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3 janvier 2023 2 03 /01 /janvier /2023 14:59
DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE (CEF),
DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE (CEF),

Benoît XVI rappelé au Père :

une pluie d'hommages, un testament spirituel,

des funérailles pontificales

DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE (CEF),

 

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26 décembre 2022 1 26 /12 /décembre /2022 14:15
L'Église se dote d'un Tribunal pénal canonique national inéditL'Église se dote d'un Tribunal pénal canonique national inédit
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19 décembre 2022 1 19 /12 /décembre /2022 14:35
MÉDITATION DE LA PRÉSIDENCE DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE POUR L'AVENT 2022

Méditation de la Présidence de la Conférence des évêques de France pour l’Avent 2022

 

 

Noël nous invite à nous émerveiller devant Dieu qui vient à nous : méditation de la Présidence de la Conférence des évêques de France pour l’Avent 2022.

 

Noël est une fête de la paix et de la joie, notre sensibilité l’entoure de douceur ; le charme de l’hiver, surtout s’il apporte de la neige, l’enveloppe de silence ; les contrastes du froid et de la chaleur des maisons, de la nuit et des lumières des bougies ou des guirlandes, invitent à croire que l’amour peut triompher de ce qui nous angoisse. Cependant, le mystère de la nativité est avant tout un mystère d’abaissement de Dieu qui vient rejoindre les humains dans leur condition marquée par le péché ; il vient éprouver la pauvreté et les situations compliquées et douloureuses qu’elle engendre, lorsqu’il « n’y a plus de place dans la salle commune » ; il vient partager la solitude et l’arrachement de ceux et celles qui doivent fuir leur foyer. La mangeoire où Il est couché annonce déjà l’autel où Il sera mangé et par conséquent la croix où Il lui faudra mourir en raison des péchés des humains, de nos péchés à tous. Ce n’est pas sans raison qu’« il fallait que le Messie souffrît pour entrer dans sa gloire ». Mais lui veut que nous bénéficiions de ce qu’il apporte, il voudrait nous épargner les souffrances qu’il supporte, celle surtout de ne pas être aimé comme il aime, celle encore que son amour puisse être dévoyé par ceux à qui Il le confie.

 

Noël nous invite à nous émerveiller devant Dieu qui vient à nous. Nous n’en sommes pas dignes, nous les humains, et pourtant il vient sans hésiter ; nous sommes grands, nous les humains, et cependant nous sommes appelés à être plus grands encore, plus grands dans l’amour mutuel, par le respect, la délicatesse de cœur, l’oreille attentive. Puisse chacune et chacun de vous connaître un moment d’émerveillement en ces jours qui approchent et y trouver lumière et joie pour l’année qui va s’ouvrir.

MÉDITATION DE LA PRÉSIDENCE DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE POUR L'AVENT 2022
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14 décembre 2022 3 14 /12 /décembre /2022 15:13

 

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28 novembre 2022 1 28 /11 /novembre /2022 14:30
QUELLE EST LA SIGNIFICATION DE L'AVENT ?

Le temps de l’Avent (du latin adventus, « venue, avènement ») s’ouvre le 4ème dimanche précédant Noël.

 

Le temps de l’Avent (du latin adventus, “venue, avènement”) est la période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël, événement inouï et décisif pour l’humanité puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la croix, Jésus-Christ a partagé en tout la condition humaine, à l’exception du péché. C’est ensuite par la Résurrection du Christ, célébrée à Pâques – la plus grande fête chrétienne de l’année –, que l’humanité est sauvée de la mort éternelle par le Dieu de la vie.

 

Chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. La parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, comme le rappellent également les autres lectures de la messe.

 

Le début de l’Avent marque aussi l’entrée dans une nouvelle année liturgique : celle-ci commence chaque année avec ce temps de préparation à Noël, pour s’achever une année plus tard à la même période.

 

L’Avent, comme l’ensemble du calendrier liturgique catholique, aide les fidèles à revivre les grands événements de la vie et de l’enseignement du Christ, en particulier de sa naissance (Noël) à sa Résurrection (Pâques). L’Église relit et revit donc « tous ces grands événements de l’histoire du salut dans  » l’aujourd’hui » de sa liturgie » .

 

Être des veilleurs

 

Dimanche 27 novembre 2022, nous entrons dans le temps de l’Avent de quatre semaines environ qui nous prépare à la fête de la Nativité de notre Seigneur Jésus Christ.

Avec un cœur de veilleur

Vivre le temps de l’Avent, c’est donc veiller sur ceux qui nous entourent, c’est-à-dire nous ouvrir à leur présence, accueillir leur présence. Comment ne pas penser à tous ceux pour qui cet Avent 2022 va être un temps difficile ? Les malades, les personnes en précarité, celles dont la vie personnelle, familiale est blessée, les personnes en deuil, les migrants… Ils sont les invités de la crèche.

Vivre le temps de l’Avent, c’est aussi prendre conscience que Jésus, sans faire de bruit, sans paillettes vient à nous, qu’il est avec nous. Ouvrons-nous à sa présence, accueillons sa présence. Faisons de notre cœur une crèche.

L’Avent est un temps de joie et despérance. En effet, selon les mots du pape François, ‘’il nous fait revivre l’attente de l’événement le plus joyeux de l’histoire, la naissance du Fils de Dieu de la Vierge Marie’’.

Bon temps d’Avent, temps de joie profonde et despérance. Faisons silence… Veillons… Jésus, Prince de la Paix, vient à nous.

Une fête en communion avec les autres chrétiens du monde

L’Église catholique entre dans la période de l’Avent, ce temps de préparation à Noël, la fête de la naissance de Jésus le Christ, célébrée le 25 décembre (ou dans la nuit du 24), de même que d’autres communautés chrétiennes. Les chrétiens orthodoxes célèbrent Noël à l’occasion de l’Épiphanie, le 6 janvier.

 

Une dynamique sur toute l’année

Ainsi avec le Temps de l’Avent s’ouvre une dynamique qui pour les chrétiens se vit sur toute l’année, et qui commence en se rappelant comment le plan de Dieu, dans sa bonté, a été d’envoyer son Fils unique, conçu du Saint Esprit, né de la Vierge Marie.

 

Couronne de l’Avent, sapin de Noël

Traditionnellement ce temps de l’Avent est signifié par la couronne de l’Avent, couronne de verdure orné d’une bougie pour chacun des quatre dimanches qui précèdent Noël (parfois avec une bougie centrale à allumer le jour de Noël) : la lumière qui croît illustre la venue de Jésus-Christ, lui-même lumière pour le monde. Le sapin de Noël porte la signification symbolique de l’arbre comme image de la vie et de la renaissance qu’on fait entrer chez nous. (On pense à «l’arbre de vie» du jardin d’Éden, l’expression étant aussi une métaphore pour désigner la croix du Christ).

 

Noël et proximité des pauvres

Dieu est venu parmi les hommes en tant que petit enfant, en se faisant humble, en se livrant entre nos mains, sans s’imposer mais en nous éveillant à notre appel à vivre en harmonie avec Dieu et avec tous les hommes. La petitesse de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, né dehors dans une étable, car il n’y avait pas de logement disponible lors du déplacement forcé de Marie sa mère avec son époux, Joseph, permet de se rappeler tous ceux qui sont déplacés, exclus, vivant une précarité. Notre solidarité avec eux surgit aussi lors de ce temps de Noël qui approche.

 

Source :

 

QUELLE EST LA SIGNIFICATION DE L'AVENT ?
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18 novembre 2022 5 18 /11 /novembre /2022 09:15
 

Article " site de l’Église Catholique de France"

La fête du Christ Roi a été créée en 1925 par le pape Pie XI dans le but d’affirmer la royauté du Christ. Elle a pris un sens différent avec la réforme du calendrier liturgique demandée par le Concile du Vatican II.

 

      Elle n’est plus le dernier dimanche d’octobre, mais le dernier dimanche de l’année liturgique : elle devient ainsi comme le couronnement de l’année liturgique. Elle porte le titre de Solennité du Christ Roi de l’Univers.

     Elle se trouve enrichie de lectures qui explicitent le sens et l’objet de la célébration. Elle nous donne l’occasion de revenir sur l’année écoulée pour nous demander si et comment le Christ a mieux régné dans nos vies et nous relance pour une nouvelle année.

