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1 décembre 2023 5 01 /12 /décembre /2023 09:05
Noël, une fenêtre qui s’ouvre à l’amour
Un amour attendu : veillez !

 


      En ce premier dimanche de l’Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique. Cette période nous rappelle que nous sommes en marche vers Noël. Avec toute l’Église, nous nous réjouirons de la naissance du Christ Sauveur. Mais la liturgie d’aujourd’hui vient nous rappeler que Noël ce n’est pas seulement un événement du passé. C’est aujourd’hui que le Christ continue à venir dans notre vie. Et l’Évangile de ce dimanche nous annonce qu’il est aussi celui qui reviendra. En ce jour, nous recevons des appels à veiller et à préparer activement ce grand retour.

 

     Cette annonce du retour du Seigneur est une réponse à la prière d’Isaïe (1ère lecture) : « Reviens, Seigneur, pour l’amour de tes serviteurs ». Cette supplication est celle d’un peuple humilié, écrasé, dispersé. Mais quand tout semble désespéré, il y toujours des hommes et des femmes pour rallumer le feu de l’espérance. C’est important pour nous qui vivons dans un monde où le désespoir est plus mortel que jamais. C’est dans ce monde-là que nous sommes envoyés comme messagers de l’espérance.

 

     Celui qui nous fait tenir fermes c’est Jésus lui-même. C’est cette bonne nouvelle que nous annonce l’apôtre Paul. Il nous fait comprendre que l’espérance est pour lui « la mémoire de l’avenir ». Il sait en effet avec certitude que notre avenir c’est le Christ glorieux. Au jour fixé par le Père, il nous introduira dans son Royaume. C’est ce grand retour du Christ que nous attendons dans la foi. Pour communier à la gloire de cette fête, saint Paul nous recommande d’être irréprochables. Nous sommes invités à vivre en communion permanente avec le Christ. Il est là, au cœur de nos vies pour nous accompagner et nous affermir dans la foi.

 

     Dans l’Évangile Jésus insiste très fortement sur cet appel à rester éveillés. Il ne nous demande pas d’être des insomniaques ni de passer des nuits blanches en luttant contre le sommeil. Nous avons le droit de dormir et même de prendre des somnifères si nous en avons besoin. La nuit dont parle Jésus, ce n’est pas celle des horloges. Cette nuit, c’est celle de la désespérance, c’est celle d’un monde qui part à la dérive. C’est quand l’indifférence, l’égoïsme et la violence l’emportent sur l’amour.

 

     C’est dans cette nuit que Jésus nous demande de veiller. Il ne veut pas que nous nous laissions emporter par tous ces tourbillons. Notre horizon c’est celui de Pâques, c’est celui de la victoire du Christ sur la mort et le péché. Ce retour du Seigneur, nous le préparons comme une grande fête. Nous sommes comme des serviteurs qui attendent leur maître en pleine nuit. Il nous faut absolument être prêt à l’accueillir.

 

     À l’approche de Noël, le risque est grand de nous laisser endormir par toutes les publicités, toutes les propagandes qui déferlent sur nous et sur notre monde. Il faut le dire et le redire : Noël c’est d’abord Jésus qui vient. Toutes les crèches sont là pour nous parler de cette venue. Elles nous rappellent que Dieu nous rejoint dans notre nuit. Il se fait « Emmanuel », Dieu avec nous. Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée à tous ceux et celles qui n’en peuvent plus de souffrir de l’exclusion et de la solitude.

 

     Noël c’est Jésus qui vient à notre rencontre. Il est urgent de le remettre au centre de notre vie. La prière, l’accueil de la Parole de Dieu et l’Eucharistie sont là pour nous aider à rester en état de veille. En nous tournant vers le Seigneur, nous apprenons à avoir le même regard que lui sur notre vie et notre monde. Nous savons que nous sommes en marche à la suite de Celui qui est la Lumière du monde. C’est de cela que nous avons à témoigner.

 

     Vivre le temps de l’Avent c’est accueillir le Sauveur qui vient faire naître en nous une grande espérance. Restons éveillés pour ne pas manquer ce grand rendez-vous. Sur ce chemin de l’Avent, le Seigneur est là. Il se fait notre compagnon de route et notre nourriture. Il est Celui qui nous annonce notre délivrance. C’est pour cette raison qu’il nous recommande de rester éveillés et de prier. Chaque matin est une retrouvaille de Jésus Christ et de son Évangile. On reprend la résolution d’être attentifs à Dieu, à notre tâche et aux personnes que nous allons rencontrer. Et surtout, ne lâchons jamais la prière. Grâce à elle, nous pourrons rester éveillés pour ne pas manquer ce rendez-vous.

 

     En ce monde assoupi dans l’injustice et l’indifférence, Seigneur notre Dieu, ne laisse pas le sommeil nous gagner. Dirige nos regards vers Celui qui vient faire fleurir la paix et la vie. Aide-nous à devenir les veilleurs de notre humanité. C’est là, au cœur de notre vie de tous les jours, que nous voulons t’accueillir.

                                                                                          Abbé Jean Compazieu

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27 novembre 2023 1 27 /11 /novembre /2023 14:15

 

 Dimanche 19 novembre 2023

 

« Il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l’un il remit une somme de 5 talents, à un autre 2 talents, au 3ème un seul talent, à chacun selon ses capacités. »

 

      Frères et sœurs bien-aimés, êtes-vous capables de confier tous vos biens à vos serviteurs ? Êtes-vous capables de confier vos biens tout court ? (par exemple par testament ou en se préparant à quitter cette terre)

 

      La parabole des talents (Matthieu 25) nous interroge sur la relation que nous entretenons avec le Seigneur de qui nous tenons tout : Dieu donne, il distribue généreusement… Il ne distribue pas « aveuglement » (« chacun selon ses capacités » dit cet évangile), mais il donne à TOUS, car il fait confiance à tous. Mais nous, comment recevons-nous ? Quelle capacité à nous émerveiller (Waouh ! Merci !) ou au contraire quelle tendance à vouloir plus ? A trouver que c’est ce qu’on mérite ? A jalouser le voisin, la voisine ? Ou encore à encourager des personnes à faire « fructifier ses talents » ?

