signe de la communion spéciale des archevêques métropolitains avec le successeur de Pierre.

Mgr Aupetit (Paris) reçoit le pallium 29/6/2018 © capture de Zenit

Mgr Aupetit (Paris) reçoit le pallium 29/6/2018 © capture de Zenit

 
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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 14:30
 
 

Réciter un chapelet tous les mercredis à 18 heures devant une chapelle, une croix, un calvaire… Tel est le pari de l’initiative "La France prie" qui appelle les catholiques à prier la Vierge Marie face à la crise sanitaire. Lancé début janvier, le mouvement se répand de façon impressionnante.

 

    « Il faut prier car tout dépend de Dieu, mais agir comme si tout dépendait de nous ». Éloi Verly, 23 ans, reprend cette citation de saint Ignace de Loyola avec enthousiasme. Il explique pourquoi, dès le mercredi 12 janvier, il a répondu à l’appel de « La France Prie » et décidé d’organiser le chapelet devant le calvaire de la place du marché au Lion-d’Angers. Charpentier, Éloi a toujours eu une vie spirituelle rythmée par la prière et le chapelet qu’il récite, si possible, au quotidien. L’initiative « La France prie » l’a tout de suite interpellé. Pour lui, la prière est le meilleur moyen de « guérir des maux qui nous touchent et nous accablent ». Ainsi, en organisant le chapelet, il ne pensait pas qu’il allait y retrouver une cinquantaine de personnes venues prier à ses côtés. « Je ne sais pas combien nous serons demain, car maintenant, dans les communes autour, il y a d’autres groupes qui prient », confie-t-il à Aleteia. 

PHOTO-2022-01-19-20-14-42.jpg
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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 14:08

ALETEIA - Edifa- publié le 25/12/20 - mis à jour le 10/11/21

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Noël est passé mais ce n’est pas pour autant que nous devons oublier jusqu’à l’année prochaine le mystère de la nativité qui nous a été révélé.

 

Noël, c’était tout juste hier… qu’en reste-t-il ? Des jouets neufs éparpillés dans la maison, des souvenirs joyeux, des pensées un peu embrumées à cause du manque de sommeil, des bouts de papier-cadeau chiffonnés qui traînent un peu partout, et des cartes de Noël trouvées le matin dans la boîte aux lettres. Ou, peut-être, le poids de la solitude un peu plus lourd, la blessure du deuil, plus vive que d’habitude. Noël, oui, c’est aussi cela, dans le concret de nos vies… mais n’est-ce que cela et est-ce d’abord cela ?

 

Noël nous invite à nous émerveiller devant l’amour de Dieu pour nous

 

Noël, c’est la grâce qui nous est offerte d’accueillir le Verbe fait chair. La vérité de Noël, c’est la Bonne Nouvelle annoncée par les anges : « Aujourd’hui, nous est né un Sauveur ». Et c’est cela qui donne son sens à tous les aspects de la fête. Nos lendemains de Noël ne sauraient donc ressembler à ces lendemains de fêtes, tristes ou joyeux, mais toujours empreints d’une certaine nostalgie pour ce qui a été et ne sera plus. Car la joie de Noël ne nous a pas été donnée seulement pour quelques heures ou quelques dizaines de minutes, pendant la messe de Noël. Et la célébration de la Nativité n’est pas un simple anniversaire qui ne dure que le temps de souffler les bougies.

 

Pas question de laisser enfoui ce que Dieu nous a offert à Noël. Expliquons aux enfants que c’est un peu comme si nous mettions dans un placard ou à la poubelle tous les jouets neufs. Cette compassion leur sera très parlante. À Noël, nous avons reçu un cadeau beaucoup plus grand et plus beau que tous les autres, mais comme il ne se voit pas, nous risquons de l’oublier jusqu’à l’année prochaine. Mais qu’est-ce que Noël va changer dans nos vies ?

 

Dieu nous aime tellement que pour nous, Il s’est fait homme. Lui qui est le Créateur tout-puissant est né, pauvre et démuni comme tous les bébés qui dépendent entièrement de leurs parents. Dieu se donne à nous et se révèle à nous, non dans la magnificence, la richesse, la puissance, mais dans la petitesse et la pauvreté. Comment donc pourrions-nous rechercher les honneurs, la richesse et la puissance alors que Dieu Lui-même est né dans la pauvreté, alors qu’Il s’est fait petit enfant ? Dieu nous apprend à accepter profondément nos limites, nos dépendances.