     En cette fête, la liturgie nous donne de contempler Jésus en croix exerçant sa royauté au profit du bon larron qui l’implore. Jésus, fils de David, est venu apporter la paix. « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature et le premier-né d’entre les morts ». Il a en tout la primauté, car il a voulu tout réconcilier en faisant la paix par le sang de la croix. « Le Seigneur est Roi », chante le psalmiste. Il donne son pouvoir à un Fils d’homme, dit le prophète Daniel. Jésus Christ est le souverain de la terre, proclame le visionnaire de l’Apocalypse. « Ma royauté ne vient pas de ce monde », dit Jésus dans l’Évangile de Jean.

    En ce jour, adorons le Christ, Roi de l’Univers, venu rendre témoignage à la vérité. Rendons grâce avec toute la Création pour toutes les facettes de son mystère qu’Il nous a laissé découvrir au long de l’année liturgique. Demandons-Lui pardon de ne pas l’avoir assez mis au centre de nos existences au long de l’année écoulée. Et donnons-nous à Lui pour que l’année qui s’ouvre nous aide à reconnaître sa puissance et le glorifier sans fin.

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15 novembre 2022 2 15 /11 /novembre /2022 14:54

 

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14 novembre 2022 1 14 /11 /novembre /2022 14:07
Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la CEF : « Ces fautes personnelles renvoient à nos insuffisances »

La rédaction d'Aleteia - publié le 08/11/22 - mis à jour le 08/11/22

 

L’assemblée plénière des évêques qui s’achève ce mardi 8 novembre a été bouleversée par les révélations d’abus concernant Mgr Michel Santier et le cardinal Jean-Pierre Ricard. "Nous sommes conscients que ces fautes personnelles de tel ou tel nous renvoient tous à nos insuffisances, à nos médiocrités, à nos manquements à la charité, à la justice, à la bonté, à la vérité qui entachent notre ministère", a déclaré Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF) dans son discours de clôture. Document

 

Discours de clôture de l’assemblée plénière de novembre 2022,
le mardi 8 novembre


     Frères et sœurs, vous tous catholiques de France, laïcs, diacres, prêtres, personnes consacrées, et vous qui, pour une raison ou pour une autre, vous intéressez aux travaux de notre assemblée, chers Frères évêques,

 

     « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus » : cette phrase qui ouvre l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, « La joie de l’Évangile », du pape François, nous a habités, nous évêques, alors que nous nous réunissions. Nous avions, jeudi dernier, le cœur lourd, remplis de sentiments mêlés ; nous étions douloureux de vous savoir meurtris, en colère, bouleversés, doutant de nous et de notre volonté réelle de sortir de la culture qui a permis les abus et les a couverts. Nous savions la déception des personnes victimes qui avaient décidé l’an passé de nous faire confiance. Or, la joie de l’Évangile, c’est elle que nous voulons servir, c’est elle que nous voulons partager à tous, c’est pour la rendre accessible à tous que nous avons engagé notre vie. Nous sommes humiliés de constater que des actes de certains de nos frères, prêtres et évêques, et la manière dont ils ont été traités entre notre structure ecclésiale en France et jusqu’au Saint-Siège provoquent de la tristesse, de l’incompréhension, du dégoût, et empêchent beaucoup de vous de goûter la joie pure et rajeunissante de l’Évangile du Christ. Nous sommes conscients que ces fautes personnelles de tel ou tel nous renvoient tous à nos insuffisances, à nos médiocrités, à nos manquements à la charité, à la justice, à la bonté, à la vérité qui entachent notre ministère et vous privent parfois, — et une fois, c’est trop —, de connaître le Christ Jésus d’un cœur sans partage. Nous voudrions tant que vous puissiez vivre paisiblement l’expérience des premiers disciples de Jésus, telle que nous la rapporte l’évangile selon saint Jean : « Venez et vous verrez ». « Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. » (Jn 1,39). Nous voudrions tant que beaucoup d’autres puissent la goûter.

 

     Là est la source de la vie pour tous, dans la proximité du Seigneur Jésus, le Fils bien-aimé qui demeure dans le Père et nous ouvre accès à sa filiation. Ce jour-là, auprès du fleuve Jourdain, il n’y avait pas de palais ni de belle maison, tout juste une cabane en roseaux, et là demeurait Jésus et là il a accueilli ceux qui allaient devenir ses disciples et là était la pleine présence de Dieu, son hospitalité la plus forte. Nous avons pu, jeudi dernier, après avoir passé un long moment à reprendre le déroulement des faits qui avaient conduit à la tourmente que nous vivions, prendre une heure, sous la conduite de Mgr Vincent Jordy, que je remercie au nom de tous, pour partir au bord du Jourdain, rencontrer Jésus comme pour la première fois, le suivre comme « l’Agneau de Dieu » et pour demeurer avec lui. De la même façon, ici à Lourdes, auprès de la grotte de Massabielle, nous éprouvons l’intercession de Marie, la Mère de Dieu, et de sainte Bernadette, et de toutes celles et tous ceux qui viennent ici prier ou qui confient leurs intentions aux pèlerins. Permettez-moi de vous le dire : alors que nous nous étions retrouvés agités, inquiets, peut-être même méfiants les uns à l’égard des autres, nous avons vécu en ces cinq jours un processus d’apaisement, de resserrement de nos liens, de détermination renouvelée.

 

     Nous sommes conscients cependant que la confiance native que le peuple de Dieu mettait dans les pasteurs qui lui sont donnés est ébranlée et qu’elle est, chez certains, chez beaucoup peut-être, brisée. Comment, après avoir découvert ce qu’avait pu faire Mgr Santier ; comment, après avoir entendu ce que le cardinal Ricard lui-même a avoué publiquement hier, pourriez-vous recevoir le cœur en paix la grâce du Christ des mains de quelque prêtre ou évêque que ce soit ? Une telle question secoue toute l’Église, car ce n’est pas le moindre aspect du mystère du Christ que le fait qu’il ne se soit pas contenté de réunir des disciples pour partager avec eux des heures de contemplation et d’échanges mais qu’il en ait mis à part quelques-uns pour aller vers tous les autres en son nom. Le père de Lubac, grand théologien du siècle dernier, a pu écrire en 1938, dans son premier grand ouvrage Catholicisme : « Mystère de l’Église, plus profond encore s’il est possible, plus “difficile à croire” que le Mystère du Christ, comme celui-ci déjà était plus difficile à croire que le Mystère de Dieu » . Plus difficile à croire, je le comprends ainsi, parce que le divin, la divine charité, y est tellement enveloppé d’humain, et d’un humain qui n’est pas que la nature humaine mais ce que nous, les humains, l’avons fait devenir, avec ses abîmes parfois si vertigineux et inquiétants et ses nœuds parfois si meurtriers.

 

     Nous ne nous sommes pas rassurés à bon compte avec des considérations théologiques. Nous avons travaillé, en nous entraidant, et cela sur plusieurs axes.

 

     D’abord nous avons travaillé pour tirer au clair ce qui s’était passé. Le huis-clos qui n’a pas été bien compris nous a permis d’aller aussi loin que possible dans la vérité des échanges. J’ai exposé hier pendant la conférence de presse que nous avons ajoutée pour faire connaître la déclaration de Mgr Ricard l’essentiel de ce travail. Je voudrais simplement dire ici à vous tous quatre choses :

 

     – premièrement, que Mgr Blanchet, à peine nommé évêque de Créteil, ayant accepté dans la foi cette mission, a découvert alors et progressivement la situation exacte de son prédécesseur. Il s’est trouvé pris dans une situation créée par le silence maintenu des mois avant son arrivée et même sa nomination. Il a dû seul, avec force et délicatesse, trouver la manière de tenir Mgr Santier le plus à l’écart possible, sans pour autant paraître le rejeter ou le mépriser aux yeux d’un diocèse qui voulait le remercier encore, alors qu’il ne pouvait expliquer à quiconque ce dont il retournait. De même, Mgr Le Boulc’h n’a pas su tout de suite dans quelles conditions Mgr Santier revenait dans son diocèse d’origine, et lui aussi a dû, à mesure qu’il le découvrait, chercher les meilleures ou les moins mauvaises manières de l’accueillir, puisqu’aussi bien il fallait que Mgr Santier puisse vivre quelque part.