     Ce week-end, alors que les paroisses catholiques collectent pour l’œuvre du Secours Catholique, le pape nous appelle davantage à tourner nos regards vers les pauvres (qu’ils aient reçu 1 ou 5 talents !)… Pour ne pas qu’ils aient peur d’un « Dieu vengeur », mais qu’ils soient confiants dans l’aide du Seigneur, comme la femme forte (ou « parfaite », ou « capable ») du Livre des Proverbes entendu dans la première lecture…

 

      Celui qui « craint le Seigneur » ou la femme parfaite qui « craint le Seigneur », c’est celui ou celle qui respecte Dieu car il sait que l’on reçoit tout de Lui, et que l’on aura tout à laisser/confier un jour ! Peu importe que l’on ait « peu ou beaucoup » reçu en apparence. Ce qui est sûr c’est que nous avons reçu suffisamment du Seigneur ! Mais qu’en faisons-nous ?

 

      Ce week-end, nous mettons en valeur tous les bénévoles qui aident les autres (les personnes en difficulté ou isolées). Comme chrétiens, nous devons aider sans se glorifier, sans chercher à se mettre en valeur. Aider seul, c’est bien. Mais aider à plusieurs (cf témoignage d’Alain bénévole au Secours Catholique), cela nous permet aussi d’être signe d’une communauté qui réunit ses forces… Être ensemble « des fils de la lumière » (St Paul)

Aujourd’hui, beaucoup de bénévoles de plus de 80 ans se sentent seuls pour aider. Et pourtant des personnes de 20-40 ans aident aussi, mais souvent individuellement. La notion d’appartenance n’est plus la même. Mais ne dévalorisons pas toute personne qui aide son prochain, quelle que soit sa manière de le faire.

 

« Il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l’un il remit une somme de 5 talents, à un autre 2 talents, au 3ème un seul talent, à chacun selon ses capacités. »

 

                                                                                                  Amen.

 

                                                                                                  Père Thibaud

 
 
 
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12 juin 2023 1 12 /06 /juin /2023 13:20
Merci à l'auteur de cette image

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         Dans la première lecture, au livre du Deutéronome, Moise fait en quelque sorte la relecture des événements de l’exode : Dieu a agi en faveur de son peuple, mais quel en est le sens profond ? Quelle est l’intention de Dieu pour son peuple ?
Alors Moise fait mémoire… Il commente l’action de Dieu :
Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue –
Dieu a fait sortir son peuple d’Égypte à main forte et à bras tendu comme dit la bible : Une libération prodigieuse pour le peuple qui devra passer de l’état d’esclavage anesthésiant à l’apprentissage de la liberté.
Au désert, Dieu plonge son peuple dans l’indigence, pour lui faire prendre conscience de son état d’esclavage. Dans l’esclave, la nourriture était devenue le seul but dans la vie pour le peuple... pour subsister malgré tout. Alors au Désert, Dieu va lui donner une nourriture surprenante, inconnue. Le terme Manne vient d’un terme hébreu « Manne-hou » qui signifie : qu’est-ce que c’est ?
C’est cette nourriture unique et surprenante qui va éveiller le peuple à autre chose, à une vie qui pourra avoir un sens. Moise poursuit : 
pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.
Durant les 500 années d’esclavage en Égypte, le peuple à vécu dans la soumission totale sans plus se poser de question : il avait fini par perdre le sens de l’interrogation nécessaire pour diriger librement sa vie.
Le peuple découvre l’action prodigieuse de Dieu. Alors quel est le sens de tout ça, quel est le sens de leur histoire ?
Avec le sens de l’interrogation, le peuple va retrouver le sens du sacré, il va  apprendre à honorer son statut de peuple de Dieu.
Et Moise conclut : N’oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte.
Le peuple a désormais une mémoire, une histoire sans laquelle il ne peut exister.
         Cet épisode de la manne préfigure le sacrement de l’Eucharistie que Jésus instituera 1200 ans plus tard. Mais la manne n’est pas l’Eucharistie, Jésus lui-même le rappelle aux juifs. Il y a pourtant une analogie entre l’aliment et l’Eucharistie, Dieu a choisi le signe de l’aliment pour se donner aux hommes :
  • Nous assimilons l’aliment et notre corps y puise son énergie, c’est par elle que notre corps conserve son unité et que nous restons en vie.
  • Mais avec l’Eucharistie, nous sommes assimilés au Christ, à l’Église Corps du Christ. L’eucharistie est le sacrement qui dépasse celui qui le reçoit : en le recevant, le Christ se donne à nous et nous recevons sacramentellement sa vie (=> pain vivant).  Nous vivons ce sacrement de manière très personnelle.
Mais nous recevons aussi tous le même Corps de Christ, St Paul le souligne dans sa lettre aux corinthiens : Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. L’eucharistie a donc aussi une valeur communautaire : sacrement de communion.
         Les fruits indissociables de l’Eucharistie sont l’unité et la charité. L’Eucharistie rassemble dans l’unité tous les hommes : et si chacun reçoit le Corps du Christ personnellement, l’Église est plus que la somme des fidèles qui la compose, elle est le Corps du Christ, le projet bienveillant de Dieu. Henri de Lubac le dit de manière très synthétique : L’Église fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Église.
Vatican II affirme en plus que l’Eucharistie est la source et le sommet de la vie de l’Église. L’Eucharistie, c’est le trésor que le Christ donne à l’humanité. L’Eucharistie, c’est le sacrement du Don et ce Don c’est le Christ lui-même.
         Alors recevoir ce Don unique nous fait devenir à notre tour des êtres de Don. Déjà Dimanche dernier, notre médiation sur la Trinité nous montrait la place du Don dans les relations en Dieu. Devenir de plus en plus un être de don nous conduit sur la voie de la sainteté. On  nomme aussi justement l’Eucharistie le Saint Sacrement car il nous fait progresser vers la Sainteté.
Aimer le Saint Sacrement, c’est reconnaître dans la foi la présence cachée de la sainteté elle-même, la sainteté de Dieu qui n’est que don ! 
         Adorer le Saint Sacrement est bien plus qu’une dévotion qui peut sembler désuète. Adorer  le Saint Sacrement, c’est vouloir être dans une attitude de don de nous-même, seule attitude juste face au Christ en Gloire. Dans l’attitude de l’adoration, il n’y a plus d’obstacle pour l’action de la grâce, pour recevoir la vie de Dieu en nous.
         Dans l’évangile, face au scepticisme des Juifs : Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? Jésus répond par une affirmation de foi : celui qui mange ce pain vivra éternellement. Alors laissons-nous saisir par ce sacrement si surprenant, il nous conduit à Dieu aussi sûrement que la manne à nourri les hébreux au désert jusqu’à la terre promise.
Amen
P. Pascal Desbois
Dt 8, 2-3.14b-16a ; Ps 147 (147 B), 12-13, 14-15, 19-20 ; 1 Co 10, 16-17 ; Jn 6, 51-58
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6 juin 2023 2 06 /06 /juin /2023 13:15