 

Jésus n’a pas subi sa condition d’homme : Il l’a aimée. Il nous conduit à aimer notre condition d’homme, avec toutes les limites, les exigences et les dépendances propres à chaque âge. Jésus n’a pas fait semblant d’être un petit enfant, Il l’a été vraiment. Dieu se fait très proche de nous. Il est le « tout autre » et pourtant, Il se met à notre portée. Son amour cherche à nous apprivoiser doucement, sans nous faire peur. Noël nous invite à nous émerveiller devant cet amour et à nous laisser faire par lui, à ne jamais oublier – même au plus tard dans l’année quand nous célébrerons d’autres fêtes liturgiques – toute la tendresse, la pureté, la simplicité qui nous sont révélées à la crèche.

 

Devant la crèche, nous voyons et nous croyons au-delà des apparences

 

Dieu se fait chair. Très concrètement, cela implique qu’il nous est donné de rencontrer Dieu, de Le servir et de L’aimer à travers tout ce qui constitue notre vie d’homme. Il n’y a pas Dieu d’un côté et de l’autre notre existence charnelle. Il n’y a pas, dans notre vie, les moments pour Dieu et ceux qui ne Le concernent pas. Nous ne sommes pas des êtres coupés en deux : l’âme pour Dieu et le corps étranger à Dieu. C’est capital de ne pas oublier cela, en particulier dans le domaine de l’éducation religieuse. L’éducation de la foi ne concerne pas seulement une partie de l’existence ou de la personnalité de nos enfants : elle est vraiment une éducation de toute la vie.

 

Rien de ce que font les enfants, rien de ce qu’ils vivent n’est étranger à Dieu : tout est susceptible de les rapprocher ou de les éloigner de Lui, y compris les préoccupations et les gestes les plus matériels. Cela dit, il importe de souligner que l’éducation de la foi ne saurait être une simple éducation à la vie : il faut une annonce explicite de l’existence de Dieu qui, incarné, n’en est pas mois le « tout autre ». Il n’est pas rare, par exemple, d’entendre dire que le premier éveil à la foi doit être un éveil à la vie, au monde qui entoure l’enfant, aux autres, etc. C’est vrai si l’on entend par là que l’éveil à la foi ne doit pas être désincarné, coupé de la vie quotidienne de l’enfant. Mais c’est faux si cet « éveil à la vie » remplace toute instruction religieuse et toute vie de prière.

 

Par ailleurs, s’il est vrai que Dieu nous donne de Le rencontrer et de L’aimer à chaque instant de nos journées, à travers tout ce que nous vivons, il ne faut pas oublier que ce qui donne du « souffle » – le souffle de l’Esprit saint – au moindre de nos gestes, fût-ce se laver les dents ou éplucher un fruit, c’est la prière. C’est parce que nous consacrerons au moins dix minutes par jour à la prière, rien que pour Dieu, que nous pourrons Le rencontrer et L’aimer pendant les autres minutes. L’éducation de la foi ne doit pas nullement détourner les enfants de leur vie d’enfants, elle ne doit pas en faire des êtres désincarnées, bien au contraire, mais elle doit aussi les conduire à vivre au ras du quotidien, à pressentir la dimension surnaturelle de leur existence et orienter tous leurs choix en fonction de cette dimension-là.

 

Car c’est aussi ce que nous apprend Noël : devant la crèche, nous voyons et nous croyons au-delà des apparences. Devant ce petit enfant, il nous est demandé de croire que nous sommes en présence du Fils de Dieu. Et celle qui peut le mieux nous conduire sur ces chemins de foi, c’est la Vierge Marie. Plus que tout autre, elle savait que son bébé était semblable aux autres puisque c’est elle qui l’a nourri, lui a appris à parler, à marcher, etc. Mais plus que tout autre, elle a cru, pleinement, que ce tout petit enfant, qui dépendait entièrement d’elle, était vraiment son Sauveur.

 

Christine Ponsard

ET MAINTENANT, COMMENT PROLONGER LA JOIE DE NOËL ?