 

     - deuxièmement, le travail fait avec l’aide d’un canoniste, d’un juriste et d’un official du Dicastère pour la doctrine de la foi venus nous rejoindre nous a permis de reconnaître qu’il y a eu des insuffisances, des erreurs et des dysfonctionnements dans la manière de réagir aux faits commis par Mgr Santier au fil des procédures. Je les ai énumérés hier. L’essentiel se résume en trois points : le traitement en circuit fermé, entre évêques ; une naïveté entretenue ; un manque de considération pour le peuple de Dieu. Nous avons donc élaboré progressivement des décisions à prendre. Nous avons décidé de constituer un comité de suivi auquel tout archevêque ou évêque ayant à traiter du cas d’un autre évêque pour des abus ou agressions sexuelles se référera afin d’être accompagné dans toutes les étapes de la procédure. Nous allons agir aussi auprès des dicastères romains concernés pour préciser les procédures, établir des critères plus précis quant à la publication des faits et des sanctions, mieux définir aussi ce qui est attendu de celui qui est chargé de l’enquête quant au « votum », c’est-à-dire aux recommandations, qu’il doit formuler. Le Saint-Siège a besoin que chacun joue pleinement son rôle et sache lui faire valoir les données propres à une situation ou à un pays. Nous voulons intégrer nous-mêmes davantage que la foi des fidèles est heurtée lorsqu’un prêtre ayant abusé sexuellement d’une personne continue de célébrer l’Eucharistie. Cela a des conséquences précises quant à la manière de nommer un prêtre ayant été condamné et qui a accompli sa peine. Ces décisions nouvelles enrichissent le dispositif mis en place depuis l’an dernier. Nous avons voté les statuts du Tribunal pénal interdiocésain qui devrait par conséquent, dès réception du visa du Tribunal de la Signature apostolique, être mis en place début décembre. Nous avons pu réfléchir à la mise en place concrète d’un celebret national, c’est-à-dire d’une carte remise à chaque prêtre permettant d’attester de sa qualité et de sa capacité à célébrer les sacrements. Nous nous sommes préparés aux visites que nous aurons à faire à Rome pour rencontrer le Dicastère pour la doctrine de la foi, la Commission de protection des mineurs,

 

     -troisièmement nous avons été bouleversés par la déclaration du cardinal Ricard. Il a été notre président pendant deux mandats et une autorité dans notre assemblée. Nous pensons à la personne qu’il a atteinte dans sa jeunesse, à celles et ceux qui furent ses paroissiens à Marseille, ses diocésains à Grenoble, à Montpellier, à Bordeaux ; nous pensons aux diocésains de Digne. Son aveu rendu public est un acte de grande importance. Par-delà le traitement que la justice tant celle de l’État que celle de l’Église peuvent donner à un tel comportement, Mgr Ricard se comporte comme un pécheur repentant qui assume ses actes, quelle que soit leur ancienneté, parce qu’il réalise au fil de son histoire, de mieux en mieux, que le mal fait du mal et qu’il faut rompre cet enchaînement. En parlant publiquement, il s’adresse à tout le peuple de Dieu, il se remet au jugement de tous. Il inscrit sa déclaration dans le travail de vérité que l’Église a entrepris depuis quelques années et dans lequel l’Église en France tient sa part. Il compte sur nous, baptisés. Il n’en appelle pas à notre indulgence mais à notre fraternité. De plusieurs côtés, on en a appelé ces dernières semaines à la maturité du peuple de Dieu. Beaucoup ont fait valoir combien il était humiliant pour celui-ci d’entendre que les autorités ecclésiales lui avaient caché les fautes d’un pasteur pour le préserver. On fait valoir à raison que le peuple de Dieu est capable de supporter, si douloureux que ce soit, la découverte des fautes de ses pasteurs, et qu’il lui est beaucoup plus violent d’être maintenu dans l’ignorance par un mensonge.

 

     - quatrièmement : c’est pourquoi j’ai dit hier, lundi, le nombre des évêques ayant été mis en cause devant la justice de notre pays ou la justice canonique. Le nombre mentionné dans la presse recouvre des cas très différents et des faits qui ne sont pas du même ordre. Je pensais l’avoir indiqué suffisamment et je regrette de ne pas avoir été assez précis. Trois évêques, ces dernières années, ont été mis en cause pour non dénonciation d’un prêtre accusé. L’un de ces évêques est mort, un autre a été condamné et le troisième a été relaxé. Je les ai mentionnés pour que l’information soit complète, mais tout cela est connu de tous. Huit autres évêques ont été mis en cause pour des faits qu’ils auraient commis eux-mêmes. Parmi eux, cinq ont été mentionnés dans la presse et ont fait l’objet d’actions judiciaires, parfois arrêtées, parfois encore en cours. Pour l’un d’entre eux, l’affaire a été conclue par un non-lieu. Enfin, trois autres sont en cours d’instruction. Ces huit évêques sont actuellement retirés de la responsabilité épiscopale et sont soumis à des restrictions de ministère de natures variées. Car la justice canonique juge de faits que la justice de notre pays ne connaît pas, et comme cette dernière, elle connaît la gradation des peines et la prescription, des éléments indispensables à un État de droit, même si elle pourrait progresser encore dans la prise en compte des personnes victimes et de leurs droits. La maturité du peuple de Dieu est soumise à rude épreuve, nous en sommes conscients. Il nous faut tous admettre que ni l’ordination ni les honneurs ne préservent de commettre des fautes dont certaines peuvent être graves même aux yeux de la justice de l’État et que tout être humain peut être habité par des forces troubles qu’il ne parvient pas toujours à maîtriser. Nous, évêques, recevons ce nombre avec douleur. Ce que nous découvrons de quelques-uns de nos frères nous appelle à nous examiner sur notre rapport au pouvoir, aux biens, à notre ministère, à chacune des personnes avec qui nous agissons. Voilà qui nous conduit à une autre réflexion et un autre pan de notre travail.

 

     Nous professons dans le « Je crois en Dieu » : « Je crois à l’Église une, sainte, catholique et apostolique. » Cette formule liturgique peut choquer aujourd’hui. Certains ont écrit ne plus pouvoir la prononcer. Nous les comprenons. Mais l’Église n’est pas sainte parce qu’elle serait faite de saints ; en tout cas pas parce qu’elle le serait en sa hiérarchie. Elle est sainte parce que, par elle, le Seigneur Jésus enfante à la sainteté les pécheurs que nous sommes. La sainteté n’est pas la perfection morale, nous l’oublions trop souvent. Elle n’est pas non plus un heureux équilibre des vertus naturelles et surnaturelles, traversé par un élan spirituel. Le saint est celui qui apprend à reconnaître ses abîmes intérieurs et qui choisit de s’en écarter par amour pour le Christ, le Fils bien-aimé venu jusqu’à nous. L’Église sainte n’est pas la réunion des « gens bien » ; elle est la communion que tâchent de vivre des pécheurs pardonnés, non pas amnistiés, non pas dispensés d’assumer leurs actes, mais pardonnés et rendus forts par le pardon. Elle est le lieu de cristallisation de notre élan spirituel, non pas d’abord une organisation religieuse qui nous permettrait de vivre à la surface de notre âme, plutôt la communauté qui nous contraint à aller puiser en nous ce que nous voulons vivre en vérité, faisant la douloureuse et salvifique expérience que nous n’y parvenons pas seuls, ni jamais adéquatement, que nous avons besoin d’être rachetés par le sang de l’Agneau sans tache, par le grand cri de son agonie et le silence du tombeau, avant que puisse éclore la joie discrète d’abord et pure toujours de la résurrection. La communion de l’Église ne résulte pas d’une harmonieuse organisation, elle résulte de l’engagement de chacun de ses membres, tous ayant reçu « l’onction du Saint », du Saint-Esprit, dans le combat spirituel, pour grandir dans la liberté avec les armes du Christ, et le repentir, la reconnaissance libre de ses fautes et la demande de pardon, l’assomption des conséquences des actes commis, est une de ces armes. La sainteté de l’Église n’est pas l’absence de péché de ses membres mais la capacité de tout le Corps d’accompagner chaque membre dans ce combat de lumière et de paix.

