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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 13:33

 

      Une vidéo proposée par la pastorale de l'enseignement catholique du Lot et Garonne, pour vivre la semaine Sainte à la maison. L'épisode de ce jeudi Saint avec les scouts Laure-Hélène, Gaspard, Cloé, Domitille, Anne, Martin, Patrick, Loïc, Sixte, Héléna et Johanna. Merci à eux .

 

"Aimer, c'est tout donner, et se donner soi-même."

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 15:42

 

Jésus serviteur

Méditation pour le Jeudi Saint

 

        Chez Jean, le lavement des pieds remplace l'institution de l'Eucharistie décrite dans les synoptiques. Le lavement des pieds est le témoignage d'un amour absolu. Et Jésus demande de répéter son geste. C'est une expression ritualisée du don de soi : « Vous devez vous aussi, vous laver les pieds les uns aux autres »(Jn 13, 14). Cela rappelle le « Faites ceci en mémoire de moi » de l'institution de l'Eucharistie. Aujourd'hui nous vivons toujours de ce geste unique, de ce soir unique dans l'histoire des hommes, de ce sacrifice unique et de ces paroles comme un testament : « Comprenez-vous, ... vous devez vous laver les pieds,... Faites-le vous aussi. »

 

Le don du Fils


« Comprenez-vous ? » (Jn 13, 12).


C’est une invitation à comprendre le mystère de Dieu alors qu’il s’agit du mystère insaisissable. Jésus nousrévèle, par le geste du lavement des pieds, qui est Dieu. Dieu se met à genoux, Dieu se met à nos pieds. Dieu se fait serviteur. Toute la vie de Jésus est résumée dans ce geste. En lui tout est grâce, tout est don, et tout est action de grâce. Parce qu'il est le Fils, il n'a rien, il n'est rien, qu'il ne reçoive du Père et qu'il ne lui rende dans l'action de grâce.

Les paroles qu'il dit, les gestes qu'il fait, gestes de guérison, de pardon, il ne se les attribue pas. Il en rend grâce au Père : « Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé » (Jn 7, 16). « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu'il voit faire du Père » (Jn 5, 19). Toute sa vie, toute sa joie, c'est de se recevoir du Père.

 

L'Eucharistie, l'action de grâce, c'est alors en retour, toute la vie de Jésus, toute son activité, tout son ministère consacré à dire cet amour du Père, sa proximité, son pardon offert. Pour Jésus la moindre rencontre est Eucharistie. S'il tend la main à la Samaritaine, s'il guérit l'aveugle-né, s'il nourrit la foule affamée, c'est bien pour rendre au Père ce qui lui appartient. La mission prend racine dans l'action de grâce, elle est déjà Eucharistie. Et c'est là l'unique projet de Jésus, jusqu'à prendre le risque d'affronter nos refus, toutes nos forces de mort, jusqu'à prendre le risque d'être supprimé, mis à mort. Le risque de la mort, librement et lucidement encouru par Jésus, nous dit sa consécration, nous dit jusqu'où il se consacre à l'amour du Père.

 

Le sens du lavement des pieds


Et c'est bien là le sens de ce geste du lavement des pieds, dans un repas d'adieu juste avant qu'on mette la main sur lui. Ce n'est pas le geste d'un instant : c'est le résumé, la récapitulation, la ressaisie de toute une vie, dont tous les instants ont été donnés, livrés.
« Vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jn 13, 14).
Ce thème de Jésus serviteur inspire de nombreuses actions, aujourd'hui. L'Eucharistie est le lieu par excellence où chacun est appelé à donner sa vie. Je pense aux médecins, aux infirmiers, aux aides-soignantes qui en ce moment se dépensent sans compter et parfois au risque de leur vie pour soigner d’autres personnes. Ces témoignages reflètent quelque chose du geste de Jésus. Ils disent comment nous essayons d'inscrire dans notre vie d'hommes et de femmes le don, la consécration, le partage. Nous n'avons pas à faire des acrobaties pour mettre l'Eucharistie dans notre vie : l'Eucharistie, c'est notre vie. « Faites-le aussi » (Jn 1 », 15). Et faire tout ce que signifie ce geste, tout ce qu'il résume, tout ce dont il est porteur : cette vie de don de soi et de partage. C'est bien tout cela qu'il nous faut vivre en mémoire de Jésus, comme son mémorial, comme une façon de le rendre présent au long des siècles.