Souviens-toi !

 

 


        Après le sommet Eucharistique du Jeudi Saint, nous nous retrouvons pour une grande fête de l’Eucharistie, celle du Saint Sacrement, Corps et Sang du Christ. C’est Jésus lui-même qui se donne en nourriture. Il a voulu nous laisser sa présence sous la forme d’un repas. L’Eucharistie est vraiment la nourriture essentielle de notre vie. Le curé d’Ars disait : “Vous n’en êtes pas dignes mais vous en avez besoin”. Les textes bibliques de ce dimanche nous préparent à accueillir ce don de Dieu.

          La 1ère lecture nous ramène au 7ème siècle avant Jésus Christ. Pour le peuple d’Israël, c’est une période de prospérité et d’abondance ; la tentation est grande de croire que cette réussite vient du seul génie des hommes. On se pose la question : “Pourquoi continuer à honorer Dieu alors qu’on est tiré d’affaire ?” Mais la Parole de Dieu vient le rappeler à l’ordre : “Souviens-toi”. La marche dans le désert était un temps de probation. Au cours de cette difficile traversée, Dieu n’a jamais cessé d’être là. Il a multiplié les bienfaits pour assurer la survie de son peuple. Il a fait pleuvoir la manne et jaillir l’eau du rocher. Il a surtout offert sa Parole qui est la nourriture essentielle de l’âme.

      Quand le peuple se nourrit de la manne, il reconnaît que tout vient de Dieu. Nous aussi, nous reconnaissons que nous dépendons de lui. C’est le seul moyen de ne pas devenir esclave d’un autre car le vrai Dieu est libérateur. Nous qui vivons dans un monde indifférent ou hostile à la foi chrétienne, nous devons réentendre cet appel du Seigneur : “Souviens-toi !” N’oublie jamais de te nourrir de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie.

       Dans sa 1ère lettre aux Corinthiens, l’apôtre saint Paul insiste précisément sur l’importance de l’Eucharistie. La bénédiction de la coupe et la fraction du pain ne sont pas que des gestes rituels. Elles ne sont pas non plus une simple évocation des gestes du passé. Sous le signe du pain et du vin, nous communions au Corps et au Sang du Christ ; nous faisons nôtre l’amour de Celui qui a livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour la multitude. Cet amour qui nous unit à lui doit aussi nous unir à tous nos frères. Nous apprenons à les regarder avec le regard même du Christ, un regard plein d’amour et de miséricorde.

       L’Évangile nous propose un extrait du long discours sur le Pain de vie. C’était après la multiplication des pains près du lac de Tibériade. Jusque-là, Jésus avait demandé à ses auditeurs de croire en sa parole. Aujourd’hui, il franchit un nouveau pas dans la révélation de sa personne. Ce pain dont il parle, il dit que c’est lui-même “pain vivant” ; il dit aussi que c’est “sa chair donnée pour la vie du monde”. Il annonce ainsi sa mort qu’il présente comme don de la Vie éternelle au monde.

      Le Pain descendu du ciel c’est donc Jésus lui-même. Sa chair et son sang sont une nourriture qui donne la Vie éternelle. Aujourd’hui comme autrefois, Jésus nous demande de faire un acte de foi. Il faut se nourrir de son enseignement et boire ses paroles. Elles sont celles du Fils qui nous apporte la vie du Père. Mais pour accueillir ce don, il nous faut sortir de nos certitudes et de nos raisonnements humains. Il nous faut avoir un cœur de pauvre, entièrement ouvert à celui qui est “le chemin, la Vérité et la Vie.