 

     Dans cette lumière-là, sans doute, il nous faut comprendre la synodalité et son articulation à la collégialité. Dans le langage chrétien antique, le mot « hiérarchie » ne désigne pas d’abord le commandement, l’autorité qui ordonne et se fait obéir, mais la source, archè, où l’on peut puiser de quoi vivre et porter du fruit. Le ministère apostolique n’est pas d’abord une manière d’organiser un peuple confus, il a pour mission de rapprocher de chacun la source pour qu’il puisse y trouver ce dont il a besoin. La source est la présence du Christ ressuscité, au cœur de la liberté de chacune et de chacun, dans la double Parole de l’Ancien et du Nouveau Testaments et dans ses sacrements. Le ministère est tout entier au service du peuple des baptisés et confirmés, des pécheurs pardonnés, rachetés, appelés à avancer vers la sainteté en devenant les uns pour les autres et pour tous les humains des porteurs de la bonté de Dieu. Le ministère s’exerce dans la collégialité, car aucun pasteur ne peut seul garantir qu’il relie à la source. Il ne le peut qu’en étant inséré dans le collège qui a le successeur de Pierre à sa tête. Quant à la synodalité, elle n’est pas d’abord un jeu de répartition des pouvoirs, même s’il faut organiser ceux-ci et veiller à en renouveler la distribution régulièrement. La synodalité est avant tout une recherche commune de la volonté de Dieu, une entraide fraternelle pour avancer sur les chemins de Dieu en s’aidant à sortir de l’esclavage du péché pour grandir dans la liberté des enfants de Dieu. Elle se nourrit donc de la maturité du peuple de Dieu que nous avons évoquée, et elle la fait grandir. C’est en nous portant les uns les autres, selon la différence des états de vie et des dons, dans le chemin de la sainteté, c’est-à-dire de la liberté à l’égard du péché, que nous servons la vie de l’Église que nous formons et dans laquelle nous avons la grâce d’être. Ces quelques jours étaient trop peu nombreux pour que nous puissions lire et analyser le document qui vient d’être publié pour préparer la phase continentale du processus synodal de l’Église. Chacun fera ce qu’il peut dans son diocèse. Mais nous constatons que, de par le monde, dans l’Église entière, les mêmes attentes, les mêmes aspirations, les mêmes douleurs s’expriment, mais aussi la même espérance de vivre la pleine vérité du mystère de l’Église où le Seigneur partage sa sainteté aux pécheurs qu’il appelle à lui.

 

     Nous avons goûté cela, frères et sœurs, vous toutes et tous qui m’écoutez ce matin, lors du temps passé, hier, avec les pilotes et un membre des neuf groupes de travail dont nous avions décidé la création en novembre 2021. Ils nous ont fait travailler par groupes de dix évêques sur le thème qui leur a été confié. Les voies qu’ils nous ont ouvertes, les transformations de fonctionnement ou de gouvernance, qu’ils dessinent nous seront proposées en mars prochain et nous aurons à exercer notre discernement dans la lumière de l’Esprit-Saint. L’enjeu, pour nous, n’est pas seulement de trouver des procédures plus sûres (on parle plutôt de « process ») mais de rendre nos organisations ecclésiales, nos manières de réagir et d’agir face à des cas douloureux, nos modes de vie et de soutien mutuel, plus riches de la vérité de la synodalité et de la collégialité, vécues dans la sainteté de l’Église. Je crois pouvoir dire que nous avons tous admiré la maturité chrétienne de celles et de ceux qui sont venus à nous, comme des frères et des sœurs qui ne cherchaient ni à nous faire la leçon, ni à grapiller une part de notre autorité mais à nous aider à mieux exercer le ministère apostolique qui nous a été confié par le Seigneur ressuscité. De tout cœur, je remercie au nom de tous les évêques les membres de ces groupes de travail, une bonne centaine de personnes : leur engagement, leur générosité en temps et en réflexion, nous remplissent d’action de grâce.

 

     Nous avons goûté aussi ce mystère lorsque nous avons travaillé à la transformation de notre conférence. Deux groupes de travail spécifiques avaient élaboré quatre scénarios différents, chacun caractérisé par une perspective différente : la communion des provinces la flexibilité maximale, le service minimum, l’hôpital de campagne. Le but poursuivi est moins la recherche d’une diminution des effectifs qu’une meilleure définition du rôle des instances (assemblée plénière, conseil permanent, présidence, conseils et commission) et une meilleure articulation entre elles pour que notre système central soit plus souple, un peu moins coûteux, mieux adapté aux besoins de l’évangélisation aujourd’hui. Les échanges que nous avons pu avoir autour de ces scénarios nous relancent dans la conscience de notre collégialité et de notre responsabilité à chacun de la rendre vivante, la vie de chacun de nos diocèses fortifiant celle de tous les autres. Je salue ici de la part des évêques l’équipe de Nexus qui nous accompagne dans ce labeur avec délicatesse, fermeté et persévérance, cette dernière étant bien utile car les transformations concrètes suscitent toujours des résistances, raisonnables ou pas raisonnables. Il en va de même chez les évêques. Je voudrais ici remercier au nom des évêques de France et toutes celles et tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, travaillent dans la maison de l’avenue de Breteuil. Ils représentés ici à Lourdes par les directeurs nationaux qui sont associés à notre travail sur l’avenir de notre Conférence comme d’ailleurs, à celui mené à la suite de novembre dernier, et encore par toute l’équipe qui soutient le secrétariat général et l’équipe communication. Les réflexions que les évêques mènent sur la transformation de la Conférence des évêques peuvent les inquiéter. Tout en portant cette inquiétude, nos collaborateurs apprennent avec nous de tristes nouvelles. Il en va ainsi tous les ans depuis au moins 2016. Je voudrais redire ce que je leur ai dit plus fois : votre fidélité nous impressionne, elle nous oblige. Que, au milieu de mille inquiétudes, en subissant avec nous les flux de révélation des abus commis par quelques-uns, vous consentiez à venir et revenir travailler avec nous, nous encourage vivement. Nous savons ce qui s’y joue de votre foi dans le Christ et de votre engagement spirituel à chacun. Les séquences de notre assemblée consacrées au plan triennal ressources et aux finances nous ont à la fois fait sentir la pression de la réalité : il nous faut anticiper raisonnablement une baisse de nos ressources et tenir compte de l’augmentation actuelle des charges du fait, notamment, de l’inflation, et simultanément fait réaliser que la générosité des fidèles nous permettait d’avancer sur le chemin de transformation sans angoisse, avec une grave sérénité.

 

     Une séquence de ces quelques jours a été consacrée à la transformation pastorale de nos diocèses et une autre à la mise en application du motu proprio Traditionis Custodes. Les deux sujets sont différents, bien sûr, mais ils convergent cependant. Il s’agit de notre responsabilité de rapprocher de chacun et de chacune la source qu’est le Christ Jésus. Nous devons trouver les moyens de le faire avec moins de prêtres, des communautés moins nombreuses et surtout insérées dans un tissu social sécularisé et déchristianisé, souvent marqué par l’indifférence religieuse, parfois par la forte présence d’autres religions, surtout l’islam. En parcourant nos diocèses, nous avons souvent l’occasion d’admirer la foi et la persévérance de nombreux fidèles. Nous sentons leur souffrance devant l’évolution de leurs enfants ou petits-enfants et l’inquiétude des jeunes parents. Nous éprouvons douloureusement combien les fidélités les mieux ancrées peuvent être ébranlées. Le témoignage de notre Église dans notre pays ne peut plus être celui d’une Église co-extensive à la société, organisant celle-ci, en déterminant sa culture profonde. Ce témoignage est celui d’une communion de pécheurs pardonnés, émerveillés de pouvoir être en chemin vers la sainteté, où chacun est accueilli et accompagné par tous, où les vérités de la foi ne sont pas une idéologie sociale et politique mais nous tournent vers le Dieu vivant, le Dieu de nos âmes, le Dieu brûlant qui nous appelle à une conversion constante, qui nous arrache à toute autosatisfaction pharisaïque et nous ouvre le chemin des fils prodigues, qui attend que les frères s’accueillent mutuellement et apprennent toujours à s’aimer. Les immenses trésors de la Tradition ne sont pas des pièces de musée ; la Tradition dont nous sommes les gardiens est celle où le Seigneur Jésus, le Messie d’Israël, se donne et est reçu, si bien reçu qu’il peut être partagé. Alors que notre pays s’apprête à un nouveau grand débat sur la fin de vie, il nous a paru nécessaire de puiser dans notre tradition et la réflexion théologique de quoi vous aider, frères et sœurs, chères auditrices et chers auditeurs, à regarder la mort avec des yeux de chrétiens. Nous avons écrit une lettre pastorale dont nous espérons qu’elle sera, peu à peu, lue et travaillée par beaucoup. Car nous avons tous à mourir et nous    