 

L'humilité de Dieu


Le mot humilité paraît désuet, anachronique, en notre temps et dans une société où seules comptent la performance, l'arrogance, l'excellence. L'humilité, c’est faire l'objet d'aucune considération, c'est faire des gestes simples. « Jésus se lève de table, dépose son manteau et prend un linge dont il se ceint. Il verse ensuite de l'eau dansun bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il est ceint » (Jn 13, 4-5). Par ces gestes simples, Jésus vient nous guérir de la tentation de nous donner de l'importance, de la tentation de décider quelles sont les choses, les relations, les responsabilités qui sont dignes de moi. Jésus est « sorti de Dieu » et il se fait pourtant serviteur. Il n'y a pas de petit geste quand on a le cœur plein d'un grand projet d'amour. Notre Dieu est un Dieu qui se préoccupe du détail. Il est le Dieu de l'immédiat, des choses quotidiennes. Jésus, le sauveur du monde, vient s'insérer, s'enfouir dans la banalité de nos vies quotidiennes.

 

Quelques pistes pour la prière

* Prier pour des malades que nous connaissons et que nous ne pouvons pas, hélas, visiter en raison des règles de confinement ;
* Prier pour les soignants que nous connaissons ;
* Murmurer longuement trois phrases essentielles du lavement des pieds: « Comprenez-vous ?... Vous devez vous laver les pieds les uns aux autres... Faites-le vous aussi. »

 

                                                                                   + Hubert Herbreteau
                                                                                     Évêque d’Agen

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 13:05

Jésus, le crucifié

 

 

Méditation pour le mercredi saint

 

 

La religion chrétienne n’est pas une religion qui nous évade du réel de l’existence. Le Mystère de la Passion de Jésus a toujours été d’une grande importance dans la foi de l’Église, dans sa réflexion théologique, dans sa spiritualité, dans la dévotion populaire.

 

Pendant la Semaine Sainte, les chrétiens aiment entendre les grands récits évangéliques de la Passion. Le chemin de croix reste une pratique populaire et suivie par beaucoup de gens. Ici où là, on joue la Passion, sous forme théâtrale. Au cours des siècles, des œuvres d’art représentent le Christ défiguré, souffrant (par exemple, le dévot Christ de Perpignan, du XIV e siècle).

 

Cet accent mis sur la Passion fait comprendre que le message chrétien n’oriente pas vers des rêves inconsistants. La religion chrétienne ne nous réfugie pas dans un monde idéal. Est-il nécessaire de s’attarder autant sur la Passion et la mort de Jésus ? On pourrait penser que le plus important est plutôt de parler de tout ce qui annonce le triomphe de la mort dans la vie publique de Jésus. Les scènes douloureuses ne devraient-elles pas être estompées et laisser place aux aspects positifs de l’existence de Jésus ? Parler de la Passion de Jésus est incontournable. C’est en effet respecter les réalités de l’existence au cours de laquelle il y a parfois échec et souffrance.

 

Le signe d’identité du chrétien

 

On se demande par quel étrange retournement les chrétiens ont-ils pu faire d’un châtiment honteux, destiné aux esclaves, le « signe » glorieux de leur identité.

 

 

Tout commence par une réaction scandalisée : Dieu s’est abaissé à ce point ? La croix est folie pour quelqu’un qui ne partage pas la foi chrétienne. Seule la foi, précisément, permet de dire que le visage du crucifié « rayonne l’éclat de la lumière éternelle » (Guerry d’Igny). Seul l’amour reçu permet de lire sur le bois le signe de l’Amour donné pour nous, misérables et pécheurs. Ce n’est donc pas le bois que l’on adore, ce n’est pas la souffrance morbide qui est exaltée, mais l’arbre de vie, le trône de l’Agneau, l’alpha et l’oméga de la miséricorde divine.

 

Il nous faut descendre avec le Christ dans l’abîme du Golgotha, contempler ce Dieu devenu « la risée du monde », considérer l’Homme que l’on bafoue, l’Innocent que l’on condamne, le Juste que l’on assassine.

Devant Jésus crucifié, le jeune Karol Wojtyla écrivit ce poème qui traduit bien ce qu’est la contemplation de Jésus crucifié : « Tu t’es épuisé mortellement/ Ils T’ont mortellement détruit./ Cela s’appelle la Miséricorde./

Et pourtant tu es resté beau,/ Le plus beau des enfants de l’homme./ Une telle beauté ne s’est jamais reproduite./ Oh, quelle beauté difficile !/ Cette beauté s’appelle Miséricorde. »

En lisant La pierre d’achoppement de Mauriac, je découvre aussi ce passage magnifique : « Tous les raisonnements ne peuvent rien contre cette évidence que le Christ, en termes clairs et réitérés, se détournent de ceux qui crient : “Seigneur ! Seigneur !” Et n’accomplissent pas sa volonté : cette volonté que nous soyons crucifiés avec lui. Évidence faite pour nous vouer au désespoir, si en fait chacun de nous n’était plus crucifié qu’il ne le sait lui-même. Si vous cherchez dans chaque homme la croix à la mesure de sa destinée, vous finirez toujours par la trouver. En chacun de nous, une croix grandit en même temps que nous-mêmes, et c’est être sauvés que de s’y étendre enfin de gré ou de force avant notre dernier souffle » (Œuvres autobiographiques, La Pléiade, p. 328).