      L’Eucharistie est “Pain de vie”. Cette fête d’aujourd’hui doit raviver notre désir de communion avec Dieu pour “demeurer en lui et lui en nous.” Ces jours-ci, quelqu’un disait : “Toute Eucharistie est bien plus forte que tout le mal du monde”. C’est vrai, à chaque messe, nous célébrons le sacrifice du Christ et sa victoire sur la mort et le péché. Nous rendons grâce à Dieu qui ne cesse de nous combler de ses bienfaits. C’est en lui que nous trouvons la vraie joie. Malheureusement, nous sommes trop souvent victimes de la routine alors que nous devrions être dans l’émerveillement. Nous entrons dans l’Eucharistie sans transition, sans préparation. Et nous repartons souvent sans avoir pris le temps d’accueillir Celui qui veut faire en nous sa demeure. Et surtout nous n’avons pas compris que nous sommes envoyés pour vivre la communion.

      Il nous faut aujourd’hui retrouver la force du message de l’Évangile. Quand nous sommes rassemblés pour célébrer l’Eucharistie, c’est vraiment LE moment le plus important de la journée. Malheureusement, beaucoup sont les grands absents : Tout cela n’est pas nouveau. Déjà, au moment où saint Jean écrit son évangile, il souffre beaucoup de la désaffection des communautés vis à vis de l’Eucharistie. Alors, il leur rappelle avec force ce que Jésus avait dit aux juifs d’autrefois : “Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel.”

 

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25 mai 2023 4 25 /05 /mai /2023 14:00
 

    

      « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. »

 

     Frères et sœurs bien-aimés, je pense que vous et moi nous sous-estimons beaucoup la puissance de Jésus sur la terre et au ciel.

Bien sûr, nous savons et nous croyons qu’il a fait des miracles, que l’Évangile dit vrai, qu’il est Dieu, né de Dieu. Nous savons et croyons qu’il est vivant, ressuscité. Nous le chantons ! Mais comment recevons-nous sa parole, sa promesse : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre » ?

 

Jésus de Nazareth est le Christ, le Messie de Dieu. Il est venu pour tous les hommes de tous les temps (la « multitude »). Il a été reconnu sur terre par sa puissance, sa parole qui relève et bouleverse, sa parole qui guérit. Mais surtout il a été reconnu comme Fils de Dieu, envoyé par « son Père ». D’où le développement du Symbole de Nicée-Constantinople : « Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu ».

 

Jésus, le Christ, est venu, et il est reparti. Pourquoi ?... Pourquoi nous a-t-il laissés ? Pourquoi son pouvoir doit-il être différent maintenant qu’il est parti ? En fait, si on y réfléchit bien, son pouvoir pour nous est décuplé depuis qu’il est monté au ciel : avant il n’était qu’à un seul endroit, en Palestine, depuis l’Ascension, et surtout depuis le ministère de l’Esprit à la Pentecôte, Jésus se rend présent partout, et son appel physique, sa présence réelle est vivante à des millions d’endroits en même temps ! Sa Parole est également démultipliée, certes par les livres bibliques, mais par ses prédicateurs, ses catéchistes, ses témoins. Si du moins, ils ne s’annoncent pas eux-mêmes, mais bien le Christ et son amour éternel et infini.

 

« Tout pouvoir m’a été donné » : on ne peut pas prononcer cette phrase sans la foi en Dieu le Père qui a donné ce pouvoir à son Fils (par l’Eucharistie, le pardon, la prière et la paix) et sans la crainte de Dieu car nous pouvons donner à Satan du pouvoir par nos péchés, nos manques de foi, nos manques d’espérance, nos manques de courage et de générosité… Cela doit nous attrister. Mais ce n’est pas la faute du Christ ou la preuve d’une quelconque impuissance. Non, c’est l’appel à davantage de foi et d’espérance !

 

Si le Christ est monté au ciel, c’est certes pour nous donner une réelle responsabilité, comme un parent qui doit faire l’expérience de lâcher la main de son enfant pour le laisser marcher tout seul une première fois... Mais c’est bien davantage pour œuvrer en tous lieux par son Esprit et par la foi FILIALE en Lui, son Père et le Saint Esprit !

Ne soyons donc pas découragés, mais bien pleins d’espérance, de foi et de générosité….

 

       « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. »

 

                                                                                              Amen, Alléluia !

 

                                                                                              Père Thibaud de La Serre

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3 mai 2023 3 03 /05 /mai /2023 13:30

 

     Cet Évangile, nous le connaissons bien. Il est souvent choisi pour les célébrations de sépultures. Jésus nous est présenté comme le “chemin”. En lisant ce texte, je pensais à tous ceux qui errent sur les chemins du monde sans savoir où ils passeront la nuit. Beaucoup ont eu une belle situation, un métier, une vie de famille. Puis il y a eu un événement qui a fini par les jeter à la rue. En Ukraine, en Syrie et ailleurs, ce sont des familles entières qui ont quitté leur domicile pour fuir la guerre. Ils sont partis sans savoir où leur chemin les conduira.

     Quand Jésus nous dit qu’il est le chemin, c’est tout autre chose. Il ne s’agit pas d’un chemin d’errance. Il nous annonce le but et l’aboutissement de notre vie. Lui-même est toujours vivant auprès de son Père. En même temps, il nous assure de sa présence parmi nous tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Il est pour nous “le Chemin, la Vérité et la Vie”. Lui seul peut nous conduire auprès du Père. Son grand projet, c’est de rassembler tous les hommes. Il nous prépare une maison dans laquelle tous se sentiront accueillis avec amour.

 

     Ce qu’il nous faut bien comprendre c’est que Jésus ne se contente pas de nous montrer le chemin. Il est lui-même “le Chemin, la Vérité et la Vie.” C’est en lui seul que nous trouvons la plénitude de la vérité. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle. En dehors de lui, nous allons à notre perte. Personne ne peut aller vers le Père sans passer par lui. C’est lui qui nous révèle le vrai visage de Dieu. C’est en regardant vers le ciel que nous redécouvrons le vrai sens de notre vie. Cet évangile est un appel à l’espérance, même si nous sommes “bouleversés” par les incertitudes et les épreuves de la vie. Mais succomber au découragement serait pire que tout. Nous pouvons nous raccrocher aux paroles du psaume de ce jour : “Le Seigneur veille sur ceux qui l’aiment et espèrent en son amour.” Et Jésus est toujours là pour nous redire inlassablement : “Croyez en moi !”