 

     Les sanctuaires de Lourdes nous réservent toujours le meilleur accueil. Je remercie ici Mgr Jean-Marc Micas, le recteur, le P. Michel Daubanes à qui nous souhaitons une belle mission dans ce sanctuaire national, les chapelains, les sacristains, celles et ceux qui veillent sur nous à l’accueil Notre-Dame, les hommes et les femmes qui ont veillé à notre sécurité et à notre tranquillité, toutes celles et tous ceux qui contribuent à rendre ces assemblées paisibles et efficaces. Nous éprouvons toujours ici, auprès de la grotte de Massabielle, combien le Seigneur nous accueille en lui et nous donne de venir et de voir. Nous étions heureux, dimanche soir, de nous joindre à la procession eucharistique. Auprès de Jésus et auprès de Marie, nous avons retrouvé « l’enfant qui pleure ». Nous ouvrons toujours mieux les yeux sur le fait que l’Église, qui devrait être purement et simplement un lieu de paix et de joie, c’est-à-dire de dilatation intérieure et d’espérance en la beauté de l’humanité que Dieu attire à lui, peut être aussi un lieu de douleurs, un lieu d’empêchement, un lieu de tristesse, d’humiliation et d’atteinte à la dignité de l’humanité. Notre génération a reçu la croix de vivre ce temps. Croyons que Dieu lui-même purifie son Église. A nous, évêques, avec les prêtres et les diacres, de vous aider, frères et sœurs à traverser ces temps en accédant à la joie du Seigneur. A nous tous d’agir, synodalement et collégialement, chacune et chacun pour sa part, pour servir l’œuvre du Christ qui veut se présenter son Église, « sainte, sans tache, sans aucune faute ». Nous espérons tous, frères et sœurs, vous avec nous, nous avec vous, qu’un jour, « l’enfant qui pleure », caché dans une église ou au fond du cœur de trop de personnes, pourra goûter la consolation du Seigneur. Nous voulons agir pour qu’il puisse entendre la parole qui lui est adressée : « Venez et vous verrez ». Des moments de joie intense nous sont donnés, dans nos rassemblements diocésains, dans la messe dominicale, dans tel service vécu dans la lumière du Seigneur. Sans doute découvrons-nous mieux que l’Église doit être aussi pénitente, mais nous savons que la vraie pénitence conduit à la joie la plus intense.

 

     Notre monde s’inquiète pour son avenir. La COP 27 qui est réunie en Égypte  le fait entendre avec force. Les co-présidents du Conseil des Églises chrétiennes de France ont adressé, au début de ce mois, une lettre au Président de la République remise aussi à la Première Ministre. Cette lettre invite à agir avec énergie au cours de la COP, elle salue l’ambition écologique annoncée par le gouvernement mais elle constate aussi que le compte n’y est pas, que les décisions envisagées ne suffiront pas pour éviter les drames qui s’annoncent, notamment pour les pays les plus pauvres. La sobriété ne doit pas être une attitude conjoncturelle liée à la guerre en Ukraine et à ses conséquences pour l’approvisionnement en énergie. Elle est une attitude à acquérir et à enraciner spirituellement. Notre humanité se transforme, elle se comprend autrement au sein de l’univers, elle met en cause les repères anthropologiques les plus ancrés. Des jeunes, on dit souvent que nombreux sont parmi eux ceux qui ne savent comment s’orienter, qui hésitent à entrer de plain-pied dans le monde tel qu’il est. Nous les assurons de notre prière. Nous leur adressons un vibrant appel à se rendre à Lisbonne pour les JMJ. Leur rassemblement contribuera à la sanctification de l’Église, leur réponse joyeuse à l’appel du Seigneur, leur communion autour du successeur de Pierre, seront des dons de Dieu pour l’Église et aussi pour toute leur génération.

 

En concluant cette assemblée plénière, nous tournons notre attention vers nos concitoyens dont le retour de l’inflation affaiblit gravement les ressources. Les mois à venir risquent d’être rudes pour beaucoup. Nous implorons Dieu pour l’Ukraine et aussi pour la Russie. Nous prions pour les familles endeuillées, pour les morts, les blessés, les familles séparées, pour les vies empêchées par cette guerre. Nous en appelons à la paix dans la vérité et la justice. Nous pensons aussi à l’Arménie, fortement menacée ; au Liban, à la Syrie, au Burkina-Faso, au Nigéria, au Mali et aux pays d’Afrique menacés par des mouvements islamiques et par l’insuffisance des récoltes. Nous avons une pensée fraternelle pour le peuple iranien et pour le peuple afghan. Pendant que nous étions ici à Lourdes, le Pape François effectuait au Bahreïn un voyage sans doute historique. Nous demandons à Dieu que ce voyage puisse porter des fruits nombreux.

 

     Et pourtant, nous osons le dire : que la joie de l’Évangile rejoigne chacune et chacun de vous, qu’elle emplisse votre cœur et votre vie à chacun, que tous nous puissions vivre des moments de grâce en demeurant près de Jésus, l’Agneau de Dieu, le Fils bien-aimé du Père. Nous, évêques, avons travaillé pour que cela soit possible. Nous vous remercions pour votre prière et vos encouragements, pour votre exigence aussi.

 

     Frères et sœurs, vous tous qui m’écoutez et vous intéressez pour une raison ou pour une autre à la vie de l’Église en France, les évêques tous rassemblés ont voulu vous adresser une lettre. Acceptez de la lire et d’y entendre parler notre cœur et notre responsabilité. Nous nous doutons que le chemin pour guérir les bouleversements, les colères, les inquiétudes sera long. Nous osons croire qu’il vaut la peine et nous vous assurons que nous y sommes engagés.

vous remercie.

 

 

 
 

 

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11 novembre 2022 5 11 /11 /novembre /2022 09:15
Interpellation des Eglises Chrétiennes à M. Le Président Emmanuel Macron sur le climat, la biodiversité et la sobriété

Église Verte : Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, le pasteur Christian Krieger et le métropolite Dimitrios Ploumis, les trois co-présidents du CECEF (Conseil d’Églises chrétiennes en France), interpellent le président de la République au nom des Églises chrétiennes en France, à l’occasion de la COP27 sur le climat (6-18 nov) et de la COP15 (7-19 déc) sur la biodiversité, en une adresse commune : voir la pièce jointe

Nous vous encourageons à lire ce texte lors de la célébration du dimanche 13 novembre, à le faire signer par les paroissiens et à l’envoyer aux élus locaux, dans une action de plaidoyer, pour lier les enjeux climat & biodiversité dans des politiques publiques ambitieuses, à toutes les échelles.

Adresse œcuménique
à l’occasion de la COP27 sur le climat
et de la COP15 sur la biodiversité

 

A Paris, le 28 octobre 2022

Monsieur le Président de la République,

 

    À la sortie d’un été où la morsure du bouleversement climatique a bousculé de nombreuses consciences et à la veille de COP onusiennes sur le climat et sur la biodiversité aux enjeux cruciaux, nous souhaitons contribuer à la mobilisation vers une transformation écologique ambitieuse et juste, en vous adressant l’interpellation des Églises chrétiennes de France.

 

Entendant la clameur de la Terre, celle des plus pauvres, mais aussi les cris des autres êtres vivants, nous nous réjouissons des perspectives que vous ouvrez lorsque vous promettez que l’écologie constituera votre « politique des politiques » et esquissez une  « révolution écologique » assumant d’être « radicale ». Nous accueillons positivement l’attribution de la planification écologique à Matignon. Des éléments de la méthode de   « France Nation verte » nous semblent prometteurs, dont notamment la logique de transversalité, l’implication de tous les acteurs et l’attention portée aux plus fragiles.