 

Ne pas sombrer dans le dolorisme

 

Il existe pourtant un risque : c’est celui du dolorisme et d’une certaine complaisance au sujet de la souffrance. De là viennent certaines réticences à parler de la croix et de la Passion. Les chrétiens héritent d’une longue histoire et d’une conception parfois ambiguë de la souffrance. C’est pourquoi nous devons nous efforcer de présenter l’unité indissoluble de la Passion et de la Résurrection.On a souvent présenté Passion et Résurrection sous forme de contraste : la Passion serait une défaite, la Résurrection serait une victoire ; la Passion serait humiliante, la Résurrection serait glorifiante. Les évangiles présentent autrement Passion et Résurrection : la Passion n’est pas une défaite mais un combat victorieux.

 

Quelques pistes pour la prière

 

Le bois mort est devenu arbre de vie. Le bois sec est un bois vert, merveilleusement fécond en branches, en feuilles et en fruits comme le représente la mosaïque absidale de Saint-Clément de Rome. La croix, instrument de supplice affreux et dégradant est croix transfigurée. Le signe de la condamnation devient celui de la grâce et du pardon. Le symbole de la faiblesse devient celui de la force toute puissante, dépourvue de toute violence.

La croix est faite d’un axe vertical et d’un axe horizontal. Le corps du Christ est écartelé entre ciel et terre. La croix est signe de la réconciliation qui va de Dieu aux hommes et des hommes aux autres hommes. Dieu se donne à l’homme et aime l’homme jusqu’à mourir. En Jésus, c’est l’homme qui se tourne vers le Père dans un don total de lui-même. Toute la circulation de vie qui renaît entre Dieu et les hommes passe par ce corps meurtri.

                                                                                                        + Hubert Herbreteau
                                                                                                            Évêque d’Agen

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 13:28

 

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 13:10

 

Une vidéo proposée par la pastorale de l'enseignement catholique du Lot et Garonne, pour vivre la semaine sainte à la maison. Un épisode pour chaque jour de la semaine... A suivre, et à partager sans limite !

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 13:05
Peinture : Jésus et les Apôtres, Rouault

Peinture : Jésus et les Apôtres, Rouault

MÉDITATION POUR LE MARDI SAINT

par Mgr Hubert HERBRETEAU,

ÉVÊQUE D'AGEN

 

Jésus, notre compagnon de route

 

Méditation pour le Mardi Saint

 

L’aventure de notre vie spirituelle est une aventure nommée Jésus. C’est lui, en effet, qui éveille la dimension spirituelle, lui qui libère et met en route. Il est à la fois notre compagnon et notre guide, le chemin et le terme de l’aventure.

 

En ce mardi de la Semaine Sainte, tournons notre regard vers le Christ. Qui est-il vraiment pour nous ? C’est vers sa rencontre que nous sommes en marche.

 

Le dérangeur et le désenclaveur

 

Jésus est « le dérangeur », comme le dit Dostoïevski dans Les frères Karamazov.

 

« Il est la route et il nous déroute » dit saint Augustin. Il est proche et lointain, familier et mystère. Sa rencontre nous introduit dans un mouvement de découvertes inépuisables, toujours renouvelées.

 

Jésus est le « désenclaveur », celui qui nous arrache à nous-mêmes en nous attirant vers lui, qui nous fait quitter nos routines, notre laisser-aller, notre superficialité pour nous lancer à sa suite. Et c’est là toute une aventure.