     Ceci dit, ce chemin n’est pas celui de la facilité. Il est étroit, et il nous conduit vers une porte étroite. Notre vie est un combat de tous les jours contre les forces du mal qui cherchent à nous entraîner vers des chemins de perdition. C’est la course à l’argent, la violence, la haine, la rancune. Tout cela nous détourne du vrai but de notre vie. En ce jour, cela vaut la peine de nous interroger : Jésus est-il vraiment notre chemin, notre vérité et notre vie ? Est-ce vraiment lui que nous suivons ? Si ce n’est pas le cas, nous devons réentendre son appel : “Revenez à moi de tout votre cœur… Convertissez-vous et croyez à l’Évangile…”

     Le livre des Actes des Apôtres (1ère lecture) nous montre comment les premiers chrétiens ont suivi ce chemin du Christ. La Parole de Dieu est annoncée aux païens. Les veuves ne sont pas abandonnées à leur triste sort ; elles reçoivent une aide. Le partage des services se met en place. C’est ainsi qu’une communauté se met en route à la suite du Christ. C’est important pour nous aujourd’hui : la parole de Dieu doit être annoncée à temps et à contretemps ; mais les petits, les pauvres et les exclus ne doivent pas être oubliés : il n’est pas possible d’annoncer la bonne nouvelle de l’Évangile à des gens qui ont faim et froid. A travers eux, c’est le Christ lui-même qui nous interpelle.

     Dans la seconde lecture, saint Pierre nous invite à nous approcher du Seigneur Jésus. Nous nous rappelons que dans l’Évangile, il nous parlait de la Maison du Père qui contient de “nombreuses demeures”. Ici, saint Pierre nous dit que Jésus en est “la pierre vivante que les hommes ont éliminée mais que Dieu a choisie parce qu’il en connaît la valeur.” Cette maison dont il parle n’est pas seulement de pierres ou de bois ; c’est une fraternité, une communauté construite par le souffle de l’Esprit Saint. En tant que disciples, nous participons à sa victoire. Nous sommes devenus “la race choisie, le sacerdoce Royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu.”

     Mais il y a un piège que nous devons éviter : le risque serait de nous complaire dans les honneurs, la facilité et l’orgueil. Nous avons une mission urgente : c’est d’annoncer “les merveilles de celui qui nous a fait passer des ténèbres à son admirable lumière”. Il est urgent de montrer à tous que nous savons où nous allons. Nous sommes sur un chemin qui est balisé par l’Évangile de Jésus Christ. Nous avons là un repère essentiel pour notre marche. Dans une de ses audiences, le pape François nous recommandait de le lire chaque jour. La Parole de Dieu est une nourriture indispensable pour notre marche vers le Père.

 

                                                                                    Abbé Jean Compazieu

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13 avril 2023 4 13 /04 /avril /2023 15:15
Réjouissons-nous, Christ est ressuscité
Il nous rassemble ! Alléluia !

 

 

         En ce 2ème dimanche de Pâques, l’Église nous invite à tourner notre regard vers le mystère de la « divine miséricorde ». Parmi les textes de ce jour, seule la seconde lecture, la lettre de saint Pierre nous en parle explicitement. Elle nous invite à louer Dieu qui, “dans sa grande miséricorde… nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus pour une vivante espérance”. Mais en y regardant de plus près, nous voyons bien que cette miséricorde divine transparaît également dans les autres textes bibliques de ce jour. Toute la liturgie de la Parole prolonge la bonne nouvelle de la résurrection par l’amour miséricordieux du Père.

 

       La première lecture nous donne le témoignage de l’Église primitive. Elle ne cesse de s’agrandir dans la force de l’Esprit Saint. Par la bouche des apôtres, le Christ annonce la bonne nouvelle. Il guérit et il chasse le mal. Le même Esprit Saint continue à agir dans l’Église d’aujourd’hui. Il nous précède dans le cœur de ceux qu’il met sur notre route. Comme les premiers chrétiens, nous sommes tous envoyés pour annoncer que le salut en Jésus Christ est là, mais le principal travail, c’est lui qui le fait dans le cœur de chacun.

Avec le psaume 117, nous rendons grâce au Seigneur dont l’amour est éternel. Cet amour est plein de miséricorde. Dieu ne cherche qu’à nous combler, non à cause de nos mérites mais parce qu’il nous aime. Il veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché. Il veut nous faire participer à la joie du Salut. Au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en lui. Alors oui, plus que jamais, nous pouvons chanter et proclamer : “Rendez grâce au Seigneur, il est bon, éternel est son amour.”

 

     L’évangile nous invite à faire un pas de plus dans la découverte de cette miséricorde divine. C’était au soir du premier jour de la semaine, c’est-à-dire le dimanche soir. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient car ils avaient peur ; en raison du climat de haine et de violence qui régnait sur Jérusalem depuis la mort de Jésus, ils craignaient pour leur sécurité. Cette peur, nous la connaissons bien : Dans certains pays, les chrétiens sont massacrés. Ailleurs, ils sont tournés en dérision. Nous vivons dans un monde imprégné par l’indifférence, l’incroyance et la “mal croyance”. Or c’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés pour témoigner de notre foi en Jésus Christ.