 

Cependant, nous craignons qu’au-delà d’une écologie reposant avant tout sur une approche technique, ces premiers pas ne prennent pas le chemin d’un véritable et nécessaire changement de paradigme, d’une mutation culturelle qui changerait notre rapport utilitaire à la nature, notre définition économiciste du progrès et notre compréhension matérialiste du bien-vivre.

 

L’enjeu est plus profond. Pour que l’influence aujourd’hui première de l’être humain sur son environnement, notamment sur le climat et la biosphère, puisse contribuer à préserver une Terre habitable, pour respecter l’accord de Paris et son objectif de rester sous les 1,5 °C de réchauffement, pour arrêter la sixième extinction de masse des espèces, une vraie « conversion » écologique est requise.

 

Si ce mot vient de l’Évangile, vous en saisirez l’esprit, qui parle à tous : changer de regard, retourner l’être, transformer le système et les modes de vie. S’il serait absurde de se priver de l’intelligence et de l’efficacité, il serait tout aussi vain de rester sourd au rappel à la finitude que nous adresse la nature avec le dépassement des limites planétaires. Nous devons embrasser la révolution de la sobriété.

 

Le Pape François, pour sa part, défend que « l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance »[1]. Le Conseil œcuménique des Églises, rassemblant plus de 580 millions de protestants, d’orthodoxes, d’anglicans et d’autres Églises au niveau mondial, appelle, de son côté, à l’« application d’indicateurs de prospérité et de bien-être alternatifs, qui prennent en compte l’intégralité des conditions économiques, sociales et écologiques »[2].

 

Nous vous appelons à promouvoir la sobriété, non comme une pause exigée par le contexte géopolitique et une tension sur les ressources, mais comme une vision et une partie intégrale de la conversion, au visage vertueux, bénéfique et désirable.

La sobriété est promesse de nouvelles abondances. En inventant, dans un mouvement libre, des formes de frugalité choisies, responsables et solidaires, qui commencent avec ceux dont l’empreinte écologique est la plus lourde, nous trouverons un enthousiasme fécond. Car savoir jouir des choses simples, ralentir, partager, rendre des espaces, du silence et la nuit aux plantes et aux animaux, en cela résident plus de créativité, plus de liens, plus de profondeur, plus de gratitude, plus de vivants, plus de beauté, et au total, plus de joie. La modération n’est pas l’autre nom de la frustration, mais la chance de nouveaux épanouissements.

 

Plusieurs rendez-vous offriront à la France l’opportunité de faire ce pas historique.

 

En vue de la COP27, nous soulignons que la meilleure adaptation est celle dont nous n’aurions pas besoin, car nous aurions baissé, à temps, les émissions de gaz à effet de serre. Or, la science nous rappelle que les objectifs nationaux et les trajectoires actuels demeurent insuffisants. Nous appelons à la rehausse de l’ambition et à la réalisation effective des objectifs. Pour les plus vulnérables, nous demandons l’atteinte et surtout le dépassement sans délai des 100 milliards de dollars annuels, promis il y a plus de dix ans déjà.

Nous en appelons aussi à un engagement fort de la France à la COP15 sur la biodiversité. Elle doit faire date et relever le défi d’une urgence, alors que tous les indicateurs sont au rouge.

 

Nous, Églises chrétiennes, sommes nous-mêmes en chemin. En cinq ans, 800 communautés ont adhéré au label œcuménique « Église verte » ; elles témoignent d’un engagement croissant, spirituel et concret. Une voie d’approfondissement, que nos communautés sont invitées à considérer sérieusement, est de désinvestir nos actifs financiers des énergies fossiles, pour les réinvestir dans des solutions d’avenir, en confiance et dans l’espérance que nous portons par notre foi en Jésus-Christ, pour l’humanité tout entière et l’ensemble du monde créé.

 

Nous nous réjouirions de l’opportunité d’un dialogue à ces sujets. Dans cette attente, et espérant une bonne réception de ce texte, nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

 

Monseigneur Éric de
Moulins-Beaufort

Coprésident du CÉCEF

Conférence des évêques de France

Le Pasteur Christian
Krieger

Coprésident du CÉCEF

Fédération protestante
de France

Le Métropolite
Dimitrios
 

Coprésident du CÉCEF

Assemblée des évêques orthodoxes de France

[1] Pape François, Encyclique Laudato Si’, paragraphe 193, 2015.

[2] Conseil oecuménique des Églises, The Living Planet: Seeking a Just and Sustainable Community, 2022.

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10 novembre 2022 4 10 /11 /novembre /2022 14:21
 aux fidèles catholiques :
« Ô mort, où est ta victoire ? »
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CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, durant le discours de clôture de la Conférence des évêques de France, le 7 novembre

La rédaction d'Aleteia - publié le 08/11/22

 

Suite à leur assemblée plénière du 3 au 8 novembre 2022, les évêques ont adressé le 8 novembre une lettre pastorale retranscrite ici dans son intégralité.

 

Chers frères et sœurs,

 

     « Ô Mort, où est ta victoire ? » Cette question vient du fond des âges. Elle surgit de l’élan de vie déposé en chaque être humain lorsqu’il se révolte devant la mort. Car celle-ci lui apparaît en quelque sorte inhumaine. Pour le croyant, la question semble jaillir de Dieu lui-même ! En effet, Dieu, le Maître de la vie, ne peut pas laisser la mort engloutir la vie : « Dieu n’a pas fait la mort », lisons-nous dans les Écritures d’Israël. Pour le chrétien, l’interrogation est comme une réponse à notre inquiétude, selon la catéchèse de l’apôtre saint Paul sur la résurrection. Elle confirme l’espérance des prophètes annonçant que la mort sera vaincue : La mort a été engloutie dans la victoire. Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est-il, ton aiguillon ? (1 Co 15,54b-55).

L’énigme de la mort et de la souffrance

     La mort touche et interroge chacun d’entre nous. Mort d’un proche âgé s’éteignant doucement. Mort d’une personne enfin soulagée d’une grave maladie. Mort, tellement scandaleuse, d’un enfant, d’un jeune ou d’une personne très aimée, victime précoce d’une maladie, d’une épidémie ou d’un accident. Mort occasionnée par un attentat ou par la guerre. La mort est là, inévitable, avec souvent son cortège de souffrances. Spontanément, on peut dire qu’elle effraie. Oui, nous ne sommes pas faits pour la mort ! Les évêques du monde entier réunis au Concile Vatican II constataient : « C’est en face de la mort que l’énigme de la condition humaine atteint son sommet. L’homme n’est pas seulement tourmenté par la souffrance et la déchéance progressive de son corps, mais plus encore, par la peur d’une destruction définitive. Et c’est par une juste inspiration de son cœur qu’il rejette et refuse cette ruine totale et ce définitif échec de sa personne. Le germe d’éternité qu’il porte en lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort. »

     Ces mêmes évêques affirmèrent aussi : « L’Église croit que le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l’homme, par son Esprit, lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation. » Ainsi, c’est en restant lucides sur notre propre peur tout en mettant notre foi en Jésus mort et ressuscité, que nous devons accueillir la question posée au sein de notre société : peut-on aider activement une personne à mourir ? Peut-on demander à quelqu’un d’aider activement à mourir ? En osant regarder la mort avec Jésus, le Christ, nous pouvons amorcer une réponse.

« Notre sœur la mort »

     Chaque année, le 2 novembre, la liturgie invite à commémorer les fidèles défunts. Tout au long du mois de novembre, nous prions plus intensément pour eux. Cette prière ravive parfois notre souffrance, elle redit aussi notre foi pleine d’espérance : la mort est un passage, le passage le plus important depuis notre venue à la vie. Pourquoi prions-nous pour les morts sinon parce que nous croyons que la mort est un passage de la vie en ce monde à la vie éternelle avec Dieu ? Nous prions parce que nous voulons que nos défunts connaissent le bonheur éternel. Car, nous le savons, l’âme est « spirituelle et immortelle » et « le désir du bonheur s’accomplit dans la vision et la béatitude de Dieu ». Ce passage, nous le regardons comme l’ultime « pâque » de nos vies. Ce passage est éclairé par la Pâque de Jésus : Il est tout entier passé de la mort à la vie. Sa résurrection l’atteste pleinement. C’est pourquoi saint Paul peut affirmer : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur » (1 Co 15, 17).