 

C’est ce qui se passe dans l’amitié véritable. Lorsque l’on se laisse rencontrer par quelqu’un, en le rejoignant là où il est et en lui permettant de se révéler, il se produit un bouleversement. Je pense à un proverbe arabe : « Viens à moi avec ton coeur et je te donnerai mes yeux. » Jésus nous dit en quelque sorte : « Viens à moi dans l’amitié et tu seras illuminé. »

 

Accepter l’invitation de Jésus à le rejoindre, c’est courir le risque d’un bouleversement profond. « Venez et voyez ! » Jésus nous révèle notre propre richesse, car en lui nous découvrons la grandeur de ce que nous sommes. Après sa rencontre avec Jésus, la Samaritaine s’écrie : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait » (Jn 4). Cette femme découvre qui elle est, la vérité de sa vie… Pascal disait : « Nous ne nous connaissons qu’en Jésus Christ. » Et saint Jean-Paul II ajoute : « L’homme qui veut se comprendre lui-même jusqu’au fond, ne doit pas se contenter pour son être propre de critères et de mesures qui seraient immédiats, partiaux, souvent superficiels et même seulement apparents ; mais il doit avec ses inquiétudes, ses incertitudes et même sa faiblesse et son péché, avec sa vie et sa mort, s’approcher du Christ » (Redemptor hominis, n° 10).

 

Jésus est le passant, le passeur et le passage

 

Dans les évangiles, on voit Jésus marchant en permanence : autour du lac de Tibériade, mais aussi au-delà du Jourdain, en territoire païen. Il prend enfin résolument la route vers Jérusalem (cf. Lc 9, 51). Dans un petit livre, L’homme qui marche, Christian Bobin a bien traduit poétiquement cette attitude de Jésus : « Ils sont d’abord quatre à écrire sur lui. Ils ont, quand ils écrivent, soixante ans de retard sur l’événement de son passage. Soixante ans au moins. Nous en avons beaucoup plus, deux mille. Tout ce qui peut être dit sur cet homme est en retard sur lui. Il garde une foulée d’avance et sa parole est comme lui, sans cesse en mouvement, sans fin dans le mouvement de tout donner d’elle-même » (p. 8-9).

 

• Jésus est le passant qui rencontre l’aveugle sur le chemin, la femme cananéenne, le centurion romain et bien d’autres… Il passe dans nos vies et nous prend par la main.
• Jésus est le passeur, celui qui nous fait passer de la mort à la vie, de la tristesse à la joie, de la démission à la mission, de l’enfermement à l’ouverture. Jésus fait passer ses disciples de la tentation de s’installer sur la montagne à une vie plus rude marquée par l’épreuve et la croix.
• Jésus est le passage : « Sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père… » (Jn 13, 1). Il nous invite à nous mettre au service de nos frères, à être « Église en sortie vers les périphéries existentielles ». Jésus nous entraîne dans son passage, dans sa Pâque.

 

Jésus est le révélateur de Dieu

 

Saint Paul le dit de manière vertigineuse : « Dans le Christ sont cachés tous les trésors de la science et de la sagesse de Dieu » (Col 2, 3). En Jésus nous avons accès à toute la richesse de Dieu. Il est le révélateur de Dieu.
Méditons aussi cette parole de Jésus adressée à ceux des « juifs qui croyaient en lui » : « Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. (…) Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même, c’est lui qui m’a envoyé » (Jn 8, 40-42).

 

Quelques pistes pour la prière

 

L’antienne d’ouverture de la messe de ce Mardi Saint : « Montre-moi, Seigneur, ton chemin, conduis-moi par des routes sûres, malgré ceux qui me guettent. Ne me laisse pas à la merci de l’adversaire »

 

La prière de sainte Thérèse d’Avila :
Que rien ne te trouble, que rien ne t'effraie, tout passe,
Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit.
Suis Jésus Christ d'un grand cœur, et quoi qu'il arrive, que rien ne t'effraie.

 

+ Hubert Herbreteau
Évêque d’Agen

 

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PROPOSITION D'UN CHEMIN SPIRITUEL PAR LE SERVICE DU CATÉCHUMAT

 

 

Le SERVICE DIOCÉSAIN DU CATÉCHUMÉNAT  propose pour ce MARDI SAINT un CHEMIN SPIRITUEL avec SAINT JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE (1651-1719)

 

Vous trouverez en cliquant sur le lien ci-dessous un temps de prière pour cette journée et un temps de prière avant le repos de la nuit.

 

Cliquer sur le lien ci-dessous


 
SAINT JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE - Photo du site: https://lasallefrance.fr

SAINT JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE - Photo du site: https://lasallefrance.fr

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 13:05
Image : Ecce homo, Quentin Massy, 1520

Image : Ecce homo, Quentin Massy, 1520

 

 

 

Jésus livré pour nous

 

Méditation pour le Lundi Saint

 

Voici quelques mots pour entrer dans la prière et pour vivre pleinement la Semaine Sainte.

 

Voici quelques mots pour entrer dans la prière et pour vivre pleinement la Semaine Sainte.

 

Sans la Croix, l’événement de la Résurrection de Jésus est inconcevable. On peut dire que sans la Croix la Résurrection est vide. De même, sans la Résurrection la croix est privée de futur et d’espérance. Essayons de nous redire cela en commençant ce temps fort de la Semaine Sainte. Il s’agit de concevoir le Mystère pascal dans sa plénitude et dans son actualité permanente.