     Comme il l’a fait pour les apôtres puis pour Thomas, le Seigneur ressuscité nous rejoint dans nos enfermements. Pour lui, toutes les barrières qui nous enferment, ça ne compte pas. Il est toujours là, et il ne demande qu’à nous rejoindre au cœur de nos vies et de nos déroutes. Il reste Emmanuel, “Dieu avec nous”. Nous avons vu que Thomas a eu beaucoup de mal à croire en cette bonne nouvelle. Pour lui, ce n’était pas possible. Il avait vu Jésus mort sur la croix et enfermé dans son tombeau. Il ne pouvait pas imaginer qu’il ressusciterait. Nous n’avons pas à sourire de son incrédulité. Si nous avions été à sa place, nous n’aurions pas fait mieux.

     Mais voilà que Jésus lui-même rejoint ses apôtres au cœur même de leurs doutes et de leur détresse. Sa première parole est un message de paix. Cette paix, c’est la joie retrouvée, c’est la miséricorde et le pardon, c’est la réconciliation. Au moment de les envoyer en mission, il veut les libérer de cette angoisse qui les obsède. Il veut leur redonner force et courage car ils auront une longue route à parcourir. Ils seront envoyés pour annoncer au monde entier que tous sont appelés à se convertir à Jésus Christ et à accueillir la miséricorde qu’il ne cesse de vouloir nous offrir.

     Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes les héritiers de ce témoignage des apôtres et nous sommes envoyés, nous aussi, pour le communiquer autour de nous, dans nos familles, nos lieux de travail et nos divers milieux de vie. Notre foi ne sera vraiment vivante que si elle rayonne. Le Seigneur nous attends dans notre monde, à l’endroit où il nous a placés pour que nous portions du fruit. Il aime réaliser des merveilles dans notre vie ordinaire et rien ne peut nous séparer de son amour.

 

     En ce jour, notre regard se porte une fois de plus vers la première communauté des croyants. Comme eux, nous sommes invités à appuyer notre vie chrétienne sur quatre piliers :

 

– Fidélité à l’enseignement des apôtres pour approfondir notre foi et permettre à la bonne nouvelle de transformer notre vie de baptisés.

– Fidélité à la communion fraternelle pouvant aller jusqu’au partage des biens.

– Fidélité à la fraction du pain et donc à l’Eucharistie.

– Fidélité à la prière, soit à la maison, soit en communauté.

 

Ces quatre fidélités sont nécessaires. C’est grâce à elles que nous pourrons donner le vrai témoignage de notre vie de baptisés.

        Chaque dimanche, le même Seigneur ressuscité rejoint les communautés rassemblées en son nom pour l’Eucharistie. Nous venons “puiser à la Source” de celui qui est l’Amour. Qu’il soit avec nous pour que nous soyons plus courageux dans le témoignage. Qu’il nous garde plus généreux dans la pratique de la charité fraternelle. « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour ». Amen

                                                                                                                     Abbé Jean Compazieu

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6 avril 2023 4 06 /04 /avril /2023 13:30

 

 

     Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine se rend au tombeau de Jésus. Pour elle, c’est un jour de tristesse. C’est souvent le cas dans notre vie quand nous nous rendons sur la tombe d’un être cher. Mais aujourd’hui, il y a une tristesse de plus : ce n’est plus seulement le corps d’un ami qui finit dans la tombe ; c’est l’espérance d’un règne nouveau qui est anéantie.

 

     L’Évangile de saint Jean nous dit qu’il faisait encore sombre ; comprenons bien : ce n’est pas seulement l’obscurité de la nuit. Il veut nous montrer que la lumière est en train de l’emporter sur les ténèbres. Elle chasse la nuit dans laquelle les hommes sont plongés à cause de leur péché. Jésus ressuscité est la Lumière qui luit dans les ténèbres. Cette lumière, rien ne peut l’arrêter ; rien ne peut l’empêcher de briller.

 

     Arrivée devant le tombeau, Marie-Madeleine découvre que la pierre a été roulée. Elle en déduit qu’on a enlevé le corps de Jésus ; elle court prévenir Pierre et Jean. Tous deux arrivent devant le tombeau vide. Ils voient les linges restés sur place et bien rangés. Pierre est perplexe ; mais pour Jean, c’est différent : quelques mots disent sa foi : “Il vit et il crut.” Nous nous rappelons qu’il avait suivi Jésus jusqu’au pied  de la croix ; il avait participé à l’ensevelissement. Il voit bien qu’il n’y a pas de désordre provoqué par une violation de sépulture. Plus tard, Jésus dira : “Heureux ceux qui croient sans avoir vu.”

 

     C’est important pour nous aujourd’hui : nous n’aurons jamais d’autre preuve de la résurrection de Jésus que le tombeau vide. Bien sûr, il y a les apparitions du Christ ressuscité. Les quatre Évangiles nous en donnent le témoignage. Mais aucune de ces preuves n’est vraiment contraignante. Si nous croyons au Christ ressuscité, c’est parce que nous faisons confiance au témoignage des apôtres et à celui des communautés chrétiennes qui nous a été transmis de génération en génération.

 

     La première lecture (Actes des Apôtres) nous rapporte un discours de Pierre après la résurrection. Nous nous rappelons qu’il avait renié son Maître devant de simples domestiques. Aujourd’hui, il ose proclamer la bonne nouvelle de sa résurrection dans la ville de Césarée qui est le lieu de résidence de Pilate et de ses légions. Les mots de ce discours de Pierre sont très audacieux : “Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois de la croix, Dieu l’a ressuscité le 3ème jour.”

 

     Tout cela se passe chez le centurion de l’armée romaine. C’est une manière de dire que le salut est offert à tous, même aux païens. Dieu n’exclut personne. Quelle que soit sa nation ou sa langue, toute personne peut recevoir le salut dans la mesure où elle accueille l’Évangile. Cette bonne nouvelle doit être proclamée à tous les peuples du monde entier. C’est pour tous que le Christ a donné sa vie sur la croix.