 

     Saint François d’Assise termine son ode à la Création en osant chanter : « Loué sois-tu pour notre sœur la mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper. » Même si notre société cache la mort et la regarde peu en face, celle-ci est la compagne de nos vies et nous rappelle fraternellement son issue. En Jésus-Christ, « premier-né d’entre les morts » (Col 1,18 ; Ap 1,5), la mort devient bienheureuse. « Dans le Christ, tous recevront la vie », enseigne saint Paul (1 Co 15,22). Telle est la magnifique espérance chrétienne. La mort, nous l’évoquons souvent, à chaque fois que nous prions le Je vous salue Marie : « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous […] maintenant et à l’heure de notre mort. » Les auteurs spirituels disent qu’il y a deux jours importants dans notre vie : l’aujourd’hui et celui de notre mort. À la lumière de l’Évangile, ces deux moments acquièrent une belle densité. Chaque matin, il est beau de dire au Seigneur « me voici », comme la bienheureuse Vierge Marie au jour de l’Annonciation : « Fiat, que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1,38). Chaque soir aussi, au seuil de la nuit comme au seuil de la mort, il est également beau de dire avec le vieillard Siméon, tout à la joie de la rencontre avec son Sauveur : « Maintenant, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix … » (Lc 2,29).

La science et la foi contre la douleur et la souffrance

     Déjà en 1965, le Concile Vatican II, confiant dans les progrès de la science, remarquait : « Toutes les tentatives de la technique, si utiles qu’elles soient, sont impuissantes à calmer l’anxiété de l’être humain : car le prolongement de la vie que la biologie procure ne peut satisfaire ce désir d’une vie ultérieure, invinciblement ancré dans son cœur. » Aujourd’hui, la science médicale a progressé. Non seulement, elle permet des avancées dans le soin, mais elle est aussi de plus en plus capable de soulager la douleur physique et, parfois, psychique. L’Église salue ces progrès lorsqu’ « on veut simplement atténuer la douleur de manière efficace en recourant aux analgésiques, dont la médecine permet de disposer ». Cela peut contribuer à atténuer des souffrances existentielles et même spirituelles. Le développement des soins palliatifs est un gain important de notre époque. D’une manière très heureuse, ces soins allient compétence médicale, accompagnement humain grâce à une relation de qualité entre équipe soignante, patient et proches, et respect de la personne dans sa globalité avec son histoire et ses désirs, y compris spirituels.

     Grâce à ces soins, les familles peuvent mieux accompagner ceux qui, dans des circonstances douloureuses, s’approchent du grand passage de la mort. Nous encourageons la recherche et le développement des soins palliatifs afin que chaque personne en fin de vie puisse en bénéficier, aussi bien à son domicile que dans un EHPAD ou à l’hôpital. Chers frères et sœurs, il est bon que chacun de vous s’informe sur les soins palliatifs pour bien accompagner l’un de vos proches qui en aurait besoin. Dans certains cas cependant, la souffrance paraît insupportable, en particulier quand les traitements semblent impuissants. Il arrive aussi qu’une maladie incurable plonge la personne dans une angoisse ou un mal de vivre auxquels elle veut mettre fin. Notre foi est alors mise au défi de ces situations qui soulèvent des interrogations légitimes.

     L’ « aide active à mourir » permettrait évidemment de supprimer toute souffrance, mais elle franchirait l’interdit que l’humanité trouve au fond de son être et que confirme la Révélation de Dieu sur la montagne : « Tu ne tueras pas » (Ex 20,13 ; Dt 5,17). Donner la mort pour supprimer la souffrance n’est ni un soin ni un accompagnement : c’est au contraire supprimer la personne souffrante et interrompre toute relation. C’est « une grave violation de la Loi de Dieu ». C’est une grave transgression d’un interdit qui structure notre vie sociale : nos sociétés se sont organisées en restreignant toute atteinte à la vie d’autrui. Pratiquer l’ « aide active à mourir » est et sera la cause d’autres souffrances, en particulier celle du remords et de la culpabilité qui rongent insidieusement le cœur de l’être humain ayant consenti à faire mourir son semblable, jusqu’à ce qu’il rencontre la miséricorde du Dieu Vivant.

 

Le choix de la fraternité

 

     Notre foi nous convie à une autre attitude : par elle nous choisissons l’accompagnement, envers et contre tout. La fraternité du bon Samaritain qui prend soin de son frère « à demi-mort » nous inspire ce chemin (Lc 10,33-35). La fraternité invite à nous entraider pour garder la force d’accompagner avec délicatesse, fidélité et douceur. En lien avec les équipes soignantes, nous pouvons vivre cet accompagnement avec patience. L’agonie, c’est-à-dire les derniers moments de la vie, peut être plus ou moins longue, plus ou moins apaisée, plus ou moins dramatique. La tradition chrétienne connaît des gestes variés pour l’accompagner de manière humaine, vraiment fraternelle : les psaumes, la prière commune, mais aussi le fait de rester près d’une personne en fin de vie, sans se lasser. L’accompagnement, pour alléger la douleur, peut aller jusqu’à la sédation. Cette sédation est souvent intermittente et doit être proportionnée.

     De façon rare, l’équipe soignante peut estimer juste d’accueillir la demande d’un patient de recevoir une sédation continue jusqu’au décès ou bien de l’envisager avec les proches, lorsque le patient ne peut plus exprimer sa volonté. Il ne s’agit pas alors de donner la mort mais d’apaiser la souffrance. Ces décisions, toujours collégiales, doivent être prises dans un échange délicat avec les proches, notamment pour laisser le temps de vrais adieux, autant que possible. Il est alors beau « de “savoir demeurer”, de veiller avec ceux qui souffrent de l’angoisse de mourir, de “consoler”, c’est-à-dire d’être avec dans la solitude, d’être une présence partagée qui ouvre à l’espérance. » Il est beau de préparer le malade à voir Dieu. La présence de l’aumônier est importante. Quand cela est possible et correspond à la situation religieuse du patient en fin de vie, la célébration des sacrements de la Réconciliation, de l’Onction des malades et de l’Eucharistie est une étape très belle. N’oublions pas la communion reçue en viatique, c’est-à-dire au moment du passage vers le Père : elle est plus que jamais « semence de vie éternelle et puissance de résurrection ». Et en tous les cas, la prière auprès d’un mourant, même silencieuse, n’a pas de prix pour nous qui croyons en « la communion des saints ».

Le baptême, source de vie

     Frères et sœurs, mettre la main sur la durée de notre vie, choisir l’heure de notre mort, s’en faire le complice, c’est revenir sur l’engagement pris en notre saint Baptême. En lui, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection de Jésus afin que, comme lui, nous vivions une « vie nouvelle » (cf. Rm 6,3-4). Par le Baptême, nous sommes purifiés et consacrés dans l’Esprit Saint pour offrir avec Jésus, chaque instant donné par Dieu durant notre vie sur la terre. La vie nouvelle des disciples de Jésus est celle de « l’amour » (cf. Rm 13,8-10), amour pour Dieu et pour notre prochain (cf. Mt 22,36-40). Se préparer à la mort, c’est, avec la grâce de Dieu, aimer et grandir dans l’amour pour Dieu et pour nos frères et sœurs. « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour », selon le mot de saint Jean de La Croix qu’aime répéter le pape François. Ainsi, notre Baptême est la vraie source de nos « directives anticipées », qu’elles soient écrites ou simplement transmises oralement à une « personne de confiance ». Il est bon de nous entraider à vivre, de nous faire mutuellement confiance pour être encouragés à vivre jusqu’au bout dans la dignité des enfants de Dieu. Nous nous engageons à réfléchir à nos directives anticipées personnelles pour que notre mort ne soit ni volée ni imposée à Dieu, et nous vous invitons à en faire de même.