 

Plénitude. Le Mystère pascal comporte des éléments indissociables : Passion, mort, Résurrection, Ascension, Pentecôte. Dans le Christ passant à son Père et nous envoyant son Esprit, notre espérance est d’avance accomplie.

 

Actualité. Si tout est accompli dans le Christ, tout reste à faire en chacun de nous et dans toute l’humanité qui fait pèlerinage. Les temps difficiles de l’épidémie que nous traversons où règnent la maladie et la mort, nous le rappellent : notre espérance est-elle tournée vers l’avenir, activement tournée vers un avenir à construire ? Cette épidémie est en quelque sorte un dévoilement, une apocalypse. Et nous rêvons d’« un ciel nouveau et d’une terre nouvelle ». Dès aujourd’hui, il faut continuer à aimer la vie, toute la vie. À l’issue de cette crise sanitaire, il nous faudra revoir nos modes de vies, de relation, et entendre à nouveau la parole du Deutéronome : « Devant toi sont la vie et la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie » (Dt 30, 19).

 

Je vous propose en ce Lundi Saint de méditer sur le verbe livrer si présent dans le Nouveau Testament.

 

• Jésus est livré aux adversaires : « Alors Judas Iscariote, l’un des Douze s’en alla auprès des grands prêtres pour le leur livrer » (Mt 14, 10). La trahison de l’amour livre Jésus. Le Sanhédrin, gardien et représentant de la loi livre le blasphémateur au représentant de César : « Et aussitôt, le matin, les grands prêtres préparèrent un conseil avec les anciens, les scribes et tout le Sanhédrin. Puis après l’avoir ligoté Jésus, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate » (Mc 15, 1).
Pilate lui-même cède à la pression de la foule, excitée par ses chefs : « Après avoir fait flageller Jésus, il le leur livra pour être crucifié » (Mc 15, 15). Jésus est conduit à la mort, livré en raison de l’incompréhension, de la lâcheté, de la méchanceté et de la trahison des hommes.
Jésus est livré injustement comme un malfaiteur. Comme une marchandise.

 

• Jésus lui-même se livre. Si tout s’arrêtait là, la mort de Jésus serait l’une des nombreuses morts injustes de l’histoire, où un innocent tombe à cause de l’injustice du monde.
Mais tout ne s’arrête pas là. La communauté chrétienne naissante, à la lumière de l’expérience pascale, sait qu’il n’en va pas ainsi pour Jésus. Jésus est livré, mais Jésus se livre à son Père par amour pour nous. Cette « livraison » a toute la densité d’une offrande douloureuse.
Saint Paul l’exprime : « Cette vie dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 20). « Suivez la voie de l’amour, à l’exemple du Christ qui vous a aimés et s’est livré pour vous, s’offrant à Dieu en sacrifice d’agréable odeur » (Ep 5, 2).
On peut faire le lien avec une des dernières paroles de Jésus : « Père en tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23, 46) « Et inclinant la tête il livra l’esprit » (Jn 19, 30).
Par cette « livraison », le crucifié prend sur lui le poids de la douleur et du péché passé, présent et futur du monde.
Nous pouvons prier avec la strophe n°2 du chant Ne descends pas dans le jardin : C’est la supplication de Pierre adressée à Jésus (Mt 16, 21-22). « Ne laisse pas lier tes mains, Oh ! Jésus / Ne laisse pas lier tes mains sans dire un mot ! » Et le Christ répond : « Si je ne laisse pas lier mes mains comme un voleur / Qui donc pourra détruire les prisons dont vous souffrez ? / Je laisserai lier mes mains comme un voleur. »

 

• Le Père livre le Fils
C’est la troisième manière de réfléchir au mot « livrer ». Mot qui est repris dans les prières eucharistiques : « La nuit qu’il fut livré » (P.E III). Comprenons bien cette expression ! Ne voyons pas là l’image d’un Père sadique qui envoie son Fils à la mort, mais plutôt l’amour infini, inouï de Dieu. Saint Paul l’exprime bien dans la lettre aux Romains : « Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous accordera-t-il pas toute sa faveur ? » (Rm 8, 32).
Le propre du Père dans le mystère pascal n’est pas de vouloir la mort de Jésus, c’est de lui rendre la vie en le ressuscitant. C’est dans cette « livraison » que le Père fait de son propre Fils que se révèle la profondeur de son amour pour les hommes.
La croix révèle que Dieu est amour. La souffrance du Père n’est que l’autre nom de son amour infini. Elle correspond à celle du Fils crucifié.