 

     C’est aussi ce témoignage de foi en Jésus ressuscité que nous trouvons chez saint Paul dans la 2ème lecture. Cette résurrection n’est pas un simple retour en arrière comme c’était le cas pour Lazare. Paul nous dit qu’il est ” assis à la droite de Dieu”. Il est monté au ciel ; il a reçu l’autorité de la part du Père. C’est un appel pour nous à lever les yeux vers le ciel et à rechercher “les réalités d’en haut”. Si nous croyons en Jésus ressuscité et si nous le suivons, plus rien ne peut être comme avant. Cette résurrection du Christ nous provoque à un renouveau de notre vie, un renouveau de la prière, une joie de découvrir et de vivre l’Évangile.

     Tout cela passe par des décisions concrètes : sortir du “tombeau” de notre égoïsme pour vivre un amour vrai, rouler la pierre du découragement qui nous emprisonne et nous empêche d’aller de l’avant, ne pas nous laisser emporter par la rancune et la vengeance mais faire triompher le pardon et la miséricorde. C’est par notre manière de vivre que nous pourrons montrer que le Christ est vivant et qu’il transfigure ceux et celles qui accueillent sa force de vie.

 

     C’est en vivant ainsi que nous pourrons être porteurs de vie et d’espérance. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur toutes les forces du mal qui cherchent à détruire l’homme. Nous sommes tous appelés à choisir la vie et à nous laisser envahir par l’amour de Dieu. Nous vivons dans un monde où beaucoup souffrent de la guerre, de la violence, de la haine et du mépris des autres. Mais le Seigneur ressuscité ne demande qu’à enlever de nos cœurs cette pierre qui nous enferme dans les ténèbres. Il veut que la lumière de Pâques brille dans le monde entier. En communion avec toute l’Église, soyons témoins de cette bonne nouvelle auprès de tous ceux et celles que nous rencontrons.

 

                                                                                                     Abbé Jean Compazieu

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29 mars 2023 3 29 /03 /mars /2023 13:21
Avec Jésus, passons de la mort à la vie

 

    La liturgie de cette Semaine Sainte nous invite à relire et surtout revivre le récit de la Passion de Jésus. Cette année, nous le faisons dans l’Évangile de saint Matthieu le jour des Rameaux et celui de saint Jean le Vendredi Saint.

 

    Le prophète Isaïe et saint Paul nous présentent Jésus comme le “serviteur” qui se laisse instruire. Lui, qui est la Parole de Dieu faite chair, a accepté de se taire. Il n’a pas résisté aux cris de ses ennemis. Lui, le Fils de Dieu, ne s’est pas dérobé aux outrages qui lui étaient destinés comme à un  esclave.

 

     L’humiliation de la Passion l’a rendu plus proche de tous les malheureux qui n’en peuvent plus. Nous pensons à tous ceux et celles qui sont réduits à la misère, ceux et celles qui sont abandonnés à leur triste sort. Et bien sûr, nous n’oublions pas les très nombreux chrétiens qui témoignent de leur foi jusqu’au martyre. Sur la croix, les bras étendus de Jésus rassemblent tous les humiliés de la terre.

 

    Les premiers chrétiens ont reconnu en Jésus un martyr, un témoin de l’amour de Dieu plus fort que la mort. Défiguré par la violence des hommes, il est déjà transfiguré par le Père ; il est élevé dans la gloire. Désormais toute langue pourra proclamer : “Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.”

 

    Nous allons vivre ensemble cette semaine sainte. Nous suivrons Jésus sur le chemin du Calvaire. Sa mort, le vendredi saint, n’est pas un point final. Elle est un « passage » de ce monde vers le Père. C’est ainsi que Jésus est venu nous ouvrir un chemin qui permet à toute l’humanité d’entrer dans la gloire du Père. Les uns avec les autres nous chanterons et nous proclamerons : « Souviens-toi de Jésus Christ ressuscité d’entre les morts. Il est notre salut, notre gloire éternelle. »

                                                                                                Abbé Jean Compazieu

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23 mars 2023 4 23 /03 /mars /2023 17:00

 

Fête de St Joseph, patron de la Paroisse

 

 

2S 7, 4ss : « Je serai pour lui un père et lui sera pour moi, un fils »

Ps 88/Sa dynastie, sans fin, subsistera

Rm 4, 13ss : « J’ai fait de toi le père de la multitude »

Mt 1, 16-24 : « Joseph, ne crains pas »

 


 

Bien-aimés de Dieu, chers pères, chers diacres,

Bonne Fête de Saint Joseph !

 

 

      Notre communauté paroissiale, dans son ensemble, a la joie de célébrer aujourd’hui, la fête de St Joseph. C’est pourquoi nous célébrons une messe unique, en cette église sainte Catherine. Traditionnellement, cette fête a lieu le 19 mars, mais nous avons l’autorisation du père évêque, Mgr Hubert Herbreteau, pour la célébrer aujourd’hui.

 

     Nous sommes en communion avec toutes les paroisses du monde qui sont dédiées à St Joseph. Je pense à la paroisse St Joseph d’Oveng, dans mon village natal au Cameroun. Nous sommes également en communion avec tous les mouvements d’action catholique qui s’inspirent de St Joseph. Bonne Fête à tous ceux qui portent le nom de Joseph !

Un proverbe de chez nous dit : « Osoé onë ndem a mimbal = on reconnaît la grandeur d’un fleuve par la dimension de ses affluents ». C’est pour dire que la préparation de cette fête à elle seule montre combien elle est importante : il y a eu des réunions préparatoires, une neuvaine de prière pour la paix, un pèlerinage ce matin allant de l’église d’Eysses à cette église Ste Catherine. Il y a surtout votre présence massive, les lecteurs, les servants d’autel, la magnifique chorale, le repas qui va suivre. Autant de signes qui montrent que nous sommes en fête !