Rappelée à Dieu à l’âge de 47 ans le 16 février 2003, Christine Ponsard, mère adoptive de 3 enfants, ancienne Commissaire nationale des Guides d’Europe, était journaliste et animait des retraites spirituelles pour les familles. Elle était responsable notamment de la rubrique La foi en famille de l'hebdomadaire « Famille Chrétienne », qu’elle anima  jusqu’à sa mort chaque semaine pendant 17 ans. Son rayonnement spirituel toucha aussi bien les familles que les malades et les prêtres. 

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8 janvier 2022 6 08 /01 /janvier /2022 09:10

        Le baptême de Jésus, célébré le dimanche qui suit l’Épiphanie, est un des événements de la vie de Jésus les plus assurés historiquement. Les quatre évangélistes le mentionnent.

 

13 mai 2018 : Fonts baptismaux datant du XVIIe siècle, basilique Sant'Andrea delle Fratte à Rome, Italie. May 13, 2018: Baptismal font of the seventeenth century, in the Basilica of Sant 'Andrea delle Fratte in Rome, Italy.

       

            C’est la première manifestation publique du Christ. Lors de sa naissance à Bethléem, il n’avait été révélé qu’à quelques privilégiés. Aujourd’hui, tous ceux qui entourent le Baptiste, c’est-à-dire ses disciples et la foule venue aux bords du Jourdain, sont témoins d’une manifestation plus solennelle, que Jean soulignera d’ailleurs lui-même.

 

         Elle comporte deux aspects : l’aspect d’humilité représenté par le baptême auquel le Seigneur se soumet. L’aspect de gloire représenté par le témoignage humain que lui rend Jean le Baptiste et le témoignage divin que le Père et l’Esprit rendent au Fils, la garantie que cet homme appartient bien à la Trinité divine.

Ces deux aspects sont à retenir dans l’histoire des hommes comme dans la vie intérieure et spirituelle de chaque homme. Les séparer, c’est commettre une erreur. Nous ne pouvons pas nous approcher du Christ glorifié sans nous approcher en même temps du Christ humilié, ni nous approcher du Christ humilié sans nous approcher du Christ glorifié.

Nous ne pouvons approcher et accueillir les hommes nos frères qu’en acceptant leur humble condition, leurs misères, leurs limites et, dans le même temps, de voir en eux des fils de Dieu, bien-aimés par le Père, appelés à partager la gloire du Royaume.

La grâce du baptême

      Étant la plénitude de notre humanité, Jésus, en recevant le baptême johannique a fait plus qu’approuver et confirmer un rite. Il l’a transformé en consumant en Lui l’imparfait par le parfait. Lui qui était sans péché, il s’est fait porteur de nos péchés et c’est au nom de nous tous qu’il a fait ce geste public de repentance, nous enseignant dans le même temps la nécessité de la conversion et de la pénitence.

En évoquant cet événement de la vie du Christ, nous devons dépasser l’horizon du baptême johannique pour nous rappeler que nous avons été baptisés en Christ. Cette grâce baptismale que nous avons reçue, inconscients, dans notre enfance, nous avons à la confirmer chaque jour par un libre choix. L’Épiphanie est non seulement la fête du Baptême du Christ, elle est celle de notre baptême dont nous avons à raviver la grâce qu’il nous a conférée.

Saint Matthieu rappelle la mission de Jésus, le Messie, telle que le prophète Isaïe l’avait annoncée : »Pour ceux qui se trouvaient dans le sombre pays de la mort, une lumière s’est levée. » (Matthieu 12. 16) L’ancienne tradition grecque appelait d’ailleurs l’Epiphanie « la fête des lumières. » Elle nous apporte en effet non seulement une grâce de purification pas la repentance à laquelle nous sommes appelés par Jean-Baptiste et à laquelle Jésus nous invite par son exemple. Elle nous apporte une grâce d’illumination. La liturgie nous le signifie. C’est dans la lumière pascale qu’est donné le baptême, après l’éclipse du Vendredi Saint et la nuit du tombeau.

A nous de vivre cette lumière intérieure dans une absolue fidélité, sans laquelle la vie spirituelle ne serait qu’illusion ou mensonge, sans laquelle tout témoignage auprès de nos frères serait vain. Comme le Christ, nous sommes « lumière du monde » (Matthieu 5. 14) « Devenons fils de lumière » (Jean 12. 36) « Vivons en fils de lumière » (Ephésiens 5. 8)

Jésus le serviteur :
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