 

Quelques pistes pour la prière
• Après le grand discours de Pierre qui rappelle la mort et la résurrection de Jésus, les auditeurs « eurent le cœur transpercé » (Ac 2, 37). Pour nous aider à méditer le récit de la Passion et de la résurrection de Jésus, voici un texte d’un théologien : « Auditeurs et lecteurs modernes du récit, aurons-nous à notre tour “le cœur transpercé” ? (…) Qui pourrait ne être pas touché ? Cette victoire de l’amour sur la violence et la haine est un témoignage rendu à la justice et à la vérité. En termes modernes familiers, avoir le “cœur transpercé”, c’est “craquer”. Craquer, c’est accepter une brisure en nous-mêmes et renoncer à toutes nos défenses, nos résistances et nos blindages. Craquer reprend le sens du vieux mot de contrition qui exprime l’état de celui qui est brisé et broyé. » (Bernard Sesboüé, Croire, Droguet et Ardant, (p. 285).

 

• Nous pouvons regarder une représentation du « Christ aux liens ». Que pouvons-nous faire aujourd’hui pour libérer le Christ de ces liens ? Que pouvons-nous faire pour travailler à ce que tout être humain soit respecté dans sa dignité ?

 

+ Hubert Herbreteau
Évêque d’Agen

 

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 09:44

 

      

 

Chers diocésains,

 

      Nous allons vivre la Semaine Sainte et la grande fête de Pâques. Cette année, en raison de l’épidémie du coronavirus, nous ne pourrons pas célébrer comme d’habitude la fête des Rameaux, le jeudi saint, le vendredi saint, le samedi saint et la solennité de Pâques. Nous sommes obligés de rester confinés dans nos maisons.

Notre foi en Jésus mort et ressuscité doit cependant se manifester de manière vivante et joyeuse.

Cette épidémie suscite en moi trois réflexions.

 

     • La première concerne la notion d’effondrement dont les médias nous parlent souvent. Effondrement dû aux changements climatiques, à la pollution, aux effets désastreux de l’activité humaine sur les êtres vivants… La crise sanitaire conduit aujourd’hui à une décroissance. L’économie mondiale est à l’arrêt. Les agriculteurs, chez nous, ont besoin de main d’œuvre pour récolter fruits et légumes. Et surtout, ils sont dans l’impossibilité parfois de vendre leurs produits. Un effondrement d’un autre type est-il en train de s’amorcer ? Quelles seront les conséquences sur les plus pauvres et les plus vulnérables ?

       Chers diocésains, je pense à ceux qui vont perdre leur emploi, à ceux qui souffrent physiquement et moralement, à ceux qui voient mourir autour d’eux des êtres chers, avec parfois l’impossibilité de les accompagner dans leurs derniers instants.

Je tiens à redire à tous combien je compatis à leur peine. Vous pouvez compter sur ma prière !

 

        • Je voudrais rendre hommage ensuite à tous ceux qui se dévouent pour soigner ceux qui sont malades. Les médecins, les infirmières, le personnel des EHPAD, les pompiers, les forces de l’ordre font mon admiration. Que de générosité ! Ils se dépensent sans compter, parfois au risque de leur vie. Ils donnent, dans notre société, un beau témoignage d’humanité vraie et simple. Qu’ils soient infiniment remerciés !

      Dans la conversation de tous les jours, mais aussi à travers les messages d’amitié que nous recevons, une parole revient comme un refrain : « Prenez soin de vous ! ». C’est la grande leçon à retenir de cette épidémie. Nous devons prendre soin des uns et des autres, dans les épreuves comme dans les moments de tranquilité et de paix.

       Si seulement nous pouvions développer davantage, en ce moment mais aussi après cette épidémie, des attitudes de compassion, de consolation, d’entraide et de solidarité !

 

        • Enfin, la fête de Pâques nous plonge de manière inédite dans la réalité de la mort et de la vie. Nous avons les UNS et les autres à vivre des passages. Ceux que le Christ nous invite à vivre : le passage de la désespérance à l’espérance, de la peur à la confiance, de l’isolement à la communion, de la tristesse à la joie. Non ! Notre existence personnelle et collective ne conduit pas au chaos. Oui ! Les petits gestes du quotidien sont signes que la vie a déjà remporté la victoire sur la mort : attention aux autres, courtoisie, salut cordial, respect, parole amicale, partage fraternel, deux pas faits ensemble, un message de tendresse…

  La fête de Pâques nous invite à suivre le Christ Ressuscité ! Que cette année plus encore que les  années précédentes, la fête de Pâques soit belle et joyeuse au sein de vos familles et de vos communautés !