 

     Chers amis, si un journaliste vient à passer par Villeneuve/Lot, et qu’il vous demande : « Que fêtez-vous ? » Répondez : « Nous fêtons un grand homme ». Et s’il vous demande : « Pourquoi le fêtez-vous », dites simplement : « Parce que Dieu a fait dans sa vie, des grandes choses ».

Oui, Dieu a fait des grandes choses dans la vie de Joseph. La première grande chose que Dieu lui a donné une grande femme. Marie, était une grande femme ; peut-être jeune en âge, mais grande dans la tête, comme dirait un écrivain français : « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ».

 

St Matthieu nous rappelle que Marie, alors qu’elle avait été accordée en mariage à Joseph, et avant qu’ils aient habité ensemble, fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. L’on connaît bien la scène de l’Annonciation. L’ange lui dit : « Réjouis-toi, Marie », comme on dit en grec, « kaire, Marie ». Le mot grec « kairos » veut dire « le moment favorable, le moment du bonheur » donc, le « kaire Marie » veut dire, « sois heureuse Marie, tout va bien pour toi », car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

 

     Chers amis, l’on sait avec quelle simplicité, quel élan de cœur, quelle foi Marie avait accueilli cette nouvelle mystérieuse. Après avoir présenté l’obstacle de sa nature, le fait d’être vierge, et que l’ange l’a rassuré, elle a dit : « Ecce Ancillam Domini, fiat voluntas, tua = Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi, selon ta parole ». C’est en cela que consiste la grandeur de Marie !

Chers amis, dans l’évangile d’aujourd’hui, ne voit-on pas quelque chose de pareil au sujet de Joseph ? On a l’impression qu’il y a un appel, une vocation, une volonté  de l’associer au mystère de son épouse.

Joseph constate que son épouse est enceinte. Humainement parlant, la première réaction serait difficile. Imaginez un papy de notre paroisse… ; sa femme disparaît pendant quatre, cinq ou six semaines, en plein été, pas de nouvelles. Quand elle revient, elle est enceinte. J’imagine que ce serait catastrophique ! Le lendemain matin, on serait peut-être devant le juge, pour le divorce, tout le monde serait au courant !

Parce que nous, nous ne sommes pas discrets, nous racontons tout à tous, sans aucune limite. Nous sommes tellement réactifs et intolérants.

L’évangile dit que Joseph était un homme juste, c’est-à-dire, un vrai croyant. Il voulait répudier sa femme en secret, non seulement pour sauver sa face, mais aussi et surtout, pour sauver sa vie de la vindicte populaire.

Mais Dieu anticipe toujours. Alors qu’il dormait, voici que l’ange lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ». L’évangéliste Matthieu précise que « quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit ». C’est en cela que consiste la grandeur de Joseph.

 

      Bien-aimés, le 15 août 1989, le pape Jean Paul II publiait une Exhortation Apostolique, Redemptoris Custos, sur la figure et la mission de saint Joseph dans la vie de Jésus et de l’Eglise. Dans ce texte, on peut lire : « La foi de Marie rencontre la foi de Joseph (…) Il accepta comme vérité venant de Dieu ce que Marie avait déjà accepté lors de l’Annonciation (…) Il devint donc d’une manière singulière [après Marie], le dépositaire du mystère de Dieu » (n°4-5).

C’est pourquoi j’ai dit que nous avons deux grandes personnes dans ce texte évangélique : Marie, une grande femme, et Joseph, un grand homme. Les deux  vont former un beau couple, avec une progéniture exceptionnelle, Jésus, qu’on ne présente plus.

 

     Ce qui est admirable en Joseph, c’est qu’il va être un bon époux : doux, bon et attentionné vis-à-vis de son épouse. Quoique père adoptif, Joseph va être un vrai père pour Jésus. Il va lui apprendre beaucoup de valeurs : le sens du travail (Joseph est charpentier, Jésus aussi est fils du charpentier), l’amour du travail (Joseph avait l’ardeur du travail, Jésus sera défini comme un travailleur qui, quelquefois, ne prenait pas de repos), l’économie du travail (Joseph nourrit sa famille de son travail, Jésus va apprendre aux disciples de ne manger que ce que leur procure leur travail), la spiritualité du travail (Joseph accomplissait sa personne par le travail, Jésus aussi va travailler pour glorifier Dieu).

 

Autre chose que Joseph va apprendre à Jésus, en tant que père, c’est la vie intérieure : une vie de prière (l’on se souvient des moments où Jésus se retirait seul, parfois toute la nuit, pour prier. Sa vie fut tout auréolée par la prière. La prière était pour ainsi dire, le secret de sa réussite). Joseph, son père, va lui apprendre à écouter les aînés (les vieux du Temple, ou les prophètes de l’Ancien Testament), pour nourrir sa vie de prière.

 

     Chers amis, c’est tout cela qui fera dire de Joseph qu’il est le protecteur de la Sainte famille. Et quel bonheur de l’avoir comme patron et protecteur de notre paroisse, et par extension, de notre Église ?

 

     Chers pères, chers diacres, chers fidèles, que de problèmes dans cette Église ! Que de problèmes d’éducation de nos enfants ! Que de problèmes de couples ! Que de problèmes de foi ! Que de problèmes dans nos pays et dans notre monde ! Que de problèmes dans nos vies et dans nos cœurs !

Demandons à Saint Joseph d’intercéder pour nous ! Qu’il nous réapprenne, dans le silence de nos cœurs, le sens de la foi, le sens de la paix, le sens de Dieu. Amen. 

                                                                                              Père Fahbien MBARAGA

 
 
 
 
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