     Nous voulons que notre mort soit, grâce à l’Esprit Saint, grâce à la présence des frères et sœurs, grâce à l’accompagnement de la médecine, un passage offert librement où nous remettrons avec gratitude à notre Père des cieux tout ce qu’il nous aura donné. Nous voulons avec son Fils, Jésus, participer à l’offrande du monde, encore souffrant, pour son salut et la gloire de Dieu, en lui offrant tout l’amour vécu ici-bas. Nous voulons qu’elle soit en esprit et en vérité l’ultime pâque à l’image et ressemblance de la Pâque de Jésus. Nous voulons qu’elle soit un acte de confiance en l’infinie miséricorde de notre Dieu plus grand que tout. Pour cela, comprenons bien la place essentielle de « l’intention » dans les décisions médicales en fin de vie. L’intention est-elle de soulager la souffrance trop dure en ménageant les instants encore à vivre, même si cela peut abréger les jours du malade ? Ou bien l’intention est-elle d’anticiper la mort pour en finir avec la souffrance ? Dieu dit : « Choisis la vie ! » (cf. Dt 30,19). Aidons-nous mutuellement, en écoutant l’avis des soignants, à discerner entre ce qui est soin, hydratation et nourriture dus au malade, même si la mort devient certaine, et ce qui pourrait être acharnement thérapeutique vain et source de souffrance inutile. Oui, aidons-nous à discerner les choix de vie tout en consentant à la mort qui vient.

La solidarité humaine

      Légaliser le suicide assisté ou l’euthanasie, appelés par euphémisme « aide active à mourir », est une proposition récurrente face à la mort, ou plutôt au désir de mourir. Présentée comme une ouverture voire un progrès, elle a l’apparence d’une liberté plus grande de chaque personne qui, dit-on, a le droit de choisir sa mort en raison de son autonomie. Elle ne nuirait en rien aux autres, est-il ajouté, puisque personne n’y serait obligé. L’envisager ainsi, c’est oublier la dimension éminemment sociale de la mort, et la solidarité humaine qui en découle. Qu’on le veuille ou non, le choix individuel du suicide assisté ou de l’euthanasie engage la liberté d’autrui convoqué à réaliser cette « aide active à mourir ». Il brise de façon radicale l’accompagnement fraternel prodigué ; il transforme profondément la mission des soignants. Il ruine la fécondité du symbole du bon Samaritain qui inspire l’amour, socle d’une « société digne de ce nom ». Vivre la mort comme un choix individuel, à faire ou à ne pas faire, est inhumain. Nous sommes tous des êtres en relation, heureux de nous confier les uns aux autres.

     C’est dans la confiance en autrui que chacun peut envisager sa mort. Peut-on imaginer ce que vivraient profondément des enfants dont le père ou la mère déciderait que soit mis fin à sa vie ? Que signifierait pour un fils ou une fille de décider ce moment pour sa mère ou son père ne pouvant plus s’exprimer, ou même simplement y contribuer ou refuser d’y contribuer ? Face à la pression que susciterait la possibilité de choisir de mourir, quelle serait la liberté intérieure réelle d’une personne fragilisée par la maladie ? Par ailleurs, comment d’éventuels désaccords familiaux seraient-ils vécus ? Même si un dispositif réglementaire régulait le processus de décision pour choisir sa mort, des proches désunis pourraient-ils trouver la paix du cœur ? Comment ne pas être très attentifs à la situation des personnes atteintes d’un mal incurable, sans être en fin de vie à court terme ? Se voir diminuer est parfois insupportable. D’aucuns réclament de mourir en exprimant le désir de ne pas devenir un poids pour leurs proches. Céder à leur désir peut être présenté comme un acte de fraternité, et en tous les cas, de respect individuel. Cependant, la demande suffit-elle à justifier la solution de la mort ? De plus, le désir de quelques-uns doit-il conduire notre société à proposer la mort à toutes les personnes incurables ? Que vivront-elles si, plus ou moins explicitement, leur est présentée la possibilité de demander à être aidées à mourir ?

     La dynamique entière du soin en serait gravement déviée. Légiférer en ce sens signifierait imposer à tous de faire un choix individuel. Cela éloignerait de la véritable liberté qui grandit dans la relation et qui suppose d’assumer ce que nous sommes en vérité, des êtres mortels qui ne s’appartiennent pas. Le fait même de proposer un tel choix accentuerait le mal-être de notre société et enfoncerait un peu plus notre humanité dans l’individualisme mortifère. Pour nous, chrétiens, ce serait s’éloigner du dessein sauveur voulu par Dieu : « Rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11,52). Nous le comprenons, notre foi et notre charité sont et seront sollicitées. Foi et charité éclairent notre chemin et guident nos pas face à la mort et à l’accompagnement dû aux mourants. Elles demandent aussi d’éviter les jugements incompatibles avec le respect dû à chaque personne humaine. Elles donnent le courage de recommencer sans cesse à construire une fraternité, avec la grâce de Dieu et l’aide de la communauté.

L’aide active à vivre

     Nos paroles seront peut-être de peu de poids face aux opinions apparemment dominantes. Pourtant, bon nombre de nos concitoyens s’interrogent devant la question radicale de la mort : « Ô mort, où est ta victoire ? » Ils voudraient tellement que la victoire soit à la vie ! Notre engagement à être ensemble serviteurs de la vie est la réponse à l’appel que Jésus nous adresse en proposant l’attitude du bon Samaritain : « Va, et, toi aussi, fais de même » (Lc 10,37). Sans doute avons-nous à examiner les modalités de la prise en charge personnelle et collective des personnes âgées, afin de leur proposer les meilleures conditions d’une fin de vie digne et d’une bonne approche de la mort. Il serait bon de nous instruire les uns les autres, de nous aimer en vérité et, osons le dire, de nous préparer, sans crainte, à bien mourir. Il convient que chacun se prépare à la maladie et à la mort. On ne le fait pas en s’angoissant, en imaginant le pire, mais en apprenant à profiter de chaque instant pour se rapprocher de Dieu et des autres. Demandons la grâce de comprendre qu’être dépendant n’est pas une déchéance : la condition humaine est belle dans le fait même que nous sommes dépendants les uns des autres. Il y a des moments dans la vie où chacun donne beaucoup, et d’autres où chacun a à recevoir avec reconnaissance.

Gratitude et espérance

      À ceux qui sont au service de la fin de vie de personnes fragilisées, que ce soit à court terme ou à moyen terme, qu’elles soient âgées ou non, qu’elles soient peut-être des jeunes ou des enfants, nous voulons redire les mots de saint Paul en conclusion de sa prédication sur la résurrection : « Mes frères bien-aimés, soyez fermes, soyez inébranlables, prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur, car vous savez que, dans le Seigneur, la peine que vous vous donnez n’est pas perdue » (1 Co 15,58). Nous vous invitons à faire vôtre ce grand chapitre 15 de la Première Lettre aux Corinthiens sur la résurrection du Christ et sur la résurrection des morts. Nous vous invitons à le méditer en priant l’Esprit Saint de donner à notre société la joie de choisir la vie, de choisir l’aide active à vivre et à bien mourir. Nous vous confions cette Parole de Dieu « afin que vous débordiez d’espérance » (Rm 15,13). « Rendons grâce à Dieu qui donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » (1 Co 15,57), exhorte saint Paul. Nous rendons grâce pour les soignants, les aidants, les aumôniers des hôpitaux et des EPHAD, pour le personnel dévoué, les bénévoles et les visiteurs bienfaisants de nos parents et amis en établissements de santé, et pour les frères et sœurs qui tiennent la main de ceux qui nous quittent, souvent en leur demeurant proche dans le silence. Tous contribuent à la victoire de la paix ! Combien de témoins nous révèlent la fécondité de l’attention aux mourants pour que la paix advienne dans leur âme, et aussi dans le cœur de leurs proches !

     Au cours de notre assemblée à Lourdes, nous prions le Seigneur des morts et des vivants pour qu’il accorde à tous et à chacun, à ses fils et ses filles bien-aimés unis par le Baptême à Jésus ressuscité, à tous nos frères et sœurs en humanité, un surcroît de sagesse et aussi la grâce d’une « bonne mort ». « Pour un chrétien, dit le pape François, la bonne mort est une expérience de la miséricorde de Dieu, qui est proche de nous aussi dans ce dernier moment de notre vie. » Il ajoute : « Que saint Joseph nous aide à vivre le mystère de la mort de la meilleure manière possible. » Ici, nous prions le Seigneur pour vous et, plus spécialement, pour ceux qui sont confrontés à une fin de vie souffrante. Nous prions, conscients de ce que le grand débat sur la fin de vie peut faire résonner au plus profond de chacun de nous. Que la Vierge Marie obtienne pour tous le don caché de l’Esprit Saint qui fait discerner la beauté de la vie et la grandeur de la fraternité.

À Lourdes, le 8 novembre 2022

Les évêques de France.

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