+ Hubert Herbreteau

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 09:48

 

 

Préambule

 

Chers amis,

Si vous vivez ce temps en famille avec des enfants, j’invite l’adulte qui conduira la prière à lire et à adapter son contenu.

Sur tous, j’implore la bénédiction du Seigneur.

Votre Abbé, Jérôme

 


Ouverture

 

« Père envoie sur moi/nous ton Esprit Saint, afin que je puisse/nous puissions rencontrer Jésus-Christ dans cette Parole qui vient de toi. »

 

A. Lecture de l’Évangile Selon Saint Jean (11,1-45) – 1ère fois

 

- Que l’on soit seul ou en famille, on lit ce passage à haute-voix. On peut choisir la version courte (Jn 11, 3-7.17.20-27.33b-45). Il s’agit du passage en bleu.

 

En ce temps-là,
01 Il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. 02 Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. 03 Donc, les deux sœurs [Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare] envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » 04 En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » 05 Jésus aimait Marthe et sa sieur, ainsi que Lazare. 06 Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. 07 Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » 08 Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » 09 Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; 10 mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » 11 Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » 12 Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » 13 Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. 14 Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, 15 et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » 16 Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » 17 À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. 18 Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, 19 beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. 20 Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. 21 Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. 22 Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » 23 Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » 24 Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » 25 Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; 26 quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » 27 Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » 28 Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » 29 Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. 30 Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. 31 Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. 32 Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » 33 Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, 34 et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » 35 Alors Jésus se mit à pleurer. 36 Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » 37 Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » 38 Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. 39 Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » 40 Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » 41 On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. 42 Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as
envoyé. » 43 Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » 44 Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » 45 Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.


B. Lecture du même passage d’Évangile – 2ème fois


- On relit ce passage lentement, en s’imaginant la scène : les lieux, les personnages, le
son des voix, les odeurs, les mouvements, l’ambiance …
- Si on est en famille, chacun fait cet exercice pour soi-même et un membre de la
famille peut guider la contemplation des autres.
- Après cela, on lit la méditation suivante en prenant du temps pour répondre aux
questions.

 

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Dés le 1° verset, le décor est planté : Il s’agit d’une famille dans la peine, le frère est
gravement malade. Ce sont des amis de Jésus et ils l’envoient chercher.


Qui est en danger de mort ? De qui s’agit-il ? Que veut nous dire ce texte ?
Se préparer au 5ème Dimanche de Carême Service Diocésain du Catéchuménat



Lazare ?
Lazare est le précurseur d’un événement à venir, la mort et la résurrection de Jésus. Le nôtre aussi, celui de notre mort et de notre résurrection puisque nous savons aussitôt qu’il y a une mort qui peut-être comparée à une nuit intérieure (v.10) et que Jésus marche dans la lumière de son Père (v.09). Mais, nous apprenons d’abord (v.08) que les juifs cherchent à lapider Jésus.

 


- Tous les acteurs de ce drame sont là lorsque Jésus arrive aux portes de Béthanie, en trois groupes : 1) Marthe et Marie ; 2) puis leurs connaissances et sans doute parmi eux des juifs dont on nous a dit qu’ils voulaient lapider Jésus. 3) Enfin Jésus et des disciples dont Thomas qui vient pour « mourir », mais à quoi ?

 


- Il y a une première profession de foi : celle de Marthe, en la Résurrection au dernier jour (v. 24). Elle redit la foi commune du peuple élu. Que Jésus dit-il de plus que Marthe ? Il ne s’agit plus d’un futur inimaginable, mais d’un présent : « Je suis la Résurrection et la Vie. »
Ressusciter aujourd’hui, maintenant, pas seulement à la fin des temps comme le proclame Marthe. Re = à nouveau - Susciter = animer, mouvoir. Nous sommes tous appelés à être animés, mus de la vie même de Dieu, aujourd’hui et maintenant. Si cela n’était pas, quelle signification auraient eues les Résurrections opérées par Jésus ?

 


- Il y a ici comme une mise en scène où chaque acteur pose sa question.
       + Marie clame sa foi en son pouvoir de guérisseur. N’est-il donc pas guérisseur ? « Si tu avais été ici ... » (v. 32).
       + Les juifs : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » (v.37) Dans ce reproche, ils disent en négatif que ne pas voir, c’est comme une mort.

 


- Jésus pleure : la montée en tension est à son comble. Nous savons depuis le verset 4 que cette mort servira à la Gloire de Dieu. « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (v.40). Jésus s’en remet totalement à son Père (v.41) il est déjà exaucé. « Lazare viens dehors ! » et celui qui avait été mis au tombeau retrouve son nom (Lazare : Dieu aide), sa liberté, il est délié.

 


Qu’est-ce que la vie, qu’est-ce que la mort, à mes yeux, aux yeux de Dieu ?

 


Dieu fait vivre même les morts : le fils de la veuve de Naïm (Lc 7, 11 et s.), la fille de Jaïre (Lc 8, 40 et s.), Lazare. Pour Dieu la vie n’a pas de frontières. Nous sommes déjà ressuscités. La mort n’est pas la fin, elle s’inscrit dans une trajectoire et nous avons à nous remettre en Dieu pour guérir de toutes les morts. Celles de nos égoïsmes, de nos indifférences, de nos paresses, de nos orgueils, de nos meurtres ...



La mort est un passage et pour les proches, les amis, une grande douleur : « Jésus se mit à pleurer » (v. 35). Mais comme le dit l’apôtre Saint Paul : « Ne pleure pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance » (1 Th 4, 13).

 


- Enfin, « beaucoup de Juifs qui étaient venus ... crurent en lui » (v.45). Ce texte de la résurrection de Lazare nous donne le schéma de la trajectoire de la foi des premières communautés chrétiennes : Gloire de Dieu -> Mort et résurrection -> Gloire de Jésus, Fils de Dieu, Dieu lui-même.

 


De quoi est signe la résurrection de Jésus ?

 


Elle n’est pas seulement signe de la toute puissance de Dieu. La résurrection de Jésus est signe de Dieu parmi nous. Dieu a pris chair (il s’est fait homme) parmi les hommes pour toujours, pour l’éternité, sa présence de Dieu-homme n’a pas de fin. Mais si cela est pour Dieu fait homme, cela sera vrai aussi de chaque femme, de chaque homme, créés à l’image de Dieu.

 

C. Lecture du même passage d’Évangile – 3ème fois

 

- A cette lecture je retiens un mot, une phrase. Je la ‘ruminerai’, la ‘mastiquerai’, la répèterai tout au long de ces jours.

 

D. Conclusion

 

- On dit un Notre Père ou l’oraison suivante : « Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d’imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. Lui qui règne pour les siècles des siècles. Amen »

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 09:51
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Photo Jean-Michel Mazet / La Dépêche, 30/01/2014

Photo Jean-Michel Mazet / La Dépêche, 30/01/2014

 

Un Carême intérieur

 

      De retour de Rome, après une visite ad limina riche et stimulante, me voici confiné pendant quatorze jours à l’évêché.

       Toute la France est confinée : plus question d’aller dans un bar, un hôtel ou à la messe !

      Il y aura de grands dégâts humains, des décès et des souffrances physiques et psychiques. Et le virus n’est pas seulement dans les corps, il est aussi dans notre mental : et si tout allait se bloquer ? Que vont devenir notre économie, nos relations sociales, nos loisirs, nos écoles (fermées jusqu’à nouvel ordre) ? Et, côté religieux, la messe ne peut plus se célébrer. Les chrétiens devront organiser chez eux la lecture méditée de la Parole de Dieu ou d’autres prières.

       Ce redoutable virus fait subir à l’humanité entière une terrible épreuve. C’est comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Nous ne devons pas perdre le moral et, au moins, que cela serve à conforter notre cohésion sociale !

       Quand tout est menacé, tout devient relatif. L’important aujourd’hui est d’endiguer la pandémie. Tout le monde doit se mettre en résistance, devenir solidaires et en bons citoyens effectuer les gestes de prudence nécessaires.

       Nous rêvions de sobriété ? En plein Carême, nous voici amenés à faire un usage raisonné des marchandises. Quand on y pense, un virus est invisible à l’œil et cet organisme vivant microscopique interroge nos modes de vie. Il nous fait mieux prendre conscience de la fragilité de nos existences. Le virus est là, caché, bien installé, efficace. Il fait perdre confiance en toutes choses.

       Certains trouvent que l’on aurait dû anticiper, qu’il manque des masques et des gels hydro-alcooliques, que les hôpitaux sont mal équipés, etc. Ce virus en dit long sur nos comportements et nos peurs.

       Je relisais les premières pages de La Peste d’Albert Camus. Cette belle phrase, par exemple, au sujet de la ville d’Oran où se déroule le récit, mais qui correspond bien à notre situation actuelle, a retenu mon attention : « Une manière commode de faire la connaissance d’une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt. » J’ajoute « comment on y fait preuve de civisme, comment on y est solidaire… »

        Faisons preuve d’une charité inventive, d’une attention à tous, sans perdre notre prudence et notre paix !

                                                                                   + Mgr Hubert Herbreteau

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